‹ La fin du Moyen Empire egyptien; étude sur les monuments et l'histoire de la période comprise entre la 12e et la 18e dynastieChapitre 1 sur 113 · La fin du Moyen Empire egyptien; étude sur les monuments et l'histoire de la période comprise entre la 12e et la 18e dynastie · texte numérisé non relu

La fin du Moyen Empire egyptien; étude sur les monuments et l'histoire de la période comprise entre la 12e et la 18e dynastie

Arrivés au terme de la longue analyse documentaire qui fait l'objet des études antérieures, nous pouvons essayer d'en rassembler les résultats pour un coup d'oeil d'ensemble, de manière à obtenir, dans la mesure où cela est possible, un tableau des événements qui s'écoulèrent depuis la fin de la XIIe dynastie jusqu'à l'avènement de la XVIIIe. Les grandes lignes sont assurées suffisamment pour qu'on ait le droit d'éb:iu-

cher la construction d'un récit véritable, étant entendu qu'à ce récit les faits de détail manqueront le plus souvent, et que, même en ce qui concerne des circonstances de portée historique plus générale, nous resterons, plusieurs fois, dans le domaine des simples probabilités. Nous nous attacherons soigneusement, d'ailleurs, à éviter ici toute hypothèse, voire toute discussion nouvelle; nous voulons simplement recueillir et mettre sous la forme d'un exposé suivi les faits, tantôt certains, tantôt plus ou moins hypothétiques, qui se sont dégagés progressivement au cours des précédentes recherches.

Les derniers souverains de la XIIe dynastie disparurent dans une révolution dont nous ignorons toutes les circonstances, sauf qu'elle mit sur le trône un usurpateur qui prétendait ne point tenir son pouvoir des grands rois dont il occupait la place. Il prit pour nom solaire celui de Sekhemre-Khoutaoui, d'un type jamais employé encore dans les titulatures pharaoniques. De son nom personnel, s'appelait-il Penten ou Ammemhal-Sebekhotep ? Il semble qu'il y ait eu deux rois Sekhemre- Khoutaoui, respectivement nommés Penten et Ammemhal- Sebekhotep dans le deuxième cartouche. L'un d'eux, vraisemblablement le successeur immédiat de la XIIe dynastie, régna au moins quatre ans, et sans doute point davantage; il exerçait, d'un bout à l'autre de l'Egypte, une autorité apparemment intacte.

Au premier Sekhemre-Khoutaoui succéda un certain Sekkemhare qui pour le choix de son nom solaire jugea bon, comme on voit, de revenir à des formes plus traditionnelles. On croit apercevoir qu'il régnait encore sur l'Egypte entière, mais, de même qu'il y a deux rois Sekhemre-Khoutaoui, il y a deux Sekbemkare, l'Horus Mehabtaoui ci l'Horus Sankhtaoui, et il est difficile de faire le dépari exact des monuments de l'un et de l'autre. L'Horus Mehabtaoui a pour nom personnel Amen-

emhal-Senbef, remarquablement analogue à celui d'Amenemhat- Sebekhotep. Tous quatre, les deux Sekhemre-Kboutaoui et les deux Sekbemkare, sont certainement très voisins 1ns uns des autres, mais nous ignorons dans quel ordre; il est seulement acquis que l'un des Sekbemkare suivit un des Sekbemre- Khoutaoui, lequel était le premier de tout le groupe.

A côté d'eux se place un troisième souverain au nom personnel formé avec celui d'Amenemhat, Sankhahre Àmeni-Antef- Amenemhat, puis un roi Snofirabre Senousrit; non seulement par les noms d'Amenemhat et de Senousrit qui leur appartiennent, mais aussi par tous les détails de leurs titulatures divines, ces divers rois manifestent le désir de s'apparenter avec la XIIe dynastie. Snofirabre Senousrit semble être parent d'un certain Pharaon Re-Khoutaoui Ougaf, dont le nom solaire, d'un type singulier, rappelle à la fois celui des rois Sekhemre- Khoutaoui et celui du Re-Nibtaoui connu de la XIe dynastie. Voici encore plusieurs rois très proches, dont les noms personnels sont ceux de simples particuliers, comme étaient ceux de Penten et A* Ougaf : un Menkhaoure Anab , un Nc-hhn-Nemalre Khenzer; ce dernier Pharaon était particulièrement fidèle au souvenir d'Amenemhat III, dont le culte devait persister et dominer de si remarquable manière, un peu plus tard, les tendances de plusieurs familles royales.

Tous les rois qu'on vient de citer sont obscurs et certainement très faibles; ils semblent former une petite dynastie, dont la puissance aurait été reconnue généralement tout d'abord, jusqu'au temps du premier Sekhemkare, mais qui se serait, ensuite, laissé confiner en Thébaïde, dans un domaine ne dépassant guère Abydos vers le Nord. La plupart des personnages de la famille ne font que paraître et disparaître, et il est extrêmement probable que leurs règnes ont été très courts. A leur époque, vraisemblablement, se placent quelques souverains tout aussi mal définis qu'eux-mêmes et qui portent la

couronne sur d'autres points de l'Egypte divisée, un certain Amou, Hotepabre Amou-Hofnouztefef, àAssiout, un petit A mmrmhnl (Horus Her-ab-Shedit) dans le Fayoum, un Smenkltkare Mermashaou à Tanis.

