‹ La flore pharaonique d'après les documents hiéroglyphiques et les spécimensChapitre 54 sur 160 · CaMMabis «ativa L · texte numérisé non relu

CaMMabis «ativa L

Unger cite le Chanvre parmi les plantes égyptiennes, mais en s'appuyant uniquement sur ces deux arguments : 1* La déesse syénite Anouki a la tête ordinairement couvirte d'une coiffure dans laquelle Birch voit une botte de tiges de Chanvre, et cette coiffure sert à déterminer le mot égyptien Hemâ, « lin » ; 2** Po lydamna, épouse de Thonos, offrit en Egypte, à Hélène, un breuvage qui faisait oublier les maux passés (Odyssée, IV, 229) et qui ne peut être autre chose que le Hashish^ boisson faite avec les graines du Chanvre.

Que la boisson de Poly damna ait été le Uashish, c'est là une pure hypothèse impossible à discuter scientifiquement. Quant à la coiffure d' Anouki, elle représente non une botte de tiges, mais un faisceau de plumes liées par la base et s'évasant au sommet. D'ailleurs, cette coiffure fût-elle composée de tiges, je ne vois pas comment on pourrait y voiries tiges du Chanvre plutôt que celles de toute autre plante. Le déterminatif du mot Hemà est effectivement une botte de tiges, mais Hemâ, — si ce mot est le nom d'une plante, ce que je ne crois pas, — ne pourrait désigner qu'une Graminée, d'après les peintures de Zaouïatel-maïetin (L. D., II, 106-107), au-dessus desquelles il se trouve inscrit. Il me paraît d'ailleurs certain que Hemâ, dan s ces scènes, désigne la partie du Froment qui reste en terre après qu'on Ta fauché à mi-hauteur, c'est-à-dire la moitié inférieure du chaume.

Enfin, Passalacqua, dans le catalogue des antiquités qu'il a découvertes en Egypte, cite, sous le n** 465, un peigne de bois, à manche, encore garni de filasse de Chanvre. Ce fait serait sufflsantpour nous prouver que les anciens Egyptiens connaissaient le Chanvre; mais, malheureusement, Passalacqua n'est pas botaniste, et son témoignage en perd toute son importance. Du

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reste, cette filasse a élé, dans la suite, soigneusement étudiée au microscope par Braun, Ascherson et Magnus, et il est résulté de ces recherches qu'elle appartient au Lin et non au Chanvre. La plus ancienne mention du Chanvre en Egypte est relativement récente: le moi Pi- erbisi, dansles Scalœ (Kir., 122), est rendu par le nom arabe du Chanvre. Mais il n'existe, que je sache, aucune matière textile pharaonique dont le nom présente quelque rapport avec Erbisi.

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