‹ La fin du Moyen Empire egyptien; étude sur les monuments et l'histoire de la période comprise entre la 12e et la 18e dynastieChapitre 49 sur 113 · Kn-Sct-rn · texte numérisé non relu

Kn-Sct-rn

Ce nom solaire très étrange se rencontre sur une grosse perle en l'orme de barillet à quatre arêtes incurvées, délimitant quatre portions de surface, quatre fuseaux en saillie dans la région centrale. Deux d'entre eus sotat remplis, respectivement,

/.. I).. II. t5o/, el Teœl, I, p. i5.

par le dessin d'un poisson et la figure d'une déesse debout. Dans le troisième on trouve la légende, extrêmement nette: ZP dans le quatrième, par contre, une autre légende com- / *\

posée de signes et de figures tracées finement, mais d'identité partout très mal définie : nous reproduisons

\P H\ cette autre légende ci -contre, typographi-

• n\ quement, du mieux possible, en retournant ^ ^ • -\ /<>\ face à gaucbe le dessin véritable qui a la disposition "^ symétrique. Legrain, qui a fait connaître l'objet ' ,

croit pouvoir interpréter ce texte énigmatique par la transcription, reproduite ci -dessous, extrêmement douteuse et aboutissant, comme on voit, à un nom d'Horus précédé, de manière peu admissible , du titre « Fils du Soleil » dans le \? cadre rectangulaire. Comme l'oiseau d'Horus lui-même, en tête, est des plus incertains, il vaut mieux ae pas chercher du tout de nom d'Horus à cette place; d'autant que les difficultés que présente l'indubitable nom solaire de l'autre fuseau sont très suffisantes. Le nom LLLLJ de Ka-sH-re ou Set-ko-re est entièrement dénué de sens; la présence du signe et du nom de Set, dans un nom royal antérieur au Nouvel Empire, est extrêmement insolite, et l'on n'en connaîtrait même pas un autre exemple, si un nom formé avec le sijjue de Set ne se trouvait figurer au papyrus de Turin, au fragment 70, immédiatement avant le groupe des rois Sebekhotep et Nolirhotep. C'est celui du n° 21 de la liste de Turin, telle qu'on la trouve chez nous plus haut'-'. On l'a lu quelquefois

BU ' 3 J3 $ Kn-Set-[re] (3), d'où il semblerait résulter que ce

O Legrain, Notes d'inspection, XXII. Le roi Soutekh-ka-ri ou Sil-kn-vi , dans Annales du Service, VI (igo5), p. i3i-i35. Legrain attribue l'objet à la <tXIV° dynastie tanite^.

<*) Synthèse historique etc., section II, chap. m.

W Pieper. dans son mémoire connu de iijo'i; aussi, antérieurement, Wîedemann.

nom de la liste est identique à celui même de la grosse perle: mais cette transcription n'est pas entièrement exacte. Le papyrus porte, plus ou moins nettement, quelque chose comme 10 Jl, J (?) ^ JJI ^, dont seuls sont certains les derniers signes, . . .sel . . . Les chances d'authenticité du cartouche de la perle n'en sont pas moins renforcées dans une certaine mesure, et il ne semble pas y avoir lieu de nous demander si sur ce petit monument ne figureraient que des noms fantaisistes, une sorte de décor inspiré des formes d'une titulaturc royale, comme nous en avons rencontré sur un grand nombre des scarabées de la « période d'Anra » précédemment passés en revue (1).

NOTE ADDITIONNELLE SUR LES PERSONNAGES DE LA FAMILLE DES ROIS TIOUÂ ET AHMES.

L'histoire généalogique des origines de la XVIIIe dynastie est obscure et fort incomplètement connue dans ses détails. On sait, et nous avons noté'2', que le roi Nibpehtire -\ Innés, fils de la reine Âhliotep, était le frère et l'époux de la reine Ahmès- Nofritari; que leur mère Ahholep avait épousé un roi qui était son frère, et que tous deux étaient nés d'une «Mère Royale» Tetishera, fi lie elle-même de simples particuliers dont nous possédons les noms. Quant au fils de Teti-shera, l'époux-frère d'Ahhotep, le père de Nibpehtire Ahmès et d'Ahmès-Nofritari, ce fut très probablement Skenenre Tiouâ. Outre le roi Ahmès. trois enfants certains de Tiouâ nous sont connus : un fils aîné défunt du vivant de son père, ihmès, et deux filles, toutes deux nommées [hmès également.