Même la Haute-Egypte était morcelée, et il est à supposer que l'autorité des princes thébains, limitée au Nord à Abydos, s'arrêtait, au Sud, à la frontière d'une principauté indépendante qui avait Elkab pour capitale. A Thèbes, cependant, dans ce domaine très restreint, une autorité royale arrive à se reconstituer en peu de temps. On voit paraître une famille princière véritable, celle des Anief, plus qualifiés pour la domination, sans doute, que les chétifs personnages auxquels ils succédaient. Les Antel, qui descendent peut-être de la vieille famille, essentiellement thébaine, de leurs bomonymes de tu XP dynastie, ne jugent pas nécessaire de rattacher leur royauté au souvenir des Senousrit et des Amenemhat; tout au contraire, le prédécesseur dont ils suivent la tradition est justement Sekhemre-Khoutaoui, l'usurpateur qui s'assit sur le trône des grands Pharaons antérieurs. C'est ce qu'exprime l'instauration du nom solaire en Sehhemre-[A ] , véritable signe dynastique auquel la famille thébaine devait rester fidèle, à une seule exception près, jusqu'après la fin du temps des Sebekemsaf.

Les relations de famille entre les rois Antef-sont quelque peu incertaines. 11 semble que le premier en date fut Sekhemre- Harhermal \ntef} très peu connu, père probable de Sekhemre- Apmni Antef-â, qu'il convient d'inscrire à la deuxième place; à Srkhemre-Apmat succéda son frère, Nottbkhopirre intef, dont la litulalure, de curieuse manière et contrairement à ce qui a lieu pour toutes celles qui l'environnent, se rattache à celles dé la \ll dynastie. Les \ntef sont de très petits princes cl le savent; ils portent, officiellement, le titre de Rois du Sud; le plus tranmiiilemenl du monde, ils s'accommodent de l'étal

de fractionnement dans lequel se trouve l'Egypte. Sous leur domination, la principauté thébaine paraît jouir d'une certaine prospérité, car Noubkhopirre construit de belles chapelles à Abydos et à Koptos. Noubkhopirre régna au moins trois ans, et peut-être beaucoup davantage. A l'exemple de ses prédéces seurs de la XIe dynastie et de son frère Sekhemre-Apmat, il installa son tombeau (1) dans la vieille nécropole de Drah abou'l Neggah, où devaient également venir reposer les Sebekemsaf, ses premiers successeurs. Ces tombes rovales de Drah abou'l Neggah sont de modestes édifices en brique crue, recouvrant un caveau peu profond, mal dissimulé et facile à atteindre, présentant la forme extérieure d'un pyramidion posé sur un socle cubique. Où sont les gigantesques pyramides d'Ulalioun et de Dalichour? Les Antef ne les connaissent point; ils ne connaissent point les choses du Fayoum, ils sont Thébains et se conforment à d'anciens usages de Thèbes, en vigueur dès avant la XIIe dynastie.

iNoubkhopirre Antef avait pour épouse une certaine reine Sebekemsaf, dont il y a des raisons de croire qu'elle était également sa sœur(2'. La position et le nom de cette reine accusent les conditions d'immédiat voisinage où les Antef et les Sebekemsaf sont ensemble, et l'on peut supposer que le premier des rois Sebekemsaf a été le fils de la reine Sebekemsaf et de Noubkhopirre. Des deux rois yebekemsaf^ue nous connaissons, le premier en date est sans doute celui qui porte le nom solaire Sekhemre-Ouazhhaou. Comme ses prédécesseurs, il avait pour domaine les cantons de Thèbes, de Koptos et d'Abydos;

f1' L'emplacement exact du tombeau de Sekhemre-Apmat est inconnu; ce tombeau n'a vraisemblablement élé violé et dépouillé qu'au commencement du xix" siècle. Le tombeau de Noubkhopirre lut ouvert et pillé en 1827, puis découvert à nouveau par Mariette.

(2> D'après la manière dont il est parlé de l'ancienne princesse, au temps <1p la Wlll" dynastie, parles scribes de la reine Ahhotep, qui faisait restaurer son tombeau.

il envoyail des eipéditions eux mines du ouadi Hammamat, «lans le désert entre Koptos et la mer Rouge. Il régna au moins

sept ans, et fut enseveli à Drali abou't Neggah, non loin «les sépultures des Antef, et dans un tombeau analogue O.

