‹ La Flore du TemiscouataChapitre 32 sur 45 · Macoun, J., loc. cit., II · texte numérisé non relu

Macoun, J., loc. cit., II

Habenaria bracteata (Willd.) R. Br.

Lac Saint-Hubert. Cet Habenaria, très commun dans l'ouest de la Province, est plutôt rare dans l'est. Fernald écrit qu'il ne l'a pas rencontré plus au nord et plus à l'est que le Maine. Témiscouata est probablement sa limite extrême au nord en cette partie de la Province. Mentionnée déjà par Thomas.

Habenaria dilatata (Pursh) Gray.

Saint-François de Whitworth. Au bord des chemins. Dans Touest de laProvince ne se retrouve plus que dans les tourbières. Oka (Fr. M.-Victorin).

Habenaria Hookeri Torr.

Rivière-du-Loup ; lac Saint Hubert. Commune dans les bois riches.

^ Habenaria hyperborea R. Br.

Rivière-du-Loup. Bois. Les dimensions géantes que cette espèce atteint ici (plus de 3 pieds) sont un étonnement pour ceux qui, comme nous, connaissent la forme humble et souffreteuse sous laquelle elle se montre sur nos collines montérégiennes : Mont-Royal, vSaint-Bruno, Saint-Hilaire, etc. C'est que cette Orchidacée, malgré les préférences tropicales de sa famille, aime les basses températures et les hautes altitudes. Elle se plaît aussi dans les marais froids caractérisés par le cèdre et le mélèze.

Habenaria obtusata (Pursh) Richards.

Rivière-du-Loup. Voisinant avec les Listères. Cette espèce est surtout boréale-alpine et descend rarement dans la plaine du Saint-Laurent. Commune dans la région apalachienne et dans les Laurentides.

Nous avons trouvé (Rivière-du-Loup) un spécimen anormal portant une seconde feuille bien développée vers le milieu de la hampe.

Habenaria orbiculata (Piirsh) Torr.

Lac Saint-Hubert. Fréquente dans les bois riches. ^ Halenia deflexa (Sm.) Griseb.

Rivière-du-Loup (Pointe à Persi). Apparemment commune depuis le comté d'Aroostook (Maine) jusqu'au Saint- Laurent, et vers Test jusqu'au golfe et à Terre-Neuve (Fernald). Comté de Mégantic (Fr. M.-Victorin).

Hedysarum boréale Nutt.

Saint-Simon (Rimouski), tout près de la ligne de séparation de ce comté d'avec celui de Témiscouata. Sur les conglomérats calcaires. Plante calcicole. Se trouve probablement dans les stations analogues sur le rivage de Trois-Pistoles. Rivière Restigouche, Bic, rivières de la Gaspésie (Fernald).

\ Heracleum lanatum Michx.

Rivière-du-Loup; île du Gros-Pèlerin. Très abondante dans la région du bas Saint-Laurent, ainsi qu'aux environs de Québec. Semble plutôt locale dans l'ouest de la Province.

Hieracium Canadense Michx.

Cacouna (Bord des chemins) ; Saint-Simon (Rimouski), (sables maritimes).

Cette espèce polymorphe pourrait bien être quelque peu composite. Les spécimens de Saint-Simon ont la glabréité et la succulence des halophytes; ceux de Cacouna diffèrent beaucoup de la forme qui nous est familière dans l'ouest de Québec.

^ Hieracium pilosella L.

Rivière-du-Loup. Près du pont Dion. La Piloselle est le fléau des Provinces Maritimes. Elle semble s'avancer rapidement à travers notre Province (i). Abondante déjà dans les comtés de Beauce, Portneuf, Québec, etc.

I. Marie- Victorin, Fr., Immigration végétale. Nat. Can. 40, 86.

Hierochloë odorata (L.) Wahlemb.

Rivière-du-lvoup (Anse à Persi). Cette Gramiuée à odeur de vanille est l'une des espèces que l'on dénomme vulgairement "Foin d'odeur". Abondante près de la côte, sur les montagnes de la Gaspésie, et près des Grands Lacs. Distribution générale subalpine.

Hippuris vulgaris L.

Lac Témiscouata. Forme émergée. Sur les hauts fonds à l'entrée de la Madawaska.

i Iris setosa Pall.

var. Canadensis Foster. Rivière-du-Loup (Anse à Persi). Cet Iris est particulier au bas Saint-Laurent et à la côte de l'Atlantique. Dans l'Anse à Persi, il croît entremêlé à VIris versicolor^ si commun dans toute la Province. Quoique les fleurs soient à peu près de même nuance, les deux espèces sont fort distinctes. Iris setosa est plus petit, son système foliaire beaucoup plus réduit (adaptations halophytiques), et des six pièces du périanthe, trois sont réduites à des onglets, tandis que les trois autres sont très largement orbiculaires (= Iris Kookerii Vç.nny).

