ACTE PREMIER
ZISKA
C'est bon... Je m'en vais...
Il aperçoit soudain Spéranza et demeure stupéfait.
Spéranza !
SPÉRANZA, affolée . à Régine .
Madame! A mon secours I
RÉGINE
Vous connaissez cet homme?
SPERANZA, avec terreur.
Hélas ! oui !
ZISRA , qui n'en croit pas ses yeux.
Spéranza...
C'est Ziska qu'il se nomme.
Pendant près de deux ans il me martyrisa, Parce qu'il me voulait pour femme...
ZISKA, avec une joie sauvage.
Spéranza !
SPÉRANZA.
Je l'exécrais... c'est un bandit!
ZISKA
Peux-tu donc croire Qu'elle intéresse d'autres que nous ton histoire.^
42 LA FLEUK MERVEILLEUSE.
SPÉRANZA, à Régine.
Nous étions tous les deux de la même tribu;
Un soir qu'il me serrait de près — il avait bu —
Pour échapper à son désir, j'ai pris la fuite!
Oh ! cette course dans la nuit, cette poursuite î
Oh 1 l'attente, blottie au fond de ce fossé,
Lorsque tout près de moi dans l'ombre il a passé.
Comme un tigre cherchant un gibier dans les jungles !
Et moi ne comptant que sur mes dents et mes ongles !
Et puis le bruit des pas mourant dans le lointain.
Et la fuite à nouveau... puis le salut certain...
Cette fois, c'est fmi!...
ZISKA, féroce.
Quel démon te ramène Qui s'intéresse tant aux dettes de ma haine? Car je te hais !
SPÉRANZA.
Malgré ton regard menaçant, Je te préfère de beaucoup me haïssant !
Tu dois pourtant comprendre à me voir aussi blême Que pour toi, Spéranza, cela revient au même... Spéranza, je t'aurai I Mais, si je veux t'avoir, C'est moins pour mon plaisir que pour Ion désespoir!
SPERANZA, se jetant aux pieds de Régine.
Sauvez-moi !