‹ La fin du classicisme et le retour a l'antiqueChapitre 243 sur 250 · Les Feuilles d'automne, à Louis 13., II · texte numérisé non relu

Les Feuilles d'automne, à Louis 13., II

de Tart religioux. Encore en I81O, Rio, dans son cnrieux livre de VArl chrcticn. semblait, lui aussi, autoriser la confusion. Mais qu'importe? Rien de tout cela n'était classique et c'était tout ce que Ton demandait : € Pour nous, dit Théophile Gautier, le monde se divisait en flainbùijants et en yrisatres, les uns, objets de notre amour, les autres, de notre aversion. Nous voulions la vie, la lumière, le mouvement, l'audace de la pensée et de l'exécution, le retour aux belles époques de lu Renaissance et de la vraie antiquité *. » Gautier parle surtout ici des peintres, mais il y avait des peintres dans le Cénacle et c'était entre eux et les poètes un échange perpétuel d'aperçus et d'idées : Eugène Delacroix, Louis Boulanger, Achille et Eugène Devéria ne pouvaient qu'encourager chez leurs amis le culte du xvr siècle. La trinitc des coloristes, c'était Rubens, le Titien, Paul Véronèse. Eugène Devéria, dans sa Naissance de Henri IV, rappelait à la fois la galerie de Médicis et les Soces de Cana. On se reprenait de goût pour les ajustements fastueux, comme des ^'énitiens du xvi'' siècle. On aimait les satins, les damas, les joyaux et c on se serait volontiers promené en robe de brocart d'or comme un magnifique du Titien ou de Bonifazio ^ ». On essayait au moins de donner un peu de pittoresque h l'affreux costume moderne. Jehan du Seigneur jjortait un ])ourpoint de velours noir « emboîtant exactement la poitrine et se laçant par derrière ^ ». Eugène Devéria se drapait dans une cape à l'espagnole et portait le feutre à la Rubens; et tout le monde connaît le € gilet rouge » de Théophile Gautier et la robe de dominicain de Balzac. On aurait voulu ramener dans les mœurs le faste princier de la vie et l'éblouissement

Page 1