‹ La fleur merveilleuseChapitre 19 sur 125 · SCENE X · texte numérisé non relu

SCENE X

Les Mêmes, puis SPÉRANZA

M É D A R D , à la porte, sans l'ouvrir.

Qui va là?

Vite, ouvrez! C'est une mallieurcusc Qui priera Dieu pour vous !

Encore quelque coureuse Comme on n'en voit rpic trop... Passez votre chemin!

JHe n'est donc que pour prendre, ici, qu'on tend la main Et l'on ne connaît donc ni le geste qui donne, ^i celui qui console et celui qui pardonne.^

Elle s'avance et ouvre elle-même la porte. Une femme, une jeune Bohémienne pauvrement vêtue, se précipite clans l'auberge, jetant autour d'elle des regards de héte traquée.

s P É R A > Z A , (jui n"a pas encore aperçu Régine.

On me chasse partout!... merci, mes bons messieurs...

RÉGINE, s'avançant.

Ici, soyez sans crainte.

S P E R A >' Z A , avec un sursaut de joie.

Une femme!... Ah! tant mieux!

MÉDARD, rutlement.

C'est une Bohémienne! Une de ces nomades Qui rendent les moutons et les vaches malades. En leur jetant des sorts! Et qui metteiit le feu Aux granges en disant des mots grecs... en hébreu!

SPÉRAXZA.

.le ne suis qu'une pauvre cl triste créature

Qui pour gagner son pain dit la bonne aventure;

Je la lis dans les mains ou bien dans les tarots...

MLDAUl).

Ça court dans la campagne avec des gas noirauds!

SPÉRAXZV, sui)i)li;mto.

Voulez-vous le secret de votre destinée Pour le droit de dormir près de la cheminée? Voulez-vous le moyen de prévoir un malheur Pour ma part de repos, pour ma part de chaleur:^

MÉDARD, se signant.

Non! non! car tout cela sent trop le diabolique!

SPÉRAXZA.

Pitié!

A C T E P R E M I E R . Sq

M É U A II D , lui montrant la porte.

]'ade Rétro l... Je suis bon catholique, Je sers parfois la messe...

RÉGINE

Au zélé sacrislain Jésus préférerait le bon Samaritain.

Remettrais-tu dehors par ce temps une bétei^ Ferme la porte I... Ta pitié, je te l'achète... Fais le bien malgré toi, les yeux secs, ô chrélieii Qui trouverais des pleurs si l'on battait ton chien!

M É D A R D , fermant la porte en grommelant.

Qu'elle reste...

SPERANZA. baisant les mains de Régine avec reconnaissance.

Merci.

M É D A R D , se signant.

Du diable Dieu nous garde.

ROMAIN

Cœur de bois!

LE CHEVALIER, rudement, à Romain, en gravissant l'escalier qui conduit à sa chambre.

Méle-loi de ce qui te regarde !

r.OBELOL SSE, à part.

Pauvre fille.

4o LA FLEUR MERVEILLEUSE.

LE CIIEA'ALIER, montant l'escalier, à Romain,

Suis-moi.

Pendant que le clievalier pénètre avec Romain dans la chambre qui donne sur la galerie, Ziska apparaît à la porte de droite.

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