A côté de ceux-là sont à classer plusieurs autres princes de

(') Présenta Compléments, cliap. h.

W Voir Hykêés, section II, cliap. i; Etude» et notet complémentaire» , S u, 1) et suivants.

parenté indéterminée, tout d'abord Ouazkhopirre Kamès, puis Souazenre Binpou (ou Mimés} et Nofirkare Ahmès (ou Binpou) qui voisinent sur une statuette connue, Souahenre Senbmaiou , et, si l'on consent à enregistrer les noms fournis par les documents ultérieurs, Sankhenre Senblou et Snekhtenre. L'Àhmès de la statuette, de nom solaire Souazenre ou Nofirkare, serait-il le fils aine défunt de Skenenre Tiouâ? On ne sait, mais ce nom de Souazenre, lié à celui d'Ahmès par les inscriptions de la statuette, vérifie bien qu'il y avait déjà des Ahmès à l'époque de la famille S-LII-n-re, soit au temps de Tiouâ lui-même; les noms des trois enfants certains de Tiouâ en seraient d'ailleurs un suffisant témoignage.

L'observation est utile, parce que le nom a! Ahmès parait plusieurs fois dans deux listes cultuelles bien connues de la XXP dynastie , celles d'Anhourkhaoui et do khabekhit, et que le plus souvent on a voulu reconnaître, dans ces Ahmès mal déterminés, des enfants du roi Nibpehtire Ahmès. Cela se rattache aux circonstances d'un classement familial plus vaste, intéressant l'ensemble des personnages qui se présentent dans ces deux mêmes listes, et dont il est nécessaire que nous rappelions les bases.

Il est expliqué depuis longtemps'" que ces tableaux princiers sont deux exemplaires, inégalement développés, d'une même liste, celle des personnes de la famille du foi Ahmès. Il s'y mêle quelques noms royaux connus d'époque plus tardive ; mais comme on trouve là, autour de Nibpehtire Ahmès, son père très probable Skenenre Tiouâ, son voisin Ouazkhopirre Kamès, sa femme Nofritari, son fils Zeserkare Amenhotep Ier el sa fille Ahhotep qui fut la femme de son frère Amenhotep, il est clair que le plus grand nombre de ceux qui les accom-

O Voir principalement Maspero, dans Les intuitifs royale» de Deir el-Bahari , p. 61 G et suiv. du lome I des Mémoires île la Mission archéologique française au Caire.

pagnent doivenl être leurs parents aussi, cl l'on m demande alors quelles sont, au juste, les parentés respectives de tous les personnages nommés. En dernier lieu, on a cru pouvoir signaler (huis la listi'. plus ou moins certainement ou dubitativement suivant les personnages '\ quatre (ils et sept tilles du roi Ahmès, qui seraient :

Fil?

le roi Zeserkare Aiucnhoirp ; le roi Se- [mon ; le Fils Royal Alunis;

le Fils Royal Sr-pn-iir.

la reine Ahhotep :

h princesse Meritamon; la princesse Sêt-Amon ; Filles. ( l'Epouse Royale Set-Komis .

l'Kpouse Royale Hciit-lo-niiliil ; l'Epouse Royale Tomes .la princesse Ta-ar.

