Archives d'Havrincourt
de Nivernais ma première femme ; elle voudra bien accepter un portrait d'elle. Je lui laisse et lègue celui en pastel de forme ovale qui est dans mon petit cabinet blanc.
La citoyenne Bréhant Mailly aime les porcelaines ; je la supplie de vouloir bien accepter mon écuelle de Sèvres bleu et or, et mon bol à punch vert et or, avec sa cuillère d'or que je lui donne et lègue.
Je donne et lègue à la citoyenne d'Héricourt, mon ancienne amie, ma tabatière de bois pétrifié.
Je donne et lègue à la citoyenne Lanion-Pons ma bague de mignature d'après Terrier ; elle me vient de sa sœur et lui sera chère comme à moi.
Au citoyen Gontaut, pour légère marque de mon ancienne et tendre amitié, la tabatière d'écaillé violette sur laquelle est le portrait de son amie madame de Rochefort, ma seconde femme.
Au citoyen Brancas-Cereste, une de mes pendules à son choix, et aussi le portrait de sa sœur, qui est dans mon petit cabinet bleu ; elle y est peinte en pastel avec sa petite chienne Zina sous le bras. Je lui laisse en outre quatre portraits qui sont dans la chambre qui précède le salon doré au premier étage, savoir : le sien, celui de M. le maréchal, son père, celui de M. de Forcalquier et celui de madame de Forcalquier. Enfln, les trois volumes manuscrits des ouvrages de M. de Forcalquier, reliés en maroquin rouge.
Je donne et lègue à madame de Forcalquier ma tabatière d'écaillé sur laquelle est le portrait de son mari.
Je prie le citoyen Kéraho, mon bon et ancien ami, d'accepter cent bouteilles de mes meilleurs vins et hqueurs.
Je donne et lègue à la citoyenne Liancourt ma tabatière avec une miniature peinte dessus par Sauvage : elle daignera l'accepter et s'en servir en mémoire de moi.
Je me réserve de faire dans un codicile la disposition de mes ouvrages manuscrits.
Je prie le citoyen Péan, notaire, mon voisin et mon ami, de vouloir bien être mon exécuteur testamentaire...
Ce fut ainsi fait dicté, et nommé par ledit citoyen de Nivernais aux soussignés...
4 février 1796, l'an quatrième de la République française une et indivisible, le quinze pluviôse sur les dix heures du matin.
Signé : mancini Nivernais.
HUA et TRUTAT, notaircs.
Quant à sa fortune, le duc la légua entièrement à fille, madame de Brissac, sauf quelques legs charitables des pensions à ses serviteurs.