Sekhemre~ûuazkhaou avait un lils. nommé, comme lui. Sebekemsaf: c'est probablement ce prince qui régna, après son père, sous les noms de Sëkhonre-Setheàtaoui Sebêkeuuaf. L'épouse de Sekbemre-Seshedtaoni, la reine \nuhl;hns - . n'était pas d'extraction princière: outre son père Sebêkdoudoubebi et sa mère Douaitnojrit, nous connaissons un grand nombre de ses parents, sa grand'mère maternelle Hemou, son oncle paternel Ankh, ses cinq frères, Ankhit-f-lirr-itih-Soiniutoii. Sebekhotep, Sebekemsaf, Nibankh et SebehemhaJt, ses cinq sœurs, Noubêniheb, Noubentkhiowd, Nibtiêmttoub,Sêbeknofirou et Nibpou, puis ses enfants, c'est-à-dire ceux du roi, trois tilles, Klwmou . liehilos et Douaifnofril , dont l'aînée, Kbonsou, fut mariée à It, prince béréditaire d'Ëlkab. Nous connaissons, de même, de nombreux contemporains de Sekbemre-Sesbedlaoui et de Noubkhas, notamment une dame la-ab, amie de la reine sans doute, et qui juge convenable de nous présenter ses trois enfants, son père, ses cinq frères et la descendance complète de l'un d'eux, nommé Sebekbotep, jusqu'à la troisième génération (3); puis un chef du domaine de la reine, nommé

M L'emplacement exact du tombeau aet inconnu; il fut ouvert et pillé eu |S>.!7, ou même temps que celui (le Nouhkhopirre \ntep.

Malgré li relabre abondance <l«' la documentation but la Famille de l;i reine Noubkhas, nous ignorerions qu'elle fut la femme de Sekhemre-Soshedtaoui, Banales indications delà KX* dynastie au papyrus kbbott; noua avons expliqué eu détail la gênante singularité orne présentent les tableau généelo giqMl de œtta époque (loi «le I omintew (/<•* maris) ei and luit passer sous -ilenci'. lorsqu'il s'agit de Noubkhas, son royal époux et l'illustre mari de s;i tille.

W C'est gani (Imite ,i cette dama la-ab, désireuse de figurer, avec sa Famille, uut cotés de la reine et (le ses parents, que nous devons lu Uêh it Noftbkhai et les précieiu renseignements généalogique! qu'elle nous apporte.

Ktênmm-Niboiri, père d'une certaine princesse Sebekemsaf, puis on officier de Sekhemre-Seshedtaoui, le scribe Sebekhotep, fils de Sebeknekht et de la dame Sebekhotep . époux d'une certaine Âouhetab. Parmi les contemporains de Sekhemre-Seshedtaoui et de son prédécesseur Sekhemre-Ouazkhaou Sebekemsaf, il faut compter, enfin . plusieurs personnagespharaoniques qui ont l'apparence d'être dr«s rois secondaires, des princes de la famille thébaineportant la couronne dans quelque ville de la principauté: au sein des familles régnantes se développait, on en rencontre un peu plus tard de nombreux indices, le sentiment d'une sorte de «banalisation» de la qualité rovale, qui résultait de l'amoindrissement même de cotte qualité, simultanément dévolue à plusieurs souverains qui se partageaient l'Egypte. On peut ainsi comprendre qu'aux environs de Thèbes aient porté les titres rovaux un certain Sekhemre-Nojirkhaou Oupouaitermaf et un autre roi Sêkhemre-Ouahkhaou Raholep, le plus probablement au temps de Sekhemre-Ouazkhaou. et un peu plus tard, sous Sekhemre-Seshedtaoui, un roi Sekhemre-Smentnoui Thouti et un autre encore, Sekhemre-Sankhtuom , au nom personnel inconnu. Le roi Thouti est en relation avec une reine Menlouliotep, sans doute sa femme, qui était fille du vizir Senbhenaf et d'une princesse Sebekhotep.

Les Pharaons de l'époque des Sebekemsaf sont parfois encore rois du Sud, mais le plus souvent ils préfèrent porter les titres rovaux complets. Sous leur domination, la principauté thébaine, si elle n'a point élargi son territoire, s'est au moins affermie et organisée, et ils surent accroître sa force en l'unissant, par des liens qui se montrèrent durables, à la puissante et voisine principauté d'Elkab : la fille du deuxième Sebekemsaf. nous l'avons dit, devint la femme du prince d'Elkab, Ai, comte indépendant dont les successeurs, en l'espace d'une ou deux générations, arrivèrent à abdiquer entre les mains des rois thébains et devinrent leurs serviteurs fidèles,

Sckhemre-Scsbedtaoui et lu reine Noubkhas lurent ensevelis, à Drah abou'l Neggah, dans un même tombeau, analogue à ceux des prédécesseurs immédiats du souverain (l). La mort de Sekliemre-Seshedtaoui ouvrit une crise de succession dont nous ne savons pas s'il fut plus ou moins facile de sortir, car le roi ne laissait point de fils. Son successeur fut un personnage du nom de Sebekhotep, d'extraction non princière, fils du prêtre Mentouhotep et d'une dame AoultPlabou : il régna sous les noms de Sekhemre-Souaztaoui Sebekhotep ®, et c'est le premier des Sebekbotep royaux qui paraissent dans l'histoire. Bien que la continuité familiale, entre le dernier Sebekemsaf et lui, soit rompue, le nouveau roi se tient le plus fidèlement possible dans les traditions onomastiques de ses prédécesseurs, et proclame ainsi qu'il est leur successeur légitime. Il les continue effectivement, à ce qu'il semble, dans leur politique d'alliance avec les princes d'Elkab. Son contemporain à Elkab fut sans doute Ai, le gendre de Sekhemre-Sesbedlaoui , mais on peut admettre qu'il connut également le successeur d'Ai, Sebeknekht, encore prince héréditaire, et qui reçut deSekhemre- Souaztaoui, peut être au nom du roi et après sa mort, une importante concession territoriale. Ce Sebeknekht était liés probablement Ye fils aîné d'Ai. dont nous connaissons un autre (ils, l'officier Nofirhotett; ces deux personnages, Sebeknekht el Nofirhotep, sont quelque peu plus jeunes que le roi Sekhemrc- Souaztaoui, et doivent plutôt être considérés comme contemporains de son successeur.

