VJ PRÉFACE
« moi la grâce de m'apprendre ce qu'est « devenue la révolution ? » Et l'autre , la lui montrerait, soigneusement ficelée et empaquetée, dans la poche d'un doctrinaire.
C'est qu'en effet jamais révolution ne fut plus subtilement escamotée.
Avec un bon microscope on parviendrait , peut-être, à trouver, dans la charte dite nouvelle, le principe de la souveraineté populaire, mais timide, mais honteux, mais se cachant dans son coin sans en oser jamais sortir. C'a été assez pour alarmer notre hon-
PRÉFACE. rij
nête chambre des députés. M. le comte de Lameth a été jeté en avant, et, dans un fort beau discours, ma foi, il nous a dit que la souveraineté du peuple était une chimère. Ainsi le gouvernement s'appuie sur une chimère pour premier principe. Des écrivains qui ont une mémoire désespérante ont fait observera M. le comte que , lorsqu'on a fondé le club des jacobins, on est mal venu à faire de l'irritation de vieillard contre les jeunes hommes de i85o; que si M. le comte en est à se frapper la poitrine et à pleurer ses péchés de jeunesse j sa parole hautaine et tranchante n'est pas la parole d'un pêcheur con-
viij l-RÉFAGE.
verti, et qu'après tout, la génération nouvelle, à qui appartient l'avenir, a , tout aussi bien que l'a eu M. le comte, le droit de passer par un credo avant d'en venir à un confiteor ; mais un fait existe, c'est que, non contente de couper court aux résultats de la révolution, la Chambre, par la voix puissante de M. de Lameth, a étouffé cette révolution dans son principe.
Voilà où nous en sommes ; voilà où est la lutte.
Dans un moment où le lendemain vieillit,