‹ La Flotte de MisèneChapitre 157 sur 162 · Rhein. Mus., XLVI, p · texte numérisé non relu

Rhein. Mus., XLVI, p

provinces de Germanie, Dacie et Pannonie, les gens de ces pays furent admis aussi dans le dilectus ; à partir d'Hadrien surtout, ilestde règle ou de fait que chaque province pourvoit au recrutement de sa ou de ses légions.

Au bout de peu detemps, sans doute dès le règne de Vespasien, les soldats de nos deuxlégions furent de plein droit et sans concession spéciale, citoyens romains, par le seul fait de leur enrôlement *.

La légion I, qu'Othon avait emmenée dans l'Italie du Nord, se battit aux Castors et fit des prodiges de valeur dans un combat qui fut livré avant la bataille décisive de Bédriac *. Pour ne pas garder auprès de lui des hommes si déterminés et si braves, si peu constants du reste dans leursamitiés, mais pour les calmer par la paix et le repos, Vitellius les envoya en Espagne (69), où ils restèrent jusqu'en 88. De là, ils passèrent dans la Germanie supérieure — où Trajan, avant son élévation au principat, fut peut-être leur legatus, — pour réprimer la sédition d’Antonius Saturninus ; on a trouvé des vestiges de cette légion, qui prouvent qu’elle demeura dans le pays jusqu'aux guerres daciques de Trajan. Elle eut son camp à Moguntiacum (Mayence).

La IT adiutrix, de son côté, combattit bravement, pour la première fois, sur le Bas-Rhin, contre les Bataves, sous le commandement de Céréalis * ; delà, elle se rendit en Pannonie.

La sédition de Saturninus une fois étouffée, la légion eut à lutter contre les Chattes (89), puis elle prit part à une courte guerre contre les Suèves, comme nous l’ap- . Ephem. epigr., V, p. 200 sqq.

. Tac., Hist., IL, 24, 48.

. Ibid., V, 16.

prend une inscription ‘. A la fin de l’année 100, on la trouve en [llyricum ; elle est engagée, avec la légion IE, dans les guerres daciques de Trajan. Ces campagnes terminées, elle fut envoyée en Pannonie supérieure, pour y renforcer l’armée, entre 114 et 117 ; transférée ensuite, avec la IT adiutrix, en Pannonie inférieure, probablement en 214 ou 215, sous Caracalla. Elle avait combattu les Parthes, sous L. Verus, et les Marcomans qui dévastèrent la Rhétie et le Norique, d’accord avecles Germains et les Chattes. Elle prit parti pour Septime Sévère salué Empereur, contre Pescennius Niger et Clodius Albinus, et contribua à la défaite de ces deux concurrents ;

on la retrouve encore dans la guerre de Maximin contre les Daces.

En Pannonie, on a pu connaître les camps de nos deux légions : celui de la première était à Bregetio (Gran ?); l’autre à Acinquum(Alt-Hofen) *.

2. Voici les principaux monuments relatifs aux légions adjutrices : Les trois colonnes de marbre du Capitole (colonnes Mafféiennes, Ie siècle), donnant le catalogue des trente-trois légions. — CIL, VI, 3492, d,°0:

Plut., Galb.,12-15 ; Dio Cass., LV, 24, et Ptolémée (même époque), IE, 44 [15] :

BpeyæirTiov Xeyiov & Bonûoc AxoÙtyx0 (On s’attendrait à voir suivre : heyéwv B Bonûos ; mais le texte est très corrompu).

[linéraire d'Antonin Caracalla (Parthey, Berlin, 1848) : Bregetionce, leg. I adiut.

Aquinquo, leg. II adiut.

Notitia dignitatum (c. 31-33) :

Praefectus legionis T adiutricis cohortes V partis superioris Bregetione.

Praefectus legionis IT adiutricis tertiae partis superioris Acinco.

CC] . 0 0 0 0 . . . , . 0 . . . ° . . . . e = .

Après les divers évènements que nous venons de retracer, l’histoire des légions adjutrices devient très obscure ; elles subsistèrent encore au V® siècle, puisque la Notitia dignitatum les mentionne. Pour obtenir l’amitié et l’appui des Longobards contre les Gépides, Justinien leur livra la Pannonie ‘’. Puis les Longobards passèrent en Italie, et les Avares, nouvellement retranchés sur la Theiss, prirent possession du pays. Les traces de nos légions sont dès lors complètement perdues *. Elles furent, de ce moment, comprises sans doute avec d’autres sous les noms généraux d’Armée de Pannonie, ou de légions d'Iyrie, ou de légions du Danube, que nous rencontrons à toutes les étapes de l’histoire confuse du Bas-Empire.

Le nom d'adiutrix se comprend sans peine : quand la I le recut, elle devait aider et soutenir les autres légions de Néron, insuffisantes pour sa défense. Les écrivains grecs le traduisent pär n émmovouds, Où n Bondos, où à Ponboücx.

Tant que la I adiutrix resta en Pannonie, elle n'eut pas de désignation spéciale. La Il, dès son organisation, fut pia fidelis ; ce titre fut attribué aussi à l’autre, en 98, quand toutes deux eurent été réunies par Trajan sous le même commandement. D'autres Empereurs ajoutèrent encore de nouveaux noms, pour récompenser ces troupes de leur fidélité ; on trouve ainsi constans au commence-

ment du IIl° siècle. Les Sévères attribuèrent même leurs :

gentilices à toutes les légions, ce qui est aujourd'hui un

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