La famille du roi nous est assez bien connue. Nous savons que sa femme, la reine Anni, lui avait donné deux filles, une

M Lp tombeau, violé dès le tempa du Nouvel Empire, a été retrouvé aur place <'ii 18981 grâce aui curieuses '■! précises descriptions <1p-. procès verbaui de vérification de la \V dynastie.

* > 1 1 se rappelle qu'il ,,st vérifié directement, par des indications liisioriques, que Selthemre Seshedlaoui èl Sekhemre Souastaoui se placent . approximativement, dans deui générations humaines consécutives.

certaine «reine?) Aouhelabou surnommée Font, et Ankittoutou ; que son frère, Senb, avait épousé la dame Nibitatef et. eu d'elle quatre enfants, deux fils, Sebekhotep et Mentouhotep, et deux filles, Aoiihetaboii et //W. On voit qu'il y a dans cette famille trois femmes nommées Aouhetabou, la grand'mère (la mère du roi) et deux de ses petites-filles, les deux cousines germaines^'; on se rappelle que d'autres contemporaines de Sekhemre-Seshedtaoui portent le même nom caractéristique.

De même que son prédécesseur le dernier Sebekemsaf, Sekhernre-Souaztaoui Sebekhotep disparut sans laisser de fils. Mais il avait des neveux, les deux fils de son frère Senb. et l'on se demande si l'aîné des deux, Sebekhotep, n'a pas succédé à son oncle et n'a pas été ce roi Sekhemre-Gergtaom Sebekhotep, très peu connu (2), mais dont la parenté avec Sekhernre-Souaztaoui est évidente; il se pourrait même — nous sommes ici dans l'hvpothèse — que ce neveu de Sekhernre-Souaztaoui eût épousé l'aînée de ses cousines , Aouhetabou-Fent, et qu'on trouve ici l'explication du titre de « reine n que porte cette princesse. En tout cas, le règne de Sekhemrc- Gergtaoui dut être très court. Peut-être fut-il renversé par la violence, car il est le dernier, sur le trône de Thèbes, des Pharaons qui forment leur nom solaire selon le type, déjà ancien, de Sekhemre-[X]; ce type disparait brusquement et définitivement, nous donnant à penser que les rois de la «dynastie» Sekhemre ont eu pour successeurs des princes animés, au moins ostensiblement, d'intentions différentes, et désireux de rattacher leur maison à d'autres ancêtres.

Révolution civile ou religieuse? Simple révolution de palais? Tout ce que nous apercevons, c'est que la nouvelle famille

O Cette transmission du nom de la frrand'mère à la petite-fille est très habituelle à cette époque ; on en trouve de nombreux exemples dans les généalogies du temps de Noubkhas.

(i) Seulement connu par un petit nombre de mentions du Nouvel Empire.

royale, répudiant l;i (orme onomastique qo'avail créée Sekheare- Khouiaoni l'usurpateur, reprend dos traditions qui sont celles de l.i \ll' dynastie; il semble même, par instants, que ses membres cherchent à établir un lien outre eux et les très obscurs Amenemhat, fidèles ou descendants de la grande dynastie, que 1 usurpateur avait eus pour successeurs immédiats en Haute-Egypte. Les premiers des nouveaux rois sont deux frères, qui régnent sous les noms de Khasrkhemrp .\ofirholrp <-t do hlianofîrrc Sebekliotrj) , d'extraction non princière, (ils, l'un et l'autre, de Ha-nnhh-f q\ de la dame Kemi^K Peut-être ont-ils régné ensemble, Nofirholep avant disparu le premier: peutêtre furent-ils rois successivement, Notirhotep venant en première ligne.

Sous le règne de ce Khawkkemre Vofirhotep, on constate que la domination thébaine s'élargit; Sebeknekht, à Elkab, porte toujours ses titres de prince féodal indépendant, mais cela n'empêcbe pas le roi thébain de pénétrer, vers le Sud, jusqu'au delà de la cataracte, en moine tomps quo, dans la direction opposée, on le rencontre au Fayoum: la restauration de l'unité égyptienne, dès ce moment, était commencée, et elle allait progresser rapidement au cours des années suivantes.

Outre le père et la mère du roi, déjà Dominés, nous connaissons sa femme, la reine Sensenb, ses fils, Sehathor . Sebehhotep et un Ha-ankh-J nommé comme son grand-père maternel, sa tille Kemi , qui fait revivre le nom de sa grand'mère.

