‹ La fin du paganisme (volume 2)Chapitre 101 sur 126 · Confess., IV · texte numérisé non relu

Confess., IV

35?i LA FIN DU PAGANISME.

tourna vers Dieu, et fit vœu d'acliever ses jours dans la continence et dans la retraite. Il en avait un fils, Adeodalus, ce le fils de son péché ^s comme il l'appelle, qu'il aimait tendrement, et dont il ne voulut jamais se séparer.

La vie recommença donc pour lui comme auparavant. Mais, en reprenant avec la même ardeur ses études de rhétorique et de philosophie, il sentait hien qu'il ne possédait pas le repos définitif, <{ue ce n'était qu'une halte, et qu'il lui faudrait un jour se remettre en marche vers la vérité. Les succès d'école qu'il ohtenait ne l'empêchaient pas d'être inquiet, mécontent, et d'éprouver au fond de l'a me une sorte de regret vague de l'idéal un moment entrevu; il est probable que, de cet abri provisoire où il s'était arrêté, il regardait devant lui, et, comme les ombres de Virgile, « tendait la main avec amour vers la rive opposée >).

JIl

Saint Augustin professeur : à Cartilage, à Rome, à Milan. — Rapports avec saint Ambroise. — Dernières luttes. — La conversion.

A vingt ans, Augustin cessa d'êtfe élève pour devenir professeur. Il enseigna d'abord la grammaire dans sa petite ville, à Thagaste. Mais bientol, comme il avait la conscience de son talent, il chercha un plus grand théâtre, et voulut s'établir à Carthage. L'excellent Romanianus, quoiqu'il fàl fort triste de le voir partir, paya le voyage et fournit aux premiers frais de l'installation.

A Cartilage, Aiiguslin ouvril une école tle rhétorique. Quelques-uns de ses élèves de Thagaste l'avaient suivi ; ils en attirèrent d'autres, et le jeune maître ne tarda pas à se faire une grande réputation. Carthage était toujours, comme au temps de TerluUien, une ville amie des lettres, où l'on avait un goût très vif pour tous ces agréments et ces artifices dans lesquels se complaisait la rhétorique. Un hon discours improvisé sur un sujet scabreux, choisi par quelqu'un de l'assistance, y paraissait un spectacle presque aussi amusant que les courses de char et les combats de gladiateurs. Apulée s'était fait un si grand renom d'éloquence par ces tours de force, que la ville émerveillée lui avait élevé une statue. Il est probable qu'Augustin donna des conférences de ce genre et qu'il s'y fit applaudir comme son prédécesseur. Nous savons même qu'il prit part à un concours de poésie et qu'il fut couronné par le proconsuls Mais ces succès ne parvinrent pas à le fixer à Carthage; il s'y déplut au bout de quelque temps, et voulut en sortir. Est-ce seulement, comme il le dit. parce que les écoliers avaient des habitudes trop turbulentes, ou voulait-il aller chercher des triomphes plus retentissants? Toujours est-il qu'un beau jour, à l'insu de tout le monde, et même de sa mère, qui l'avait accompagné jusqu'au port, sans se douter de rien, et qu'il éloigna sous un prétexte au dernier moment, il s'embarqua sur un navire qui ])artail pour Rome.

A Rome, il ne semble pas avoir obtenu autant de succès qu'à Carthage. Les maîtres y étaient plus nom-

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