Ce n'est pas tout; on croit encore pouvoir enrichir ce tableau par la considération des personnages dont les momies ont été découvertes, en i885, dans la célèbre cachette de Deir El- Bahri, el parmi lesquels figurent, comme on sait, les rois Skenenre Tiouâ , IVibpehlire Ahmès et Zeserkare Amenhotep. la reine Nol'rilari el la reine Ihhotep, el plusieurs des descendants réels ou supposés du roi Ahmès dont nous venons de donner la liste, à Bavoir Se-Amon, Set-Amon, Meritamon et Set-Kamès; car on possède, avec toutes celles-là, les momies d'une princesse Hent-timihou, dont le nom rappelle curieusement celui de llenl-lo-miliil , et d'une reine [nhapx, particulièrement intéressante pour l'histoire de la cachette de Deir El Bahri parce que c'est chez elle, dans son propre tombeau

(1> Nous visons, Ici, In travail et la classification de Gaijyhim, Lcvrv det

Boii . Il | l 'i i •• i, p. 1 7.") ;'i 1 i|ii.

qui devint la cachette même, que les cercueils et les corps de tous ses compagnons rovaux avaient été transportés par les autorités thébaines (1). En la princesse Hent-timihou, comme en sa presque homonyme de la liste cultuelle, on voit une fille d'Ahmès, et comme les textes inscrits sur son linceul nous apprennent qu'elle est la fille d'une certaine Fille Royale Tenthapi®, on est conduit à considérer cette Tenthapi comme une autre épouse d'Ahmès, déjà possesseur de Nofritari. La reine Anhapi, d'autre part, figure en compagnie de la princesse Hent-to-mihit de la liste, dans un autre document cultuel du Nouvel Empire (3), dont on interprète les mentions en supposant que Anhapi et Hent-to-mihit sont la mère et la fille, de sorte que, Hent-to-mihit étant déjà inscrite parmi les enfants d'Ahmès, sa mère Anhapi devient forcément une épouse encore d'Ahmès, soit la troisième. On trouve au même roi Ahmès une quatrième épouse, enfin, dans la personne de la Mère Royale Kasmout, qui figure à la liste cultuelle principale. De telle manière enfin (pie la famille du roi Ahmès. telle qu'elle est détaillée au précédent tableau . devrait être complétée ainsi qu'il suit :

Une huitième fille . | la princesse Hent-tiniihou.

!la reine Nofritari :

Tenthapi, mère de Henl-timihou; Anhapi, mère supposée de Hent-to-mihit; Kasmout.

Telle est la construction généalogique qui nous est apporta D'après tes procès- verbaux de transfert, du temps des rois Se-Amon et

Hrihor, consignés sur tes cercueils mêmes de Ramsès I", Seti 1" et Ramsès II ;

voir Maspeuo, loc. cit., p. 56i à 55g pour ces procès-verbaux, et p. 53o-53i

pour la momie de la reine Anhapi.

(s) Maspero, loc. cit.. p. 543-544.

<3' Tombeau n° 7b de Slieikh Abd-el-Gournah ; bibliographie dans Gactiiiuk ,

loc. cit., p. 187.

léc, à titre plus ou moins hypothétique, répétons-le, par le plus récent exposé documentaire. Sur quoi repose-l-elle et que faut-il en retenir?

Les momies et les cercueils de Deir El-Bahri ne portent avec ni\. archéologiquement, nulle indication précise. Parmi ceux qui nous intéressent le plus, ceux de Meritamon, de Se-amon, de Set-Kamès et de Hent-timihou sont extrêmement caractérisés et d'époque très sûre; mais tout ce qu'on peut dire, c'est qu'ils sont étroitement apparentés avec ceux de Tiouâ, d'Ahmès et d'Amenhotep Ier (1) : c'est évidemment insuffisant pour le délail de l'histoire et la généalogie. Le tableau cultuel de Deir El-Medineh, en ses deux formes que nous possédons, ne précise point davantage. D'autres monuments cultuels analogues nous permettent, heureusement, d'aller un peu plus loin, au moins en ce qui concerne quatre personnages : Se-pa-ar, dont la position de fils du roi Ahmès est extrêmement indiquée . Meritamon, qui semble bien être une fille du même roi(;j), Set- Amon qui est dans les mêmes conditions (l) et Set-Kamès, une autre fille encore (5). On ne saurait affirmer que ces libations

(l) Voir Maspebo, loc. cit., p. 620 et suiv.

