‹ La foi et l'intelligence de Louis Veuillot [microforme]Chapitre 11 sur 11 · A LA JEUNESSE CANADIENNE · texte numérisé non relu

A LA JEUNESSE CANADIENNE

Jeunes gens, qui nous entourez, et qui avez suivi avec une attention méritoire ces considérations un peu sévères d'aspect, sur la foi et l'intelligence d’un écrivain très fort et très élevé que l'on goûte mieux en proportion que l’on avance davantage dans les réalités de la vie intellectuelle et de la vie catholique, nos d-mnières constatations sur l'influence heureuse qu'ont exercée les idées religieuses de Veuillot sur ses théories et ses idées littéraires, nous «2t d’ellesmêmes rapprochés de vous, en nous rapprochant du champ de vos chères études. Souffrez que nous n’allions pas plus outre et qu’à nos louanges de la foi et de l'intelligence d'un grand défenseur de l'Eglise et de la belle civilisation française, succèdent, tout naturelle-

ment, une parole d'espérance en l'avenir que vous vous préparez, un appel à votre foi et à votre intelligence sur lesquelles l'Eglise et la Patrie ont droit et besoin de compter.

D'ailleurs, c'est bien la pensée et le désir de vous être utile, en vous parlant de Veuillot, qui m'ont principalement soutenu dans le travail inaccoutumé de cette Cruserle, que Je n'aurais pas 086 entreprnedre, sans cette raison et cette excuse, devant les maîtres distingués de la littérature, de l'éloquence, des sciences imtellectuelles et religieuses de notre grande Université catholique.

La pensée de vous faire admirer et aimer Veuillot m'a donné de l'audace, et l'idée que la bonne Providence, qui se plaît à multiplier les moissons, pourrait nourrir les âmes fortes et droites qui grandissent parmi vous, des quelques grains de froment que j'ai cultivés moi aussi, “à l'aventure, sur les talus de mon camp”, m'a fait cueillir pour vous avec amour, quoique d’une main rustique, cette moisson que Je sais bonne.

Si j'ai réuesi à vous inspirer un Deu plus d'amour pour un maître admirable de la grande pensée fran- Caise catholique et du bon style francais, si j'ai pu accroître chez quelques-uns de vous le désir de mieux connaître et pratiquer un si fier et si haut moiè!e. un si admirable professeur de virilité intelle-tuelle et morale, je suis plus que récompensé de mon humble travail et de mes faibles efforts.

Je puis vous assurer ,en finissant, que vous trouverez, vous aussi en Veuillot, le maître et le modèe qui répond admirablement à vos meilleures et À vos plus généreuses aspirations, le maître et le modèle dont les leçons et les exemples profiteror! magnifiquement À la patrie ca-

hit etat mont tennis

nadienne“rançaise et à ses nobles enfants.

‘Un jeune homme qui aime Veuillot, disait, ces jours derniers, une grave revue française, est assuré de garder toujours le coeur sain, l'esprit droit, l'âme haute. Qui n'aime pas Veuillot ”, ajoutait la même revue, dont je n'oserais pas compléter la citation, si je ne voyais ici que des amis de celui dont nous fêtons le centenaire, ‘ Qui n'aime pas Veuillot, c'est qu'il lui manque quelque Chose du côté ou du coeur ou de l'esprit.” Tous donc vous l'aimez.

Je ne sais pas, jeunes gens, quel avenir préparent à nos vieux jours et à notre jeune patrie l'ardeur vertueuse et les nobles labeurs de votre jeunesse ; j'espère que vos couest doux et glorieux, de pouvoir dérageux bataillons grandissent aussi forts, aussi bien armés ,aussi disciplinés, pour le salut de la patrie et de l’Eglise canadiennes, que croissent et se multiplient les bandes ennemies ; mais ce que je sais bien

c'est que ceux-là seront de fiers catholiques, de vrais patriotes et d'infatigables chevaliers du droit et de la vérité, qui auront passé de longues heures {ête à tête et coeur à Coeur avec le grand, le généreux, l'invincible Veufllot.

Ils auront goûté en sa compagnie le pain incorruptible et fortifiant de la saine et forte doctrine romaine, il leur insufflera son courage et sa fierté, il leur apprendra comment nn vrai catholique n'est jamais vaincu, même dans sa mort, tant qu’il n'abandonne pas son Dieu et son Eglise.

Il le leur apprendra par l'immortelle leçon de toute sa vie.

Puissiez-vous, jeunes hommes et Jeunes gens, aimer assez la noblesse de votre âme et la grandeur de notre Tace, pour marcher nombreux sur ler traces d'un Veuillot. Puissiezvous éprouver comme lui combien {] clarer triomphant, au soir d'une vie parfaitement remplie : “ Le bonheur, le repos, la gloire de la vie, c'est de servir l'Eglise.’

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