Du vieux mot patois: badorco, taudis
Cour souveraine. Ce sujel a été traité tout récemmenl par M. le conseiller Dubédat, et nul mieux que lui, ne pouvait retracer, avec autant d'exactitude, de clarté et d'élégance, toute l'existence du Parlement de Toulouse. Notre tâche se borne à rappeler sommairement ce qu'était le vieux monument, en 1790, et à décrire les rares débris qui ont échappé aux injures du temps et au marteau des démolisseurs.
Quelques années avant sa dissolution, le Parlement avait décidé la reconstruction du Palais : l'incommodité des salles d'audience, le mauvais état, l'insuffisance et l'humidité des greffes, l'aménagement défectueux et l'insolidité des prisons, ne permettaient plus de se contenter de coûteuses et insuffisantes réparations. Raymond, architecte du roi, établit un devis s'élevant à 600,000 livres; par un arrêt du 7 janvier
4786, le conseil d'Etal approuva les projets de reconstruction, accorda une subvention de 180,000 livres et autorisa, pour une période de cinq années, à partir de
4787, l'établissement d'un impôt de 92,000 livres, dont les États provinciaux réglèrent la répartition entre le Languedoc, la généralité d'Auch et de Montauban et le pays de Foix. Au moment de la suppression des provinces, 820,000 livres étaient déjà versées chez le trésorier des États provinciaux; elles entrèrent dans la caisse du trésor royal* et disparurent, avec le projet de reconstruction, dans la tourmente révolutionnaire.
En 1790, le Parlement était un vaste enclos, dont la façade nord donnait sur la place de la Monnaie et du Palais, et qui touchait, à l'est, au jardin de botanique; son enceinte était formée, au sud, par les murs de la ville et par les dépendances attenantes à l'ancienne