‹ La fin du paganisme (volume 2)Chapitre 75 sur 126 · De SpeclacuUs, 20. — '2. Commodien, Inslruct., Il · texte numérisé non relu

De SpeclacuUs, 20. — '2. Commodien, Inslruct., Il

sa colère, il ait souvent passé toutes les bornes. Du reste, ces exagérations sont naturelles à tous ceux qui entreprennent de réformer les mœurs publiques; ils enflent la voix pour se faire mieux entendre et demandent beaucoup afin d'obtenir quelque cbose. Mais il faut avouer qu'ici la sévérité poussée jusqu'à ces limites présentait de grands dangers et que les esprits sages n'avaient pas tort de s'en plaindre.

Elle avait d'abord l'inconvénient de porter le trouble dans les consciences chrétiennes. Les sacrifices que le christianisme exigeait de ceux qui embrassaient ses doctrines étaient graves; il est clair qu'ils ne devaient pas s'y résigner sans douleur. Quand on leur demandait de rompre avec de vieilles habitudes et de respectables traditions de famille, de quitter des occupations qui leur étaient chères et profitables ou des dignités qu'ils regardaient comme l'honneur de leur maison, on comprend que leur ;une ait été déchirée de regrets. Cette épreuve pénible, dont tous ne sortaient pas aisément victorieux, Tertullien a le tort de la rendre plus pénible encore par l'excès de ses exigences et la dureté avec laquelle il traite ceux qui se permettent d'hésiter. Ces malheureux fouillaient les livres saints pour y trouver quelque texte qui favoriscàt leur résistance. La nécessité les rendait ingénieux, subtils, habiles à interpréter dans leur intérêt les mots et les phrases de l'Ecriture; mais ils avaient affaire à un maître dialecticien qui n'élait jamais à court, qui opposait à leurs textes des textes contraires et les foudroyait sans cesse d'arguments nouveaux. Quand, pour s'excuser de prendre quelque part aux plaisirs de la foule, ils s'appuyaient sur cette parole de l'apôtre : « Réjouissez-

VOUS avec ceux qui se réjouissent et pleurez avec ceux qui pleurent w, il leur rappelait qu'un autre apôtre a dit : ce Le siècle se réjouira, mais vous, vous pleurerez* ». Aux astrologues qui se défendent par l'exemple des mages dont le Christ a bien voulu accepter les présents, ce qui prouve qu'il ne leur était pas contraire, Terlullien se contente de dire que sans doute les mages ont été bien reçus au berceau du Christ, mais qu'en les avertissant de revenir par une autre route. Dieu voulait évidemment leur donner l'ordre d'abandonner leur méchant métier\ Les fonctionnaires publics, pour se faire pardonner, rappellent que Daniel et Joseph ont été ministres d'un roi : ce Daniel et Joseph, réplique Tertullien, étaient esclaves, et par conséquent forcés d'accepter les fonctions dont on les chargeait. Vous autres, vous pourriez les refuser, puisque vous êtes libres, et vous les demandez". » Si par malheur, dans celte lutte de citations et de subtilités, ces pauvres gens, harcelés parleur redoutable adversaire, se permettent de dire, ce qui nous semble bien naturel : ce Mais comment vivrons-nous? » il ne se contient plus : ce Pourquoi dites-vous : ce Je serai pauvre »? le Seigneur n'a-t-il pas dit : Bienheureux les pauvres? ce Je n'aurai pas de quoi manger. » — N'est-il pas écrit qu'on ne doit pas s'inquiéter du vivre et des vêtements? — ce J'avais pourtant quelque fortune. » — 11 faut vendre tout ce qu'on a et le donner aux pauvres. — ce Mais nos fils et nos petits-enfants, que deviendront-ils? » — Quiconque met la main l\ la charrue et regarde en arrière est un mauvais ouvrier. — ce Je jouissais pourtant dans

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