L'un et l'autre des deux rois frères ont consacré, à leur pèrt et à leur mère, de pelits tearabées dont le l»ut parait être il«' faire participer à la gloire royale ces parents qui n'avaient pas régné eux*-mémes. Sekbemre-Souattaoui , qui, lui aussi, était lils il«' ^inijili"- particuliers, avait fait, en l'honneur de ses père et mère, des scarabées absolument analogues, dont l'extrême ressem blance avec les scarabées paternel* et maternel» de Nofirholep et de Sebekhotep fournissent une conlirmalion très caractéristique de la position de contact dans laquelle ers divers rois son! ensemble. Rappelons aussi qu'on a l'indication.

par les lumenta, que Sekhemro-Souailaoui et Kbasekhemre .Nolirliolep

appartiennent ù deux générations humaines Mneécutivesi

enfin un autre parent Nibankh, fils d'un certain Sebekhotep. Les fils du roi ne régnèrent pas; on peut supposer qu'il y avait eu, dès le début, association pour le trône entre Khasekhemre et son frère, et qu'une fois Khasekhemre disparu, — nous avons de lui une date de l'an 2 , relative à la participation royale aux fêtes d'Osiris à Abydos, — le frère cadet, évinçant ses neveux, prit toute la royauté pour lui -môme. Il fut le roi Khanofirre Sebekhotep, le plus heureux et le plus puissant de tous ceux qui tentèrent de refaire une monarchie dans l'Egypte divisée de cette période. Ce précurseur d'Ahmès commandait à l'Egypte entière; il construisait des chapelles à Abydos, mais en même temps il dressait des monuments à son nom en Moyenne- Egypte et à Tanis comme à Thèbes même, et il nous faudrait croire que, sous son sceptre, la reconstitution nationale de l'Egypte était chose accomplie, si nous n'apercevions que l'unité ainsi réalisée était très illusoire et essentiellement fragile.

A l'époque de Khanofirre, en effet, et principalement sous son règne, le pays est dans cette condition singulière que l'autorité du roi thébain y est généralement reconnue, mais que cette autorité tolère la présence d'innombrables potentats qui se parent des attributs royaux, tous ensemble, en tous les points du territoire de l'Egypte.

C'est d'abord un certain Ouahabre la-ab, contemporain d'un personnage nommé Sehathor, fils de Senousril-Ousi et époux d'une dame Sensenb : famille à inscrire à côté de celle du roi Khasekhemre Nofirhotep, et dans laquelle l'apparition d'un nom formé avec celui de Senousril est remarquable (1). Un semblable souvenir des rois de la XIIe dynastie est bien plus accusé chez le roi Aouabre Hor, qui régnait, au temps même de Khanofirre, en Moyenne-Egypte, et se faisait ensevelir à Dahchour, dans

M On se rappelle les petits Senowrit et Arnenemhat aux noms complexes qui se succédèrent, en Haule-Egypte, immédiatement après le règne de Sekhemre-Khoutaoui.

un puits dépendant de la pyramide d'Amenemhat III: le culte d'Amenemhat III, chez Âouabre Hor el dans son entourage, est mis eo évidence mieux encore par cette circonstance que son successeur probable, qui ;i scellé les objets déposés dans

son tombeau, porte comme nom solaire celui de Vematre, le nom solaire d'Amenemhat III lui-même'1'. En se permettant cet emprunt, l'obscur parent du roi Hor ne faisait d'ailleurs rien que de très habituel à celte époque, où l'on constate que les noms solaires de la XIIe dynastie sont repris avec une grande facilité et une toute particulière prédilection dans un monde pharaonique spécial, un milieu dans lequel les personnages portant les titres royaux s'étaient multipliés, loin de l'autorité modératrice dés rois de ïhèbes, au delà de toute mesure.

Nous voulons parler du Delta, et des innombrables petits princes qui se révèlent à nous, au temps de khanolirre, par les scarabées, si caractéristiques, du type anatiqm de la pré mière période®. Il faudrait se garder de croire que L'immigration asiatique dans le Delta n'avait pas commencé avant kbanolirre; dès le lendemain de la XII* dynastie, il arrivait déjà en Egypte des tribus bédouines qui s'installaient, se gouvernaient elles-mêmes, à la faveur sans doute de la désorganisation qui avait suivi la chute de la monarchie, et dont les scarabées des r chefs de tribus- Anther el Simien nous conservent la mémoire^. Ces immigrants d'avant-garde devaient être suivis par beaucoup d'autres, et vers le temps de klianolirre il se trouvait en Basse-Egypte toute une foule de princes, étran-

!) Cette fidélité au souvenir d'Amenemhat III n'est comparable qu'à celle que manifeste le nom Bolaire de Ve-kha-Nematre Khenter, que noua avoua m roi, dans le Sud, quelque tempe avant l'avènement dea tntef.

Ni' tardons pas a rappeler que la contemporanéité de Klianofirre Sebek-

hotep avec lea personnages de cea acaral e est manifestée par le (ail que le

mi thébain, lui-même, figure sur des monuments de cette catégorie.

