Voyez |)lus liaut. p. 2:3. — 2. Cod. TlieoiL, XVI
88 LA Fl.\ DU I^\GANISME.
(c Que ceux-là vous iiinllraileiil, disait-il aux iiérétiques, qui no savent pas avec quelle peine on trouve la vérité, combien il liuit sou[)irer et gémir pour concevoir, même d'une manière imparfaite, ce que c'est que Dieu; que ceux-là vous persécutent qui ne se sont jamais trompés! Moi, qui ai connu vos aberrations, je puis vous plaindre, je ne peux pas ni'irriter contre vous. Au contraire, je me sens obligé de vous supporter aujourd'hui, comme on m'a supporté moi-même ; je dois avoir pour vous la même patience qu'on a eue pour moi, lorsque je suivais en aveugle et en furieux vos pernicieuses erreurs'. » Il changea pourtant de sentiment et de langage, et finit par approuver ceux qui voulaient qu'on employât la force pour convertir les hérétiques. Comment l'entraînèrent-ils à leur opinion, dont il était d'abord si éloigné? par un argument très simple : ils lui montrèrent le succès qu'on obtenait avec les mesures de rigueur. Ces fiers donatistes, que la discussion trouvait inébranlables, qui se dérobaient opiniâtrement devant elle, la crainte de la loi les faisait rentrer en masse dans l'Église; et, une fois qu'ils y élaient revenus, ils y restaient. « Il y en avait beaucoup, parmi ces nouveaux convertis, qui, loin de se plaindre, remerciaient ceux qui les avaient délivrés de leurs égarements, et qui se félicitaient de la violence qu'on leur avait faite comme d'un des plus grands biens qui pût leur arriver. » N'était-ce pas un signe de la volonté de Dieu, et fallait-il s'opposer au salut de tant d'àmes qui ne demandaient qu'un prétexte et qu'une occasion pour revenir à la vérité? Ce qui