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ON VA REPARLER DE L'ÉCOLE

symbolique de « Jean Coste » pour souhaiter qu'il y ait beaucoup de vrai dans le changement de méthode qui nous est annoncé.

Non pas que celle qui a été suivie fût inspirée par de mauvaises intentions. Elle n'était que le résultat d'une erreur d'optique qui fut commune à tous les partis. Il y a trois ou quatre ans, amis et adversaires de l'école laïque, nous avons été hypnotisés par un incident démesurément grossi, l'affaire Morizot. Ce devait être, d'après l'espoir des uns et la crainte des autres, le point de départ de toute une

série de faits nouveaux, fort troublants pour l'avenir

de l’école publique. Et, pour parer au danger, on voulait courir au plus pressé. On imagina donc des

lois de circonstance. Les projets Doumergue appe-

lèrent comme riposte les mandements des évêques, auxquels répondirent de nouvelles menaces législatives, qui provoquèrent de nouvelles protestations.

De tout cela, faut-il s'étonner qu'il ne soit sorti, législativement, rien d'efficace, rien de décisif? C'est le contraire qui aurait dû paraître surprenant.

Dans une matière si complexe, si délicate, d’ailleurs minutieusement réglée par tout un code de lois techniques, comment introduire ab iralo une disposition spéciale nouvelle, tant soit peu grave, si on la prend toute seule, isolément, sans souci des répercussions? Il faut défendre les instituteurs contre les attaques parfois odieuses? Très bien. Mais ne faut-il pas défendre aussi les droits de l'enfant el ceux de la famille, si par impossible, ici ou là, ils étaient violés? I faut faire respecter l'école publique? Sans doute. Mais ne faut-il pas respecter aussi la faculté de dis-

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cussion, le droit de critique, la liberté de la presse et de la parole ? +&

M. Doumergue lui-même l'avait si bien senti qu'il 6 essayait de maintenir l'équilibre par deux projets se faisant contrepoids. Et de plus, et surtout, 1l supposait voté auparavant le projet Briand, qui rÉéoT Se nisait l'obligation scolaire. Il n’y a, en effet, qu'une loi organique où puissent prendre place harmoniquement les divérses dispositions, nouvelles ou anciennes, dont on ne peut plus se passer, dispositions qui assurent tout ensemble et la sécurité de l'école et la liberté des consciences, et la neutralité de l'enseignement, et le secours dù aux familles pauvres, et le châtiment mérité par les réfractaires ou par les organisateurs systématiques de la révolte, et les droiis respectifs de l'instiltuteur, des parents, #4 des autorités scolaires, des pouvoirs municipaux, de : l'État. |

Et puis, 1l y a une erreur que nous ne devrions plus commettre. C'est d’avoir l'air de croire que l'école laïque est à deux doigts de sa perte. La … vérilé est que, de toutes les institutions de la troisième République, c'est la mieux assise, la plus inébranlable, parce qu'elle est, à bon droit, la plus populaire. Elle à si bien cause gagnée, que le seul moyen qui reste à l'Eglise pour la combattre, c'est de lui reprocher de n'être pas assez laïque, de ne … pas lenir les promesses de ses fondateurs, d'avoir manqué à ce que les évêques appelaient naguère « l'hounèête neutralité ».

Prenons au mot cette critique, qui est un hommage involontaire. On nous demande de réaliser, dans sa lettre el dans son esprit, la charte de l’école laïque,

telle qu'elle fut tracée il y a trente ans. De grand

dE | : PS ON VA REPARLER DE L'ÉCOLE.

cœur, nous nous y engageons, ne croyant par là ni “faire nous-mêmes, ni exiger de nos adversaires une concession humiliante.

Mais cela pourrait être la préface de la paix.

J'assistais, il y a quelques jours, à la veille du départ des Chambres, à une réunion bien originale qui s'inspirait de cet esprit.

Sous les auspices d'hommes comme MM. Bou- troux, Frédéric Passy, Léon Bourgeois, Raymond Poincaré, Paul Deschanel, Gabriel Hanotaux, Pierre Baudin, Fernand Faure, Ferdinand Dreyfus, Louis Marin, Mauger, Gabriel Séailles, Belot, Parodi, Victor Margueritte, Lucien Descaves, Charles Wagner, le commandant Simon, le capitaine Demongeot, des parlementaires et des universitaires appartenant à Loutes les nuances de l'opinion républicaine, jetaient les bases d'une Ligue française d'éducation morale! (quelques-uns voudraient dire d’éducalion morale el sociale).

Ils décidaient d'intervenir, avec quelque énergie,

1. Voici l’article premier de la rédaction provisoire des sta- tuts : « Il est fondé sous le titre de : Ligue française d'éducation morale — en dehors des divers groupements politiques, philosophiques, religieux — une Association ayant pour. objet le perfectionnement de l'Éducation Morale, par la propagation des règles reconnues indispensables à la conduite de l'individu et 0 à la vie des sociétés.

E « Respectant le régime de laïcité institué par la législation

x francaise, elle répandra les idées morales sur lesquelles l’en- ; tente pratique est assez complète pour permettre, malgré les 2 divergences théoriques, la collaboration de toutes Jes bonnes 4 volontés.

ds « Elle s’efforcera d’éveiller et d’entretenir dans les divers Re

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de RAT an que :

dans l'interminable conflit scolaire, non pour y attiser les passions, pas davantage pour prêcher un « apaisement » factice, mais pour faire reconnaître à tous un grand fait, aujourd'hui acquis, à savoir qu'il y a en France une immense majorité à de partisans de la paix à l’école, paix facile à deux conditions : respect scrupuleux de la liberté de conscience;. entente cordiale pour l’organisation pratique d’une forte culture morale, le premier des besoins du pays.

Ils décidaient d'appeler à eux, pour travailler sur : ces bases, ceux des catholiques et des libres penseurs qui en ont assez de la guerre civile à l'école et à qui il répugne de déchirer l'âme des enfants en les forçant brutalement à désobéir soit à leurs parents, soit à leurs maîtres : triste victoire dans les deux cas.

Puisse leur voix être entendue, malgré les cris de trahison qui éclatent déjà de droite et ia gauche! Peut-être sera-t1l donné, malgré tout, à ces hommes de bonne volonté de mener, à leur manière, la vraie croisade pour la défense de l'école laïque et d'aider le pays à découvrir, un de ces jours, que la solution du problème est loute trouvée : l'application loyale par les uns, l'acceptation correcte par les autres. des lois Ferry.

milieux sociaux — en particulier dans les milieux scolaires — le souci de la culture morale.

« Elle s'appliquera à rechercher les méthodes les plus propres à former les caractères.

« Elle encouragera la création d'œuvres pratiques d'éducation morale, notamment d’une Union morale de jeunes gens... »

(Secrétaire provisoire : M. Polako, 125, rue du Ranelagh).

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