Les sheikha Lnther et Semken sont très voisina de la KII" dynastie par lea caraclèn - de leura scarabées.

gers pour la plupart, de petits chefs locaux plus ou moins habilement déguisés en rois à l'égyptienne. Ceux dont nous connaissons le nom personnel s'appellent lnkeb ou Iakebher; ce sont de très évidents Sémites. Tous ont fait choix d'un nom solaire et mettent nom solaire et nom personnel dans le cartouche; on connaît un Khahare, un Nojîrabre, un Merousirre Iakebher. un Khakhopirre , un Khaousirre, un Nesebekre, un Nematre, un Matabre, enfin un Maire dont le nom personnel est Sebekhotep. On remarque le nom de Nematre déjà noté, à Dahchour, aux côtés d'Aouabre Hor, et celui de Khakhopirre , aussi peut-être celui de Khakare , qui sont d'autres noms solaires repris de la XIIe dynastie. Il semble que la Basse et la Moyenne-Egypte n'aient jamais cessé d'être fidèles au souvenir des grands rois antérieurs; pendant que la dynastie des Antef et des Sebekemsaf, à Thèbes, faisait son possible pour les oublier, d'autres Pharaons, dans le Nord, se réclamaient d'eux avec insistance, et la réforme légitimiste de Nofirhotep et de Sebekhotep n'eut qu'à marcher dans les voies des Septentrionaux. Quant aux sheikhs bédouins devenus rois dans le Delta et si bizarrement empressés à faire acte de dévotion à la XIIe dynastie , leur zèle s'explique par le besoin de s'égyptianiser, d'adapter rapidement, au milieu ambiant, leur petite royauté indépendante.

Ils n'osaient point, d'ailleurs, se parer des titres royaux complets du Nord et du Sud; de même que les Antef, aux premiers jours de la reconstitution thébaine, se bornent modestement à être Rois du Sud, de même les Asiatiques des scarabées de la première période n'inscrivent à côté de leurs noms que les symboles du Nord, ne sont que Rois du Nord exclusivement. Le type de leurs scarabées est à tel point fixé, que lorsque Khanofirre Sebekhotep vient à prendre pied dans le Delta, ce sont encore des scarabées de Roi du Nord, pareils à tous les autres, qu'on fabrique en l'honneur du conquérant méri-

dional. Ces objets sont d'un style étrange, empreints d'une

sorte de fantaisie exotique, parfois soignés, le plus souvent de facture extrêmement grossière; ils sont si nombreux, que leur type, en dehors même de leur domaine natal, tend à supplanter le type égyptien classique, el que certains objets de leur catégorie appartiennent à des Netnatre et à des Nçfirkare ou Nofîrre qui sont Roii du Sud. C'est la première apparition, à cette époque, du nom royal Nofrhare, qu'on retrouvera un peu plus lard, au temps même des Sebekhotep, dans le nom d'un vizir I-merou-NoJirkare , et qui se montrera associé aux noms des premiers princes de la famille d' A h mes.

D'autres contemporains de Khanofirre ou de son époque, en Haute-Egypte, sont sans doute les princes d'une petite maison royale d'Edfou et de Gebelein dont nous connaissons trois représentants : Tetnofirir Tetoumes, Tethoiepre Tetoumes et Tctanlchre Mcntoummf; ils gouvernaient leur domaine d'accord avec le roi de Thèbes.

Khanofirre Sebekhotep, en somme, était arrivé à faire reconnaître sa souveraineté, plus ou moins effectivement, par les roitelets de la Moyenne-Egypte et du Delta comme par ceux de la Thébaïde, mais il respectait leurs titres et bien probablement aussi leur indépendance réelle; par où l'on voit que si l'Egypte tendait à se réunir, les puissances locales restaient de beaucoup prépondérantes, et que le fil qui rassemblait les villes et les provinces sous la main du roi de Thèbes était encore des plus fragiles. Le suzerain était un peu moins faible (jue ses vassaux; mais, d'un bout à l'autre de l'Egypte, il lignait chez tous ces princes un sentiment général de faiblesse qui se manifeste à nous* très curieusement, par l'existence de petits monuments sur lesquels deux rois de cette époque inscrivent leurs noms en association. (Test ainsi qu'on rencontrai! déjà KJrasekhemre el son frère Khanofirre sur le même bloc de pierre: sur des Bcarabées ou des plaquettes, on trouve Aouabre

(Hor) avec Khakare, (Aouabre) Hor avec Nematre, Nematre avec Nofirkare ou avec Nofirre; on trouve, enfin, Khanofirre lui-même avec le Khaankhre qui fut probablement son successeur.

La famille de Khanofirre est très incomplètement connue. Nous savons que sa femme était une certaine reine Zan, qu'il avait au moins une fille et un fils, et que ce fils s'appelait hotep, Sebekhotep peut-être: et nous pouvons seulement supposer une identité entre ce prince et le roi Khaankhre Sebekhotep qui semble avoir pris la place de khanofirre sur le trône, Khaankhre a construit une belle chapelle à Abvdos. Son autorité en Haute-Egypte était la même que celle dont disposaient ses prédécesseurs, encore mieux affermie peut-être, car c'est approximativement à son époque que se place le Ransenb d'Elkab, successeur de Sebeknekht(1), qui le premier dépose les titres de comte indépendant que portaient les chefs de celte principauté, pour devenir un «gouverneur» royal ordinaire. Par contre, il semble que sous Khaankhre la puissance thébaine était déjà en régression du côté du Nord. Les forces éparses dans la Basse-Egypte avaient commencé de grandir et de s'organiser; on y distingue, assez nettement, l'élément indigène, qui sera représenté, un peu plus tard, par la dynastie tanite des Apopi, et l'élément étranger, groupé autour des successeurs des Iakeb primitifs : l'époque de Khaankhre parait être celle des scarabées asiatiques de la deuxième période, dont les scarabées du «chef de tribu v Khian définissent le type central. Bientôt il y aura un roi Khian, Pharaon véritable, parmi les Apopi conquérants de l'Egypte du Sud; le «chef de

O Ransenb avait hérité de ta principauté d'Elkab comme gendre d'un certain Nofirhotep, qui était fils d'Ai, prince héréditaire vers le temps de Khasekhemre. Entre le gouvernement d'Ai et celui de Ransenb s'intercale celui de Sebeknekht, probablement le fils aîné d'Ai, dont Ransenb aurait donc été le neveu par alliance.

tribun khian appartient plutôt au stade de formation de cette monarchie septentrionale, que les princes asiatiques soutenaient de leurs forces et dans laquelle ils prenaient une place de plus en plus grande.

