‹ La Flore du TemiscouataChapitre 26 sur 45 · I. Macouu, J., Catalogue oj Canadian Plants, p · texte numérisé non relu

I. Macouu, J., Catalogue oj Canadian Plants, p

\/ Cornus canadensis L.

Rivière-du-Loup ; Caconna ; Lac Témiscouata. C'est dans les cédrîères de ce dernier endroit que le Cornouiller du Canada se développe dans toute sa vigueur. Avec une mousse, VHypiium Crista-Castreiisis L., il forme le linceul qui recouvre les générations de cèdres morts. Nous lisons, dans le récit d'une herborisation de Northrop au Lac Témiscouata (i), que les Canadiens appellent le fruit de cette plante : " La rouge ". A notre connaissance, le fruit du Cornouiller est connu des Canadiens sous le nom de "Quatre-Temps" et pas autrement. Il s'agit peut-être d'une expression locale. Northrop dans un autre écrit (2), relatif encore au lac Témiscouata, consigne une curieuse observation : "Il y avait, dit-il, de grandes étendues de Cor7ius Cmiadensis^ et j'ai noté qu'ici comme ailleurs il est impossible de trouver un seul individu florifère à quatre feuilles. Frappé de ce fait en herborisant dans les montagnes Blanches, j'en avais fait un point d'observation tout cet été ; mais après avoir examiné des centaines d'indivi- " dus, je ne trouve pas d'exception à cette règle."

Cornus Suecica L.

Rivière-du-Loup (Pointe à Persi) ; île du Gros Pèlerin. Sur les corniches de rochers. Aussi dans les mêmes situations à Cacouna, à quelques milles plus bas, d'après Fernald.

Cette plante arctique-alpine appartient à la flore propre des terrains archéens du Canada et de la Scandinavie. Sa présence sur la rive du Saint-Laurent est un fait phytogéographique important. Elle établit une fois de plus que les

1. Northrop, John R., Plant notes front Témiscouata Cotmty. Bull. Torr. Bot. Club, XIV. 1887.

2. Northrop, John R., Plant notes front Tadoussac and Témiscouata County. Bull. Torr. Bot. Club, XIV. 1890.

falaises de la côte, exposées au vent froid du large, réunissen les conditions déterminantes de Thabitat arctique-alpin.

C'est évidemment le Cornouiller de la Suède que l'abbé Moyen avait sous les yeux quand il écrivait, à la page 175 delà Flore du Caiinda^ la note suivante: "Nous avons reçu du Labrador deux échantillons de Cornouiller à involucre pétaloïde, qui semblent différer notablement du C. Canadensis. Chaque rhizome émet plusieurs tiges simples de 6-7 pouces de hauteur. Les feuilles de ces tiges, au nombre de 4-5 paires, sont toutes opposées et deviennent d'autant plus grandes qu'elles sont plus rapprochées des fleurs. Celles-ci qu'entoure l'involucre sont d'un rouge cramoisi, au lieu d'être blanc-verdâtre comme dans l'espèce commune."

^ Corydalis sempervirens (L.) Pers.

Ile du Gros Pèlerin.

Crataegus Jonesae Sargent.

Rivière-du-Loup. Au tournant de la descente qui va à la Pointe. Si la détermination conditionnelle de M. Sargent est confirmée, cet arbre est nouveau pour le Canada continental. L'espèce décrite du Maine a été retrouvée une fois dans le Nouveau-Brunswick. Nous reproduisons ici, en la traduisant, la description détaillée de M. Sargent (i):

Feuilles elliptiques ou ovales, aiguës, se rétrécissant graduellement ou à base largement cunéiforme, doublement et irrégulièrement dentées dans la partie supérieure (les dents munies de glandes rougeâtres, décidues), généralement divisées au-dessus du milieu en deux ou trois paires de lobes aigus ou acuminés, ayant atteint la moitié de leur longueur lors de l'éclosion des fleurs (1ère semaine de juin

I. Sargent, C. S., Manual of the trees of North America, p. 460.

pour le Maine), époque où elles sont membraneuses et recouvertes d'une pubescence soyeuse, surtout abondante sur les principales nervures de la face inférieure. A maturité les feuilles sont épaisses et coriaces, vert foncé et luisantes supérieurement, de 3-4 pouces de longeur, de 2-3 pouces de largeur ; nervure médiane forte, se ramifiant en 4-6 paires de nervures primaires et eu nervures secondaires apparentes; pétioles robustes, ailés vers le sommet, d'abord villeux, puis glabres, lavés de rouge au-dessus du milieu, de 1 3^-2 pouces de longueur, souvent tordus à la base à la fin de l'été, de manière à présenter la face inférieure de la feuille à la lumière. Sur les pousses vigoureuses, les feuilles sont généralement plus grossièrement dentées et plus profondément lobées, avec des pétioles largement ailés et des stipules arqués, munis de dents glanduleuses, pouvant atteindre i pouce de longueur.

Fleiirs de i pouce de diamètre, à longs pédicelles grêles, réunies en corymbes composés, lâches et tomenteux, les lobes larges à la base, se rétrécissant brusquement, allongés, aigus, entiers et velus ; étamines, 10; anthères grandes, et de couleur rose ; styles, 2-3, entourés à la base par un anneau de pubescence pâle.

Fruit mûrissant au commencement d'octobre, sur des pédicelïes grêles et allongés, en groupes nombreux, glabres ou pubérulentSj pendants, oblongs ou oblongs-ovales, compacts et arrondis aux bouts, d'un carmin éclatant, occasionnellement pointus, de )^-i pouce de longueur, de y^ de pouce de largeur ; calice persistant, ses lobes allongés et élargis s'appliquant étroitement sur le fruit ; chair épaisse, jaune, sucrée et pâteuse; noyaux, 3, rarement 2, épais, rétrécis et aigus à la base, gonflés et arrondis, cannelés dorsalement, avec une forte saillie médiane de 7/16 de pouce de longueur.

Un arbre pouvant atteindre 20 pieds de hauteur et un

diamètre de i pied, couvert d'une écorce brunâtre et écaillense, et dont les branches ascendantes ou étalées forment une tête large et irrégulière. Rameaux d'abord tomenteux, devenant brun orangé, glabres et très luisants durant la première saison, et gris pâle l'année suivante, armés de fortes épines de 2-3 pouces de longueur, droites ou recourbées, généralement dirigées vers l'insertion de la branche.

Cypripedium acaule Ait.

Rivière-du-Loup ; île du Gros-Pèlerin ; mont Pilote ; île de Cacouna (Penhallow). Bois. Encore en fleur au milieu de juillet.

Cypripedium hirsutum ]\Iill.

Lac Témiscouata. Bord des bois. Plutôt locale dans la Province. Montréal (Holmes); Nicolet (Saint-Cyr) ; Oka (Dupret et Victorin).

On sera peut-être surpris d'apprendre que l'on a parfois attribué à cette magnifique Orchidacée une action toxique analogue à celle de l'Herbe à la Puce (Rhus toxicodendron) ( I ) . Mais cette toxicité nous paraît plus que douteuse, et si elle existe, il faut, à plus juste titre encore que pour le Sumac vénéneux, recourir à la doctrine commode des idiosyncrasies pour expliquer les expériences et les témoignages contradictoires.

Cypripedium parviflorum Salisb.

var. pubescens (Willd.) Knight.

Rivière-du-Loup; lac Témiscouata. Bois. Encore en fleur à la fin de juillet. On ne rencontre ici que de rares individus de cette belle Orchidacée. Bic, Bonaventure, Gaspé, (Fernald).

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