‹ La flore pharaonique d'après les documents hiéroglyphiques et les spécimensChapitre 149 sur 160 · Purinella tarfnraeea Ach · texte numérisé non relu

Purinella tarfnraeea Ach

Lichen trouvé en grande quantité dans des cercueils de la XXI^ dynastie et identifié par J. Millier. Ce Lichen, au dire de Schweinfurth, se vend beaucoup dans les marchés du Caire, sous le nom de Shibah ; on le fait venir des îles de l'Archipel. Forskal, qui a vu au Caire un Lichen analogue, portant le même nom arabe, le Lichen Prunastri L., nous en indique l'usage en ces termes (Flor. segypt.-arabic.y p. 193) : « Lichen hic iEgypti indigenus non est ; singulari tamen attentione dignus, propter usum in re pistoria. Nescit ^Egyptus artem Cerevisiam more Europaeo parandi ; hinc et Fermentum ignorât. Chamîr ejus locos adhibetur, quae massa est panis non cocta, et levis-

RENONCULACEES, CRYPTOGAMES 1?1

sime acescens. Haec mixta cum farina subacta, fermentationem producit. In hoc secreto primum deceptus fui. Plurimum audivi nomen Shibah, herbae cujusdam, mihi ignotae, sine cujus admixtione nuUus conflcitur panis. Âllata mihi fuit Artemisia (absinth.) quam eodem nomine dénotant Arabes, propter colorem cinerascentem ; significat enim Shibah capillos canos, Verum tamen exemplar obtinui, et admirabundus agnovi plantam Hyperboream. Totis navium oneribus Alexandriam advehitur ex Archipelago, et praesertim Insula Stanchio. Rosettae, Kâhirae et aliis locis distribuitur. Hujus Lichenis manipulo aqua per duas horas imbuitur ; quse pani azymo adjecta gustum conciliât peculiarem et Turcis deliciosum. Lichen furfuraceus quoque in usu est, sed parcior affertur. »

Peut-être les anciens Egyptiens, eux aussi, employaient-ils ce Lichen pour faire lever la pâte, et est -ce pour cette raison qu'on Ta trouvé en telle quantité dans les sépultures pharaoniques. Le levain, ^/x>7, fei^mentum^ se nomme en copte Thahy Kôby Kâp et Shemêr, mot qui répond exactement à l'arabe Chamîr (Khamîr) cité par Forskal. Il est probable que l'un de ces noms s'appliquait chez les Égyptiens au JP. furfuracea^ mais je n'en ai encore retrouvé aucun dans les textes hiéroglyphiques.

Les Scalx donnent comme traduction copte de l'arabe 8hi~ bah : Phrion, qui est le grec /3pov, « mousse », et PhilUra, qui est probablement, mais avec une modification de sens, une transcription du grec ^ihjpx, « pellicule sous la première écorce du tilleul ».

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