nUntusops i^hlmperl Hochst
Ceux qui se sont occupés les premiers de l'identification des plantes pharaoniques, — Kunth en 1826 pour la collection Passalacqua, Bonastre en 1827 pour le Musée du Louvre, et Migliarini en 1859 pour le Musée de Florence, — avaient rapporté au Mhrmsops Elengi L. certains fruits trouvés dans des tombes égyptiennes. Plus tard, Braun, en 1877, étudiant les plantes du Musée de Berlin, objecta que le M. Elengi est une plante de l'Inde et, observant de plus près les spécimens antiques, les rapporta au M. Kummel Hochst., plante abyssinienne dont le fruit, de la forme et de la couleur d'un fruit d'Eglantier, est assez agréable à manger à cause de son goût de miel, et dont
le noyau, relativemeut volumineux, contient une amande à saveur amère. Ascherson, reconnaissant pourtant que le M. Elengi, tout en étant originaire de l'Inde, pouvait s acclimater en Egypte, puisqu'on le cultive aujourd'hui par curiosité dans les jardins de rîle de Rodah, voisine du Caire, attribua néanmoins au Af. Kummel quelques branches feuillues du Musée de Leide, qui avaient servi de couronnes à des. momies d'époque grécoromaine. Enfin, Schweinfurth, d'après plusieurs spécimens provenant des tombes découvertes par Maspero et Schiaparelli, affirma que, à cause de leur forme et de leur grosseur, les fruits du Mimusops pharaonique devaient être rapportés, non au M. KummeU mais au M, Shimperi Hochst., plante qui croît naturellement en Abyssinie et dans les régions voisines. M. Pleyte, dans son étude sur la Couronne de la justification, maintient l'existence de ces deux dernières espèces, en déclarant que les feuilles attribuées par Ascherson au A/. Kummel sont plus épaisses que celles que Schweinfurth considère comme des feuilles de M. Shimperi,
Quoi qu'il en soit, il est certain qu'une espèce de Mimusops, — deux même peut-être, — a été cultivée par les anciens Égyptiens. Des branches de cet arbre, on tressait des couronnes à répoque saïte et sous la domination gréco-romaine. Des fruits de Mimusops ont souvent été découverts dans les tombes, parmi les ofi'randes funéraires. Schweinfurth en a reconnu parmi des fruits découverts par Mariette dans une tombe de Drah -abou'lneggah, que l'on croit être de la XIP dynastie. Cette date est douteuse, mais ce qui vient confirmer l'existence du Mimusops en Egypte sous les Ousourtesen est que FI. Pétrie en a découvert en abondance des fruits dans la nécropole de Kahoun, qui est bien certainement àe la XIP dynastie.
Schweinfurth suppose que le M. Shimperi est le Persea des anciens, sur lequel on a tant écrit et que Delile, en dernier lieu, avait rapporté au Balanites segyptiaca Del. On pourrait objecter à cette identification ce fait que, si le Persea a été introduit de Perse en Egypte par Cambyse, comme l'affirme Diodore, et
SAPOTÉES, STYRACÉES, CORDIAGÉES 63
si le Persea est réellement un Mimtisops, comme le pense Scbweinfurth, l'espèce pharaonique serait le M. Elengi qui, originaire de Tlnde, a pu passer parla Perse, et non le M, Kummel ou le M. Shimperi, qui appartiennent à la flore de l'Afrique australe. D'ailleurs, le Mimusops était connu en Egypte vers la XIP dynastie, bien avant Cambyse. Il faudrait, pour l'identifier avec le Persea^ démontrer d'abord que l'affirmation de Diodore est erronée.
STYRAGÉES