('-' Le document principal est peut-être celui du tombeau i3 de Sheikh Abd-el-Gournah, dont le défunt adore le prince Se-pa-ar à côté du roi Amenliotop 1er; sur une stèle de Karnak , Se-pa-ar figure en compagnie de Nofritari, d'Amenhotep I" et de la princesse Set-Amon; sur le sarcophage de Bouteh- Amon à Turin, presque de même, il est avec Nofrilari, Amenhotep 1er, Meritamon et Set-Amon. On connaît, en outre, une dizaine de stèles où Se-pa-ar ligure seul, et l'on se rappelle que son tombeau est mentionné au papyrus Abbott. Pour la bibliographie de tous ces monuments, voir Gai tiiikii, loc. ciL, p. 188-190.

'!) Sa présence sur le sarcophage de Bouteh-Amon, voir note précédente. On connaît, en outre, un assez grand nombre de monuments où cette princesse parait seule, voir Gauthier, loc. cit., p. 192-193.

' Sa présence sur le sarcophage de Bouteh-Amon et sur la stèle susdite de Knrnak, avec Nofritari, Amenhotep Pr, Se-pa-ar et Meritamon, voir note a

(1 il.'SSUS.

Sur une stèle d'Abydos, |a princesse ligure avec Nofritari et Amenhotep 1" ;

sont certaines; eiles sont seulement très probables, et correspondent bien à ce que semble indiquer une particularité de ces noms de la famille du roi Ahmès, dont un certain nombre se présentent à nous, tantôt sous leur forme simple, tantôt introduits par le nom même d' Ahmès, jouant le rôle d'une sorte de prénom générique: c'est ainsi que l'on rencontre, sur les momies et les cercueils, et dans les documents cultuels de date ultérieure, les formes :

Nofritari et Ahnm-NofrxUtri, Meritamon et Ahmes-Meritamon, Se-pa-ar et Ahmès-Se-pa-nr, Set-Kamès et Ahmès-Set-Kamès, Ilent-to-mihit et Munès-llnil-lo-tniliit, Anhapi et Ahmès- Anhapi.

Nofritari est l'épouse d'Ahmès; si Meritamon, Set-Kamès et Se-pa-ar, comme nous avons vu qu'on peut l'induire, sont ses enfants, il deviendra probable que le prénom familial Ahmès était réservé pour désigner une femme ou un enfant du roi. Ht si l'on admet cela, il faudra que Hent-to-mihit de la grande liste cultuelle et Anhapi de Deir El-Babri rentrent dans les mêmes conditions de parenté par rapport à Ahmès : c'est une des considérations auxquelles on obéit quand de ces deux princesses, rencontrées ensemble sur un monument postérieur et considérées comme mère et fille, on fait une épouse et une fille du souverain éponyme.

Il ne semble pas, toutefois, que la règle soit absolue, ni même ait obligatoirement le sens qu'on a cru apercevoir : pourquoi le nom de famille serait-il réservé aux épouses et aux enfants, à l'exclusion de tous autres proches? On agira plus prudemment, sans doute, en copsidérant les liens de parenté de Hent-to-mihit et de Anhapi comme indéterminés. Tout

sur une autre stèle du Ramesseum, elle est seule avec Amenhotep Ier. Pour les monuments qui la concernent, voir Gauthier, loc. cit., p. 19/1-195.

b fait indéterminées aussi — en l'absence de toute indication quelle qu'elle soit — restent les conditions de parente des autres épouses, fils el lill«'s précédemment supposés et attribués, comme nous l'avons dit, au roi Ahmès, à savoir, la princesse Hent-timihou de Deir El-Bahri et sa mère Tentbapi, el . dans la liste de Deir El-Medineb , les princesses Tourèfl et Ta-ar. la Mère Royale kasmout, le prince Se-Amon. le Fils Royal Mimés : tous personnages dont la position familiale précise est absolument inconnue.