Au développement de la puissance des rois du Nord correspond un recul rapide des Thébains, qui avaient exercé l'hégémonie sous khanofirre et dont l'empire se détruit, presque instantanément, sous les derniers rois de sa famille. Après Khaankhre se place, sans doute, un Sebekhotep encore, le très obscur Khnhotepre Sebekhotep; puis la famille des rois À7ja-[.l]-?'c disparaît du trône de Thèbes, où prennent place des souverains nommés différemment et dont on dirait qu'ils forment une dynastie nouvelle. Voici d'abord Mernofirre 1? (1), qui construit à Karnak: il semble commander encore, du moins nominalement, à une grande partie de l'Egypte, contrairement à ses successeurs que nous ne rencontrons plus qu'à Thèbes même, un Merhoteprc Am et un Merhotepre Sebekhotep qui sont peutêtre la même personne, un Mersekhemre Nojîrhotep, un )/<rkaoure Sebekhotep, enfin un Merankhre Mentouhotep. Tous ces rois sont débiles à l'extrême et leurs monuments sont rares; il est probable qu'ils se succèdent avec rapidité ;2). Il est également probable que la royauté qu'ils représentent n'est plus indépendante, et que, par le plus singulier renversement des rôles, le roi tbébain est devenu le vassal des Pharaons septentrionaux dont les prédécesseurs, au temps de Khanofirre, acceptaient l'hégémonie de Thèbes. C'est à cette époque, en effet, qu'il convient de placer la victoire et la domination temporaire desTanites, dont deux rois, Sousunnr khnm el lOUëirre

O Voisinage de Mernofirre avec Khanofirre Sebekhotep, décelé par les mmlogies caractéristiques des scarabées.

(*' Tout le groupe est voisin de l'époque de Khanolirrc et de Khaanklnv; cela ressort des analogies que présentent entre ''Iles les statues de tous ces roi-;, particulièrement certaine statue de Mersekhemre avec une statue appartenant a Khanofirre ou ;'i Khaanklnv.

Apopi, étaient assez affermis en Haute-Egypte pour pouvoir, à Gebelein notamment, y ordonner des travaux dans les temples. Chronologiquement, les règnes deSousirenreetd'Aousirre suffisent amplement à couvrir la durée de l'obscure famille des Mer-\X\-re de Thèbes, et il est bien possible que le premier des deux Taniles fût déjà sur le trône au temps de Khaankhre Sebekhotep. On remarque, chez Aousirre, des scarabées sur lesquels il est appelé Roi du Nord, à la manière des Iakeb et autres de la période antérieure, et bien qu'il soit le maître de l'Egypte entière; mais ce sont proprement des scarabées du Nord, d'un type traditionnel et dont on avait fait des semblables pour les rois thébains eux-mêmes, au temps où ils avaient étendu leur domination sur la Basse-Egypte.

Sousirenre paraît être l'instaurateur des noms solaires de la forme S-\X]-n-re, que devait adopter, dans son voisinage sans doute, un certain Skhaenre du type asiatique, en attendant que cette forme, fût reprise un peu plus tard, de manière générale, par les Thébains de la famille de Tioua. Quant à Sousirenre Khian, c'est un étranger, un Asiatique, ou bien un membre de la famille pharaonique de Tanis qui aurait pris ou reçu un nom en honneur parmi les Asiatiques; en tous cas, sa personne est la preuve du rôle prépondérant que les étrangers étaient arrivés à jouer dans l'Egypte du Nord et dans la conquête de la Thébaïde, dont on peut supposer qu'elle fut en grande partie leur œuvre. Cette occupation de la Haute-Egypte, sous la conduite de Sousirenre et d'Aousirre, est indubitablement le fait historique dont les Thébains des temps suivants gardaient le souvenir irrité, et qui devait se fixer, dans la tradition égyptienne, sous la forme de l'histoire des Hyksôs dévastateurs.