Iris setosa typique ne se trouve qu'en Asie.

Iris versicolor L.

Rivière-du-Loup (Anse à Persi). Voir note sous Iris setosa. Penhallow, qui confond les deux espèces, est amené cependant par la diversité des habitats à soupçonner une distinction spécifique possible.

Isoetes ambigua A. Br.

Lac Pratt. Cette jolie espèce se trouve partout dans ce petit lac jusqu'à une profondeur d'environ dix pieds. Elle doit sans doute à la limpidité parfaite des eaux de pouvoir

opérer sa fonction photosynthétique dans de telles conditions.

Les espèces du genre Isoetes sont très difficiles à identifier et demandent l'expérience d'un spécialiste. Il faut d'abord que les spécimens soient en état, c'est-à-dire que les macrospores soient à maturité. Pour ce qui est de /. ambigua^ nous avons dû faire deux voyages au lac Pratt, et faire déterminer la plante au Jardin botanique de New- York. La première récolte avait fait croire à une forme non encore décrite ; mais des spécimens plus avancés permirent de faire la détermination présente.

La nomenclature concernant cette espèce est assez embrouillée. Le status en est actuellement comme suit, d'après M. N. L. Britton :

Isoetes ambigua A. Br. ; Engelm. Trans. St. Louis Acad. Sci. 14: 380. 1882. = /. Braumï Duritu^ 1864. non Unger

Juncus Balticus Willd.

var. littoralis Engelm.

Rivlère-du-Loup; Trois-Pistoles. Commun dans Phabitat halophytique.

Juncus bufonius L.

Cacouna. Prairies salées, avec Spergularia Canadensis et Spergularia salma,

Juncus brevicaudatus (Engelm.) Fernald.

Rivière-du-Loup (Anse à Persi) ; Cacouna. Nous remarquons que ce jonc, commun dans toute la Province, mais autrefois confondu avec d'autres espèces, affectionne les terrains mouillés ou fraîchement remués : labours, fossés, remblais, etc.

Juncus filiformis L.

Tadonssac. Bords du lac. Commun partout dans la province de Québec. Se distingue facilement des espèces voisines par sa très longue feuille involucrale, généralement plus longue que la tige elle-même.

Juniperus communis L.

var. depressa Pursh.

Rivière-du-Loup ; N.-D. du Portage. Peu fréquent dans le comté de Témiscouata, mais très abondant dans l'Islet et Kamouraska, comme l'on peut s'en rendre compte en voyageant sur le chemin de fer Intercolonial. Les larges buissons déprimés sont caractéristiques. ( =/. sibirica Burgsd.) Aussi en Europe et en Asie.

Juniperus horizontalis Moench.

N.-D. du Portage ; Cacouna. Rochers de la côte. Espèce longtemps confondue avec J. sabina d'Europe. Se tient le long des rivages, rampant sur les rochers qu'elle recouvre quelquefois entièrement.

i Kalmia angustifolia L.

Rivière-du-Loup. Tourbières et collines de quartzite. Beaucoup plus luxuriante, feuilles plus développées dans ce dernier habitat. A remarquer encore l'équivalence des deux habitats mentionnés.

> Lathyrus maritimus (L.) Bigel.

Rivière-du-Loup (Anse-à-Persi). L'une des plantes les plus familières de l'habitat halophytique, la Gesse maritime accompagne presque partout au bord de la mer l'Elyme des sables.

Ses caractères anatomiques sont plus ou moins gouvernés par la nature spéciale de l'habitat. Le tissu palissade des feuilles est très développé, occupant près de la moitié

de l'épaisseur du limbe. Cellules épidenniques de la tige de 6.2. Vaisseaux de la racine de grandes dimensions relatives (i).

-^ Lathyrus palustris L.

var. pilosus (Cham.) Ledeb.

Rivière-du-Loup (Anse-à-Persi). Prairies humides en dehors de la région saumâtre.

Lathyrus pratensis L.

Rivière-du-Loup. Bord des chemins. Bien établie. Cette plante, naturalisée d'Europe, est nouvelle pour la province de Québec. (2)

Ledum Groenlandicum Oeder.

Rivière-du-lyoup. Commune sur les collines de quartzite et dans les tourbières.

Lepidium apetalum Willd.

Rivière-du-Loup. Talus des chemins de fer.

J Ligusticum Scothicum L.

Rivière-du-Loup. Cette Ombellifère halophytique est cominune sur toute la côte, depuis la Rivière-du-Loup, vers l'est. On l'appelle vulgairement le " Persil de mer." Il suffit d'en mâcher les feuilles pour se convaincre que ce nom n'est pas usurpé. Nous avions cru que l'Anse à Persi devait son nom au Ligusticum. M. Eug. Rouillard y voit plutôt une corruption de "Anse au Pourcille" (marsouin). Le Persil de mer suit la côte de l'Atlantique jusque vers la latitude de New- York. Aussi en Europe.

Page 1