Il est très singulier, d'ailleurs, qu'on ait tenu à localiser ainsi, gratuitement et inutilement, ces quelques princes et princesses; car on trouve à côté d'eux, dans les documents mêmes de Deir El-Medineb, d'autres noms tout semblables, qu'on n'a jamais songé à considérer comme représentant des enfants ou des épouses d'Wimès, notamment, chez Khabekhit,

une reine Ihmès, '~['-"ftiP i et une reine Kamès,

""|^^(U(fj : on y trouve aussi . comme «Fils Royale tout

à fait indéterminé , le Bmpou qui s'appelle peut-être Souazenre et qui voisine avec un prince Ahmès sur un monument dont nous rappelions plus baut l'existence, puis le roi Ouazkhopirre Kamès, si difficile à placer exactement, puis un roi SLIirnl/ulnr dont on n'a pas trace par ailleurs, et d'autres personnages dont l'époque même est incertaine : une princesse Ta-Qf-baQU, une princesse Ta-hhard-ka, un Fils Hoyal Kennou. . >rou{X\. Sur leurs relations généalogiques à tous, on n'a pas la moindre lumière.

Un s.ul d'entre eux, Ouazkhopirre kamès, se présente dans de telles conditions que quelques probabilités historiques se dessinent ' . Il est en relation avec la reine Abbotep la mère,

(,) Cf. ce qui «"-I dit chez QOUflde k.imi'-s, précédemment, Hyktét, sorlion 11.

chap. i.

mais , de manière tout aussi étroite et d'après les mêmes faits archéologiques, avec Nibpehtire Ahmès, et ses noms se rencontrent avec ceux de Nibpehtire Ahmès dans une inscription nubienne; si l'on joint à cela que le nom solaire Ouazkhopirre sort du type S-[X]-w-re et rappelle, par contre, le nom d'Horus A-Khopirou qui est celui de Nibpehtire, on n'hésitera pas à mettre ce Kamès un peu plus bas que Tiouâ , et le plus près possible du roi Ahmès. Cela est tout à fait d'accord, comme on voit, avec la mise en place indiquée plusieurs fois par Maspero, faisant de Kamès un frère aine d'Ahmès, n'ayant pas régné W, ou régné seulement peu de temps (2). Notons encore qu'il paraît inutile de supposer, comme Maspero l'a fait®, que Kamès a été le père de la reine Nofritari : cela, pour faire de Kamès le grand-père éponyme de cette princesse Set-Kamès qui, on l'a vu plus haut, est très probablement une fille de Nofritari. La supposition serait d'abord perturbatrice, la reine Nofritari, nous l'avons dit aussi, ayant très probablement pour père Skenenre Tiouâ et nul autre, et d'autre part, le nom de Set-Kamès semblant désigner proprement une « Fille de Kamès n et non une petite-fille. Le nom ainsi envisagé pose d'ailleurs un problème, car il nous avait semblé ressortir des monuments que Set-Kamès était fille du roi Ahmès et de ^fritari. A mieux y regarder, cependant, et considérant que la princesse nous apparaît, soit avec Amenhotep Ier seul, soit avec ce même roi et sa mère Nofritari, on se rend compte que, s'il semble bien qu'elle figure en ces places comme fille de Nofritari et sœur d'Amenhotep, rien n'indique, par contre, que le roi Ahmès soit son père : ne serait-il pas possible que cette princesse au nom caractéristique de Set-Kamès, née de la reine Nofritari, ait réellement eu pour père le kamès éphémère dont

W Maspero, loc. cit. (Momies royales), p. 628-629.

(2) Maspero, Histoire, II, p. 79.

M Maspero, loc. cit. (Momies royales), p. 629.

— «->.( 812 Ki — \\U-2\

on esl obligé d'admettre L'existence sur le trône ou à côté du trône? Il suffirait d'admettre, pour cela, qu'a van I de devenir l'épouse <l Mimés, Nofritari a été relie de son frère aîné Kamès, très vite disparu, et que Set-Kamès était née de ce premier mariage.

