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La fleur des histoires françaises

que le lecteur veuille bien tenir compte de cette pensée initiale. J’avais à choisir, sur l’immense champ de l’activité française, ce qui pouvait donner aux enfants du peuple français, sur le point de devenir des hommes et des citoyens, non la connaissance de notre histoire, mais le sentiment de notre vie nationale. Ainsi, j’ai été amené à composer un « florilège », comme on disait autrefois ; c’est ce recueil, cette gerbe de dits et de souvenirs que je présente, maintenant, non pas aux adolescents , mais au public.

Si ce « bouquet » offre quelque intérêt, ce ne peut être que par la disposition et l’arrangement des couleurs. En cueillant, à pleines mains, sur le vieux sol de France — générateur de joie, d’action et de beauté — j’ai suivi,- presque sans m’en apercevoir , un certain ordre qui n’est ni l’ordre géographique, ni l’ordre chronologique

LA FLEUR DES HISTOIRES FRANÇAISES et qui ressemblerait plutôt à un processus biographique.

J’ai vu la France commé une personne qui naît, grandit, se transforme selon les progrès de l'âge et de la nature. Les faits, ainsi massés, par groupes, par sujets, m’ont paru propres à donner une impression plus animée et plus frappante. L’émotion qui se dégage du rapport des choses vivantes entre elles est autrement significative que la froide analyse des faits inscrits aux classifications scientifiques : la chair sensible est plus vraie que le squelette ; la prairie éclatante est plus réelle que l'herbier.

Si j’avais pu, j’aurais fait marcher, devant les jeunes gens assemblés, cette belle personne séculaire, la France : du moins ai-je essayé de décrire l'harmonie de sa démarche, réglée par le rythme intime de l’idéal et de la conscience. Par exemple, si j’ai écrit, en un chapitre, h histoire des Batailles de France, au lieu de répartir le récit des guerres par règnes, comme on le fait d’ ordinaire , c'est qu'il m’a paru que le geste de la France, se défendant sans désemparer , pendant deux mille ans, contre l'invasion perpétuelle qui la menace, est infiniment plus beau et plus intelligible , lorsque la continuité en explique la nécessité.

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