CHAPITRE XXV
CÉRÉMONIES DE LA MESSE. — LE MISSEL. — LANGUE LATINE. — LUMIÈRES. — FLEURS. — ENCENS. — VÊTEMENTS.
Maintenant, mon cher lecteur, allons ensemble dans une église catholique; assistons ensemble à une grand'messe qui est le service le plus solennel de la liturgie catholique. Pendant ce temps j'essayerai de vous expliquer les principaux objets qui attireront votre attention.
En entrant, je plonge mes doigts dans un vase placé à la porte de l'église et rempli d'eau bénite; je fais un signe de croix, demandant en même temps d'être purifié de toute faute, afin qu'avec un cœur innocent je puisse accomplir mes dévotions dans le saint temple de Dieu.
L'Eglise fait bénir par ses prêtres tout ce qui sert au service divin ; car saint Paul dit que « toute créature est bonne... qu'on doit la recevoir avec action de grâces, car elle est sanctifiée par la parole de Dieu et par la prière\ »
Avant que la messe ne commence, le prêtre asperge l'assemblée avec de l'eau bénite,réçitant en même temps les paroles du psaume l : « Vous m'aspergerez avec l'hysope, et je serai purifié; vous me laverez, et je deviendrai plus blanc que la neige. »
UTimot., IV,4.
L'usage de l'eau bénite remonte à une très haute antiquité; plusieurs Pères de la primitive Eglise le mentionnent expressément.
A mesure que nous avançons dans l'intérieur de l'église vous apercevez, ouvert,surrautel,un livre : c'est le Missel ou livre de messes, ainsi appelé parce qu'il contient les prières qui sont récitées à la messe. 11 renferme des passages empruntés à l'Ancien et au Nouveau Testament, le canon et d'autres prières particulières. Le canon delà messe ne varie jamais dans l'année, il nous vient des premiers âges tel que nous l'avons aujourd'hui, à l'addition près d'un ou deux mots. Presque toutes les collectes sont très anciennes, le plus grand nombre remonte à une époque antérieure au cinquième siècle. Je ne connais point de prière que l'on puisse comparer aux collectes du missel pour la chaleur et la vigueur du langage, pour la concision du style et pour l'onction de la piété. Il est évident que ces modestes compositeurs sentaient ce qu'ils disaient, et qu'ils étaient remplis de l'Esprit de Dieu, méprisant « les paroles persuasives de la sagesse humaine, » en cela bien différents de quelques compositeurs de prières modernes dont les périodes arrondies visent plutôt à flatter les oreilles des hommes qu'à percer les nues.
Vous connaissez probablement assez le Livre épiscopal de prières communes, et sans nul doute vous avez admiré sa diction remplie d'une belle simplicité. Mais aussi vous serez peut-être surpris d'apprendre que ce livre de prières n'est l3ien souvent que la traduction de notre missel.
Suivons maintenant pieusement l'officiant dans la célébration de la messe.
Vous le voyez sortir de la sacristie pour s'arrêter au pied de l'autel où il fait, à Dieu et aux saints, une humble confession de ses fautes. Il monte les degrés de l'autel et, par neuf fois, il invoque la divine clémence en poussant ce cri: Kyrie eleison^ Christe eleiso7K 11 entonne la sublime doxo-