Autour de Nibpehtire Ahmès, en somme, et en outre de sa mère Ahliotep, de son père très probable Skenenre Tiouà, de sa sœur-épouse Nofritari, de son frère défunt Ahmès, de ses deux autres sœurs également nommées Ahmès (frère et sœur probables, car ce sont trois enfants de Tiouâ), de son (ils le roi Zeserkare Amenhotep et de sa fille Ahhotep, épouse de son frère Amenhotep , — en outre de tous ceux-là on enregistre assez sûrement un frère aine, le roi Ouazkhopirre Kamès, peut-être premier mari de ÏNofritari; une fille, plutôt belle-fille ou nièce, Set-Kamès, dont ce premier époux aurait été le père; d'autres fdles, Meritamon et Set-Amon; un autre fils, Se-pa-ar. Km dehors de ceux-là. tous les personnages dont nous avons vu passer les noms sont de position familiale absolument problématique. Qui est la princesse kamès? On l'ignore. Qui sont ce Fils Royal Ahmès et cette princesse Mîmes qui paraissent dans les listes de Deir El-Medineh? On songe à L'Ahmès de la statue d'Harpocrate qui voisine avec Binpou, au temps où se rencontrent les noms solaires de la forme S-[À l-w-re, et l'on se demande si le prince Ahmès et la princesse Ahmès du tableau cultuel ne seraient pas identiques à ces enfants de Tiouà, frère et sœur probables de Nibpehtire Mîmes, dont un autre monument nous garde; la mémoire. A propos de ers Mimés si fâcheusemenl mal déterminés, il \ a lieu de signaler qu'on connaît un autre personnage encore de nom analogue. un «Fils Royal Se- [fanés » M qu'il ue faut confondre ùvec aucun des [fanés qui précèdent; ce « Fils d' Ahmès t . d'ailleurs, n'est

') Pour mi monuments en très petit nombre, \ < m- (jautbieb, lac. cit., p. 191.

[lu 3] -—**•( 813 >*»—

pas forcément né du roi Ahmès, et il peut aussi bien avoir eu pour père un quelconque des Ahmès de la même époque.

Sont encore du temps de Tiouà ou d'Ahmès, sans qu'on puisse rien dire de plus précis les concernant, le prince Seamon de Deir El-Bahri, des listes de Deir El-Medineh et de quelques rares monuments (1), le prince Binpou (Souazenre ou Nofirkare) de la liste de Deir El-Medineh et de la statue d'Harpocrate, la princesse Hent-to-mihit de la liste de Deir El-Medineh et la reine Anhapi, de Deir El-Bahri, qui est en relation avec elle, la princesse Hent-timihou de Deir El-Bahri et sa mère Tenthapi, plus deux personnages pharaoniques du groupe S-[JT|-n-re déjà rappelés au début de cette Note, le Snekhtenre de la liste de karnak et de la table de Marseille, et le Sanlchenre Senbtou du papyrus de Turin. Les autres personnages de la liste cultuelle de Deir El-Medineh, les dames Tourès, Ta-ar, Kasmout, Ta-ar-baoUj Ta-khard-ka^ sont beaucoup plus indéterminés historiquement, et il ne semble pas y avoir de raison de les placer au siècle d'Ahmès plu lot qu'à toute autre époque du Nouvel Empire. On se demande si la même réserve ne serait pas indiquée en ce qui concerne un dernier Pharaon de la liste de Deir El-Medineh, Slthentnibre, dont le nom ressemble un peu à celui de Snekhtenre, mais qui ne parait pas avoir d'autres titres à être rangé, comme on le fait le plus souvent^1, parmi les princes secondaires du temps de Tiouâ ou de sa famille.

O Voir Gauthier, loc. cit., p. 190; nous avons signalé, précédemment [Hyktôs, section II, chap. 1), le sceau en calcaire de ce prince, jadis découvert par Mariette, et si remarquablement analogue à un sceau de Skenenre. Maspero pense (loc. cit., p. 621) que ^Siamon est assez difficile à séparer de Sit— amoiiT), ce qui conduirait à le ranger parmi les enfants très probables du roi Ahmès que nous avons reconnus plus haut; mais il ne semble pas que cette considération soit obligatoire.

M Maspero, loc. cit., p. 639; Gauthier, loc. cit., p. 168.

«LIVRE DES ROIS

«LIVRE DES ROIS

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