La Flore du Temiscouata
Si tout le monde s'accorde à reconnaître Purgence de la publication d'une « Flore de la Province de Québec » pour répondre à des fins pratiques et donner une impulsion définitive aux études botaniques chez nous, bien peu réalisent la grande pénurie de matériaux à laquelle devra se heurter l'ouvrier courageux de cette œuvre gigantesque. De vastes districts de notre immense territoire sont complètement inexplorés à ce point de vue, les herbiers de quelque valeur peuvent se compter sur les dix doigts, et la littérature botanique est presque nulle.
Accumuler, par un patient labeur, notes, statistiques et observations consciencieuses, les publier sous une forme utilisable, voilà, pour les botanistes d'un pays, le préliminaire obligé d'une entreprise de ce genre. C'est un échantillon, bien imparfait sans doute, de cet ingrat mais nécessaire travail de fourmi que nous présentons dans ce mémoire sur « La Flore du Témiscouata ». C'est, sous une forme ordonnée, le résultat de nombreuses herborisations, faites par l'auteur en collaboration avec le Frère Rolland- Germain, du 26 juin au 20 juillet 1913, et du 12 au 25 août
Nous avons simplement consigné nos observations personnelles et rassemblé autour de celles-ci la plus grande somme possible de notes utiles, notes perdues dans la liasse de notre correspondance ou dispersées dans les revues botaniques des Etats-Unis. N'ayant voulu que poser des jalons, il est à peine besoin d'indiquer que nous ne préten-
dons pas avoir traité d'une manière complète la Flore du Témiscouata.
Dès le début, il nous est très agréable de remercier bien sincèrement les supérieurs de l'Institut des Frères des Ecoles Chrétiennes auquel nous avons l'honneur d'appartenir, qui nous ont fourni de si grand cœur les moyens matériels d'exécuter ce travail scientifique. C'est aussi avec un grand plaisir que nous faisons état de l'assistance inappréciable de distingués savants pour la préparation de ce mémoire : le Rév. H. Dupret, p. s. s , le savant bryologue du séminaire de Philosophie de Montréal, et M. Geo. B. Kaiser, de Germantown (Pa), qui ont revu les Mousses ; M. le Dr Geo. H. Conklin, de Superior (Wisc), spécialiste dans les Hépatiques ; M. le Dr G. Hasse, de Santa Monica (Cal.), notre autorité en Lichénologie ; M. le Dr A. LeRoy-Andrews, d'Ithaca (N. Y.), qui a déterminé les Sphagnum ; M. le Dr N. L. Britton, directeur du Jardin botanique de New- York, pour la solution de difficultés diverses ; MM. F. E. Lloyd et E. F. Clavenger, professeurs à l'Université McGill de Montréal ; M. C. H. Gould, bibliothécaire de l'Université McGill, qui, avec un empressement et une courtoisie que nous ne saurions trop reconnaître, a mis à notre disposition la bibliothèque botanique dont dispose cette institution.
Les dessins qui illustrent ce mémoire sont tous originaux, ayant été exécutés d'après nature par notre collaborateur et ami, M. Louis Préfontaine, de l'Ecole Polytechnique de Montréal. Qu'il veuille bien trouver ici l'expression de notre vive reconnaissance pour son inépuisable complaisance.
Nous devons une mention spéciale à M. M. L. Fernald, de l'Université Harvard, l'un des auteurs du Gray^'s Manual^ yième Edition, sous les yeux de qui toutes nos récoltes de phanérogames ont passé. Nous sommes heu-
reux de saisir cette occasion pour remercier ce distingué botaniste et excellent ami, et le présenter au public scientifique canadien-français.
M. Fernald est certainement l'homme qui connaît le mieux la flore si intéressante de l'Est du Québec, pour l'avoir fouillée avec passion et étudiée avec méthode. Possesseur de notes et de statistiques du plus haut intérêt, et craignant d'autre part, vu la multiplicité des travaux entrepris, de ne pouvoir jamais trouver le temps nécessaire pour les publier, M. Fernald a bien voulu nous envoyer un mémoire manuscrit bourré de précieuses observations, que nous avons incluses en leur lieu au cours du présent rapport, ayant soin d'en donner loyalement crédit à l'obligeant savant.