APPRECIÉE PAR LES CRITIQUES
Aussi les plus intelligents critiques, même libres-penseurs, sontils d'accord avec tous les catholique intruits et avec Pie X lui-méme, pour reconnaître que la foi de Veuilot ne fait qu'un avec son âme d'apôtre et avec ces dons précieux qui font l'écrivain, l'artiste et le penseur de génie, par lesquels il a égalé et surpassé les maîtres les plus illustres, pour nous servi: une fois de plus de la parole du Pape,
Déjà, au lendemain de sa mort, un écrivain puissant, qui n'avait Pas alors la foi, mais qui en a été depuis éclairé, M. Paul Bourget, signalait comr:: cause et explitation de la supériorité de Pécrivain qu'il Comparait à la Bruyère, cette illu- Mination constante de la foi dans son âme: “]l y a dans toute sa prose la présence continne d'une doctrine. C'est le grand avantage des écrivains qui ont adopté une solution définitive sur la vie humaine, et doublent leur oeuvre d'une affirmation profonde et dogmatique” Le même écrivain, aujourd'hui catholique et devenu plus célèbre, ayant à louer hier le grand Veuillot, confirme le jugement porté il y a trente ans : “Jl est un écrivain de santé dans un âge de décadence, dit-il, .et c’est encore une façon d'apologétique, cette robustesse de style nourri par la pensée religieuse.”
Bien qu’il soit encore libre-penseur, M. Jules Lemaître signale aussi, avec une admiration dont ne sont pas surpris ceux qui connaissent la claire et pénétrante iatelli-
gence du brillant critique, cette emprise complète de la foi catholique sur l'intelligence et la vie de Louis Veuillot. Voici ses paroles, prises de cet article de la Revue Bleue, qui fit si grande sensotion dans le monde littéraire et intellectuel lorsqu'il parut à Paris et qui fut soigneusement et intégralement reproduit ici à Québec, par le Courrier du Canada, il y a quelque vingt ans.
Louis Veuillot, dit M. Jules Lemaître, “fut un des grands catholiques de ce temps ; le plus grand, peut-être, si l’on considère la puissance ct l’ardente et amoureuse combativité de son talent ; le plus original, si l’on fait attention à l’absolue pureté de son catholicisme, rare et neuf par cette pureté même et cette simplicité... Sa foi, pénétrant toute son âme, est une fois de tous les instants, et il ne craint pas d'en donner des témoignages familiers... Sa foi, si souvent suhlime de pensée et de propos, est, dans le détail journalier, humble ct populaire... Pour lui, être catholique, c'est l'être à tous les moments de la vie et dans toutes ses démarches sans exception. La foi n’est pas faite pour nous servir de règle uniquement dans la conduite privée : nul ordre d'action ne demeure en dehors d’elle. Comme elle est à l’homme une explication totale des choses et de lui-même, elle doit le prendre et le gouverner tout entier.”