GRADES INFÉRIEURS ET SERVICES SPÉCIAUX
Le personnel des sous-officiers témoigne également de ce cosmopolitisme que nous constaterons dans le recrutement des simples soldats faisant partie de la flotte romaine. C’est même sous ce rapport que nous sommes le mieux renseignés à son égard, car, si les inscriptions nous font connaître quelques noms, entre les hommes qui le composaient, elles nous laissent ignorer la hiérarchie des grades, qu’Olaüs Kellermann, à l’aide des latercula, a pu si bien établir pour les cohortes des Vigiles. Nous savons en tout cas qu’à l'inverse de ce que révèle pour les troupes de terre la co-existence des légions et des cohortes auxiliaires, 1l n’y avait pas ici de séparation entre provinciaux et citoyens.
De même que pour les matelots, il n’est jamais question du passage de ces chefs inférieurs dans l’armée de terre.
Etaient principales dans les légions, et pareillement dans la flotte, ceux que nous appelons aujourd’hui les sous-officiers ; les simples soldats se nommaient gregari ou munifices. Parmi les uns et les autres, el il en va de même sur les navires, on trouve des duplciarü, ou duplicarü, ou duplares, qui recevaient une double ration
ou solde, et les sesquipliciarü qui touchaient, en supplément de leur part, la moitié d’une solde ordinaire.
Il est impossible de dresser une liste sûrement complète des principales de la flotte ; les documents sont trop clairsemés ; nous n’avons que le secours de quelques épitaphes. Voici du moins les noms et titres qu’elles nous font connaître.
Il y avait dans l’armée de terre un lieutenant du centurion d'infanterie, ou du décurion de la cavalerie, qu'on nommait l’optio. Il fut d’abord attribué par le tribun à ces officiers, qui dans la suite eurent le droit de le choisir eux-mêmes : de là son nom. Il existait aussi dans la flotte, de même que son inférieur, le suboptio *. C’étaient sans doute les sous-officiers les plus essentiels et les plus nombreux ; ils étaient, très probablement, préposés, d’une façon générale, au commandement de petites escouades de classiarü. Il en est cependant qui avaient un service particulier : tel l’optio factionis artificum de Misène ”, à la tête des fabri, embrigadés comme des soldats ; tels aussi les optiones naualiorum *, surintendants des arsenaux maritimes, dont nous n'avons d'exemples que pour la flotte de Germanie.
De même que le tribun et le centurion, dans les légions, dans les cohortes prétoriennes et urbaines et dans celles des Vigiles, avaient auprès d'eux un cornicularius, il existait un cornicularius praefecti * attaché à la personne du praefectus classis.
1. Les noms connus d’optionss de la flotte de Misène sont au CIL, X, nos 3461 à 3476, et passim; on trouve des subopliones sous les n°5 3496 et 3497.