Cou7*s de littérature, t. I, p
2. Lessingestun des premiers qui aient compris cet héroïsme antique, dont Philoctète est assurément le type le plus éloigné du goût moderne. Cf. Laocoon, chap. ii.
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Grecs, une succession d'événements très simples amenant des développements lyriques '.
Et pourtant cette mauvaise traduction de Philoctète a son importance et sa signification. Au fond, elle était extrêmement hardie. N'était-ce pas avec VŒdipe- Roi un de ces sujets dont Diderot lui-même s'épouvantait '? Mettre sur la scène < un homme qui a mal au pied ' » et qui se plaint de son mal et tirer de ses plaintes presque tout le pathétique de la pièce, c'était une rude leçon donnée, au nom de Sophocle, à la pruderie du public. D'autçp part, comme disait Grimm, € peut-on savoir trop de gré à M. de La Harpe de nous avoir montré enfin la tragédie la plus grecque que Ton eût encore vue en France *? » Voilà surtout ce qu'il y a d'intéressant. La traduction de La Harpe, tout imparfaite et infidèle qu'elle est, était une véritable révélation de Sophocle pour la plus grande partie du public. Sophocle triomphe, il devient presque à la mode pendant ces dernières années qui précèdent la Révolution. L'honneur doit en revenir d'abord à Ducis, car il est probable que, sans le succès d Œdipe chez Admète^ La Harpe en général fort timide et assez plat courtisan de Topinion, n'aurait jamais traduit Philoctète. Quoi qu'il en soit, lorsqu'à la séance solennelle de la Saint- Louis 4780, il lut à l'Académie les deux premiers actes de sa traduction, il excita t les applaudissements les plus universels* >. Ce fut presque le pendant de la fameuse séance de 1776, où l'abbé Arnaud avait pro-
1. Voir à ce sujet la très judicieuse critique de Patin, Sophocle, p. 93.
2. Déjà à propos du Philoctète de Châteaubrun, Grimm disait : «« 11 était hardi, pour ne rien dire de plus, de traiter le sujet de Philoctète à Paris et dans la forme que nous avons donnée à nos tragédies ». Corr. litt.f II, p. 502.