Il n'y eut en réalité, sans doute, ni dévastation, ni conquête beaucoup mieux assise que ne l'avait été, un peu plus tôt, la conquête du Nord par les Thébains. Et de même que, peu

M. n. WK1LL. 38

d'années après khanofirre, la puissance thébaine s'étail repliée

sur son domaine ancien, voici que les Septentrionaux, indigènes et Asiatiques, reculent devant une contre-offensive thé- Laine. Les protagonistes de ce nouvel acte du drame sont, après les khian et Apopi un instant victorieux, d'autres rois confinés dans la Basse-Egypte, peut-être Y.iknenre Apnpi de Tanis et de Bubaste. puis un Nîbkhopeihre \]>opi, et quelques autres princes très obscurs, Asnhre, Ahhare, Ahotepre; ailleurs en Egypte peul-Jtre, quelques petits Pharaons de position imprécise, Slieshi ou Prpi , (hmzed, Semt; du côté desThébains, enfin, les membres d'une nouvelle famille pharaonique, sans relation de parenté visible avec leurs immédiats prédécesseurs. Une révolution dynastique s'était accomplie à Thèbes, une fois de plus. Le roi Skenmre Tiouà, qui parait sur le trône, n'était probablement pas fils de roi; nous ignorons son père; sa mère était une certaine Tetashera, fille de Saboutenna et d'une dame i\o/irou. Certains indices portent à croire que la famille de Tiouà se rattachait, par delà la dynastie des Sebekhotepi\olirhotep, à la famille antérieure des Antef et des Sebekemsaf(1). Autour de Skenenre Tiouà, les analogies nominales groupent une série de petits princes qui tous portent les titres royaux, un Snekhteare de nom personnel inconnu, un Souahexre qui s'appelait Senbmaiou, un Suuazenre dont le nom personnel était Binpou ou Ahmès, — celui de ces deux personnages qui n'était pas Souazenre, ayant Vofirkare pour nom solaire. On se rappelle que ce nom de .Notirkare paraissait déjà dans l'entourage des Sebekhotep de la grande époque. Quant au nom d'Ahmès, on l'affectionnait partindièrement dans la famille de

(') Ces indices consistent dans la présence du tombeau de Tiouà, al de celui «le son proche purent Kamcs, à Drah alum'l Neguah, près des tombeaux des Çebekenuaf el des Antef, el dans le fait qu'une reine de la famille de Tiouà, un peu plus tard, s'occupe de restaurer la tombe de l'ancienne reine Sebekemsaf.

Tiouâ. De sa femme, la reine Ahhotep, il avait eu plusieurs enfants tous nommés ainsi, un fils Ahmès qui devait mourir avant son père, une première fille Ahmès, une deuxième fille Akmès-Ankhti , enfin, probablement, un autre fils qui devait être son successeur, le roi Ahmès. Un dernier personnage royal, un prince Ahmès-se-Pa-ar, est sans doute aussi de la même époque.

Skenenre Tiouâ rejeta les envahisseurs tanites et asiatiques hors de l'Egypte méridionale. A sa mort, il fut enseveli dans la nécropole de Drah abou'l Neggah(li. Les succès qu'il avait remportés devaient être grands et décisifs, à en juger par la rapidité avec laquelle son successeur devait parachever la conquête du territoire. Ce successeur fut Nibpehtire Ahmès, que l'on considère ordinairement comme le chef de la grande dynastie thébaine de l'époque suivante. Nibpehtire était encore entouré, comme son père, d'une foule de personnages tous uniformément parés delà dignité pharaonique, parmi lesquels plusieurs Ahmès plus ou moins bien définis, et un certain Ouazkhopirre Kamès qui fait presque figure de roi associé; peut-être y a-t-il eu, à cette époque, plusieurs rois Kamès; peut-être aussi plusieurs Ouazkhopirre, car on connaît, outre celui qu'on vient de dire, un Ouazkhopirre Pa-hik-ken et' un Ouazkhopirre Pa-hik-â. On voit que la qualité royale, au sein de la nouvelle famille thébaine, continuait à être pour ainsi dire générale, étendue de droit à un grand nombre de parents du souverain principal; cette situation, dont il y a déjà des indices au temps des Antef et des Sebekemsaf , et qui se manifeste, sous les principaux des Sebekhotep, par l'extraordinaire multiplication des rois que le Pharaon thébain tolère à ses côtés, s'était plutôt aggravée depuis lors, en ce sens qu'il ne s'agissait plus de division de la royauté et du territoire, mais

<'' L'emplacement du tombeau est inconnu. Il ne fut probablement pas viole avant les trouvailles de 1860.

d'une sorte d'égalité de principe entre le roi et tous les membres de sa famille. On peut croire, toutefois, que tous ces Pharaons supposés, bénéficiant, d'une tolérance que la prudence dictait, continuaient simplement à porter des titres habituels sous le régime anarchique de la veille, et auxquels nulle réalité ne correspondait plus.

Car ftibpehtire Ahmès était un roi puissant, le premier Pharaon incontesté qu'on ait vu se dresser sur le pays tout entier, depuis le jour de la disparition de la XII1 dynastie. Il établit définitivement son autorité sur l'Egypte du Nord, et finit, à ce qu'il semble, d'expulser ou de réduire en obéissance les Asiatiques, en prenant Avarié et, un peu plus tard, Sharouhen, les deux places bientôt légendaires dont les noms allaient devenir, dans la tradition thébaine, une sorte de représentation du domaine de l'ennemi abominable. Ahmès avait épousé sa sœur de père et de mhre, Ahmès •Nojritari, sans doute une des princesses Ahmès que le roi Tiouà avait pour filles; avec la fondation de leur maison et la restauration, désormais réalisée, d'une royauté' solide pour plusieurs siècles, l'histoire de la période qui nous intéresse arrive à son terme.

Page 1