‹ La fin du paganisme (volume 2)Chapitre 29 sur 126 · I. Julien, Contra christ., p. 5i7, éd. ^eiimann · texte numérisé non relu

I. Julien, Contra christ., p. 5i7, éd. ^eiimann

voyaient plongé dans la lecture de leurs livres saints ; ils ne savaient pas qu'il ne les étudiait que pour les combattre, et qu'il prépai-ait ainsi sous leurs yeux, et peutêtre avec leuraide, sa grande réfutation du christianisme. Ainsi la principale raison qu'il avait pour détester cette doctrine qui lui était imposée par le meurtrier de sa famille, c'est qu'elle représentait pour lui la servitude. L'autre, au contraire, lui semblait être la liberté. 11 secouait le joug, il reprenait possession de lui-même, il croyait échapper à ses tyrans en reniant leur foi. Dès lors le christianisme se confondit pour lui avec le souvenir des plus tristes années de sa jeunesse, et il se rappela toujours qu'au milieu de ses humiliations et de ses misères le paganisme lui était apparu comme une consolation et une délivrance. C'est ce qui explique qu'il l'ait embrassé avec tant d'ardeur. Libanius raconte qu'il pleurait quand il entendait dire que les temples étaient renversés, les prêtres proscrits, les biens des dieux distribués à des eunuques ou à des courtisanes ; il nous le montre heureux d'immoler des victimes sur ces autels délaissés « et qui avaient soif de sang ». Quelques amis étaient seuls confidents de ses crovances nouvelles et assistaient à ses sacrifices; cependant le bruit s'en était répandu au dehors, « parmi ceux qui cultivaient les muses et qui adoraient encore les dieux' ». Ils venaient voir le jeune prince, s'entretenaient avec lui quand il était seul, et, séduits par sa piété et par sa sagesse, ils priaient les dieux de le garder pour le bonheur de l'empire. Ces communications discrètes, cet air de conspira-

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