CONRESSEE PAR LUI-MEME
Mais écoutons Louis Veuillot luimême nous dire, en son vibrant langage, l’origine, l’étendue et lénergie de sa foi :
“Dieu me regardant d’un oeil plein de miséricorde a dit : “Que la lumière soit dans cette âme !” Et la lumière y brilla tout aussitôt... A présent, ïl me semble que je vogue à pleines voiles dans la lumière et je m’y sens bien. Tout s’est ouvert à mon esprit. Je connais ma route et je sais ce ge je verrai quand j'aurai atteint les limites de l’horizon... dans ce beau jour de la foi qui, d'heure en heure et d’instant en instant, éclaircit l’espace immense où il m’a con- HE
“Il est rigoureusement vrai que sans la foi on ne sait pas, on ne peut pas ce qui s'appelle savoir. La foi est la lumière des lumières, la lumière de l’étude, la lumière de la raison, la lumière de l’obéissance et du commandement... Je crois
tout dans la religion : il m'est aisé de tout croire, et ce que je m’explique et plus encore peut-être ce que je ne comprends pas--. Je suis l'enfant humble et soumis ‘le la Sainte Eglise. Je crois ce qu'elle croit ; comme elle le croit. Je désavoue, condamne et réprouve tout ce qui dans mes paroles peut n’être pas rigoureusement conforme à ses divins enseignements: . -
“Je voudrais pouvoir dire l'épanouissement de mon Coeur et livresse de mon esprit lorsqu'on chantait le Credo. Je me ravissais de la pensée d’être et de me sentir une créature de Dieu... Rien n’a été dit, rien ne sera dit qui ne soit dans le Credo. Toute vérité en découle et aucune vérité r’est d’aïlleurs ; toute erreur y vient heurter et s’y brisera. Douze pêcheurs de Judée ont reçu ce flambeau et l’homme est sorti de la nuit. Depuis dix-neuf siècles, le Symbole des Apôtres, affirmé par l'Eglise catholique, empêche que le monde retombe dans les ténèbres.....
L'homme qui reçoit la foi a en lui quelque chose de plus grand que l'humanité, il est plus fort que ie monde.” À
Quelle belle profession de foi toute vibrante d’amour et de fierté.
Pour Veuillot la foi n’est pas une limite, ni, encore moins, un joug ou une entrave imposés à son esprit, c’est une illumination de son intelligence, une envolée de son àme, une extension de sa raison, un appui et une sécurité pour son bon sens, une “source de paix intellectuelle”, pour employer la belle expression de Léon Ollé-Laprune.