‹ La fin du paganisme (volume 2)Chapitre 10 sur 126 · Mianc, VIU. n. 5fi · texte numérisé non relu

Mianc, VIU. n. 5fi

eL l'union politique peut exister entre des gens que divisent les croyances religieuses. (Tétait sans doute ce qu'entrevoyait Constantin lorsqu'il publia l'édit de Milan ; s'il établissait la tolérance, c'est qu'il croyait alors, et il avait raison de le croire, qu'il n'y avait pas de dangei" pour l'empire à tolérer tous les cultes et qu'ils pouvaient vivre ensemble sans compromettre sa tranquillité. Mais ici encore les vieilles traditions Unirent par l'emporter. Elles avaient poussé de si profondes racines, elles s'étaient si bien emparées de tous ceux qui participaient à l'autorité souveraine, qu'un prince avait peine à leur échapper. Aussi voyons-nous bientôt Constantin préoccupé, comme les autres, de la chimère de l'unité. 11 rêve de réunir tous ses sujets dans la même religion; c'est son désir le plus cher, c'est le but qu'il donne à toute sa vie : « Dieu m'est témoin, disait-il lui-même, que mon pi-emier dessein a toujours été d'amener tous mes peu|)les à s'entendre sur l'idée qu'ils se font de la divinité' ^s et de bonne heure il se mit à l'œuvre pour réussir.

Mais comment y arriver? Il avait, par l'édit de jMilan, renoncé d'avance à la contrainte et répudié la persécution ; il ne lui restait d'autre moyen que de convaincre. Dès lors, nous le voyons se transformer en un théologien qui s'adresse à ses sujets et leur fait de longs sermons pour les amener à sa foi. Aurélius Victor nous dit qu'il était fort instruit". Fils d'un empereur, destiné à l'empire par sa naissance, il avait reçu une meilleure éducation que Dioclétien et ses collègues, soldats de fortune, princes de hasard, dont la jeunesse s'était passée dans les

Page 1