‹ La fiole de Cagliostro vaudeville en un acteChapitre 8 sur 18 · THÉÂTRAL · texte numérisé non relu

THÉÂTRAL

reginald. Est complètement satisfait..

champrigaux. Et votre cœur... ne vous dit rien?

reginald, étonné. Mon cœur? que

diable voulez-vous qu’il me dise?

CHAMPRIGAUX , lui montrant sa tante. Eh bien ! vous ne voyez donc pas ?

REGINALD , se retournant. Ab ! cette

dame respectable est ma tante? comment , c’est ma tante? oh ! cette bonne

tante!... (Il court l embrasser.) Embrassonsnous, ma tante... bonjour, matante!

LA BARONNE , se débattant. Ah ! mon Dieu ! il m’étouffe!... (Champrigaux intervient.) Le voilà enfin... il a donc fallu vous enlever, vaurien... ( A part.) Il est fort joli garçon.

reginald. J’étais un ingrat, ma tante., mais, maintenant...

LA baronne. Regardez donc, Champrigaux.... c’est tout le portrait de ma sœur, champrigaux. Oui , excepté les moustaches.

reginald. Comment, vous avez traversé les mers pour me voir?...

champrigaux , à part. Je ne sais pas trop si ça en valait la peine.

reginald. Tenez , je suis attendri au dernier point... et je sens là que je vous aimerai comme une mère.

LA baronne. Oui, oui, comme ta mère., ne lui ai-je pas promis de la remplacer ?

regin ald. Que je suis donc fâché de ne vous avoir pas vue plus tôt ce matin !....

vous auriez déjeuné avec moi.... vous ne vous seriez pas ennuyée, allez... je vous aurais fait boire du champagne... aimezvous le champagne?

Champrigaux , à part. Il aurait grisé sa tante , le malheureux !

la baronne. Autrefois, j'en buvais....

demande plutôt à Champrigaux.., Encore une bonne chose  laquelle il a fallu renoncer, comme à beaucoup d'autres. .

reginald. Jeparie , ma tante , que vous étiez une petite femme bien gaie , bien folle?

la baronne. Un vrai démon.

REGINALD. Et jolie !...

LA baronne. À croquer demande

plutôt à Champrigaux...

reginald. Aussi, qued'amonreux! hein!

que d’adorateurs!

LA BARONNE. A ne savoir auquel entendre... ( Soupirant. ) Ah ! quelques-uns d’entr’eux on fait battre ce pauvre cœur...

les autres me faisaient rire.... demande plutôt à Champrigaux...

champrigaux , à part. Qu’elle est méchante!

LA raronn*. Ce st que, de mon tems , comme aujourd’hui, il y avait des hommes aimables, séduisans... Je ne dis pas cela pour...

CUAWIUGAUX. Hein?...

reoiimid.

^ 1 » : Restes , restes, troupe jolie.

Vont les remarquie* donc, me tante ?

LA BAR01TK*.

Oui, je l'a v ou mi franchement,

Dana ce tema li , j.’él»ù contente De voir un visage charmant,

Comme je te vois maintenant.

{A pare.)

A celle époque florissante,

Ah ! ai mon neveu, par malheur,

Avait soupiré pour sa tante,

Pour son oncle j'aurais eu pcor.

Oui, s'il avait aimé sa tante,

Pour son oncle j’autets eu peur.

( Haut. ) Laissons cela et parlons raison... ( A Champrigaux. ) Je rais l’interroger avec sévérité .... Mon enfant, je suis à présent ta seule parente.... c’est A moi de veiller sur toi avec toute la sollicitude maternelle.... c’est à moi de t’aider de mes conseils, comme de ma bourse...

RBGlNALD. Ah ! oui, ma tante, j’ai bien besoin de conseils, et surtout de.. .

LA BARONNE. Allons... ( Bas à Champrigaux. ) Vous ailes voir. ( A Reginald. ) Es-tu bien rangé , bien sage ?

BEGINALD. Un modèle pour la jeunesse.

LA BARONNE. Reginald , tu n'es pas querelleur, mon ami?

reginald. Querelleur? moi!... je suis d’une douceur angélique... Par exemple, il ne faut pas qu’on me regarde de travers, ou qu’on me marche sur le pied.... Oh !

alors , je me fâche.... et sur le terrain...

c’est bientôt fait.

LA BARONNE. Tu as raison.... Un gentilhomme doit être délicat sur le point d’honneur et corriger les insolens.

CRAMPRIGAL'X , à part. Si elle appelle ça de bons conseils....

LA BARONNE , à Champrigaux. Si j’avais été garçon, j’aurais été très- mauvaise

tète (A Reginald.) C’est très-bien... Tu

n’aimes pas le jeu , n’est-ce pas ?... tu ne joues jamais?... c’est une bien vilaine passif».

reginald. Le jeu ?... 6 donc !... jene peux pas le souffrir... je déteste les dés et les échecs. . . Les cartes, à la bonne heure.. . et encore, je n’y touche pas souvent..., mais lorsque ça me prend , par exemple .

caoliorro. ■ ~ *• X

je ne quitte jamais sans ruiner les autres ou perdre tout ce que j’ai...

LA baronne , bas ù Champrigaux. C’est comme moi au biribi.

REGINALD. Parce que, voyez-vous, ma tante , un lieutenant de dragons ne doit pas regarder à l’argent.

champrigaux , à part. Pour cause.

LA baronne. Aufait, c’est juste... il faut bien que tu tiennes ton rang... Joue, mon ami, joue, et je te donnerai de l’argent.

reginald. Quant aux mœurs... c’est mon fort... Je n’ai qu’une seule maîtresse.

LA baronne. Il n’est guère possible d'en avoir moins... Tu en aurais même deux , que je ne te blimerais pas... on ne sait pas ce qui peut arriver. {A Champrigaux. ) On ne sait pas ce qui peut arriver.

Champrigaux , à part. Elle le*rendra {dus mauvais sujet qu’avant , c’est sur.

LA baronne. Allons , c'est à merveille...

je vois que ta conduite est exemplaire.

reginald. Ma tante, vous êtes bien bonne.

la baronne. Bonne?., je suis sûre , Reginald, que tu croyais trouver eu moi une vieille bien maussade, bien impitoyable... au regard sévc*e, avec des lunettes, et tenez barbouillé de tacac.

champrigaux, ôas. Mais vous en prenez.

LA baronne , de mime. Taisez - vous donc... il est inutile de dire ça devant...

reginald. C’est vrai.... voilà juste lt «

C ait que j’avais tracé... le tabac, les tes , tout s’y trouvait... Mais quelle différence!... vous êtes indulgente, vive, enjouée , toujours de bonne humeur....

Vous me plaisez , vrai !

CHAMPRIGAUX , à part. Est-ce qu'il deviendrait amoureux de- la baronne ?

la baronne. Je veuxêtre ta meilleure amie.

reginald. Toujonrs.

LA baronne. Ta confidente.

reginald. C’est ça, je vous raconterai toutes mes aventures.

CUAMPRIGAUX , àlabaronne. Comment , vous voulez entendre des confidences de dragons !...

i.a baronne. Certainement.... ça m'amusera. ( A Reginald. ) Je veux et j’entends que tu mènes joyeuse vie, que tu fasses mille extravagances... Bah! chacun son tour.

ut ,iu aii ftxM i ip-'ÿl-rt? 1 » il vîpi’* 'J

Ai de Folioinche c /Cm m.

Oui, ces plaisirs que j'aimfeis tant,

? u*U« charment aussi ton jenae Ige 9 es plaiiirs-U sont, mon enfant, *

Une part de mon héritage.

Page 1