‹ La foi laïqueChapitre 87 sur 111 · Journal Officiel du 14 février 1914, p · texte numérisé non relu

Journal Officiel du 14 février 1914, p

For LAÏOUE. 19

M: FEerpixanp Buisson. -- Je crois que nous devons être aujourd'hui, comme on aurait dù l'être il y a trente ans, tous d'accord...

M. RArFrIN-DUGENS. — Sauf de ce côté (la droite).

M. FERDINAND Buisson. — Même de ce côté on devrait être, comme nous, d'accord pour éliminer de l'école primaire élémentaire toutes les discussions philosophiques, théologiques, religieuses, métaphysiques et politiques. (A pplaudissements.) Et c'est là la neutralité qui s'impose, non pas seulement par la loi, mais par la force des choses et du bon sens.

A des enfants de moins de douze ans, ni linstituteur croyant, catholique, ni l'instituteur libre penseur, n'ont le droit de parler de leurs convictions

personnelles.

M. LE RAPPORTEUR GÉNÉRAL. — Très bien!

M. FErpiNaND Buisson. — L'objet de l'instruction obligatoire et, par conséquent, la vie entière de l'écolier doit se limiter à l'étude des choses sur lesquelles nous sommes tous d'accord. Ne peuvent être enseignées obligatoirement à l'école publique que les connaissances réunissant ce double caracère, d'être reconnues indispensables à tout homme civilisé el inconteslables pour tout homme en son bon sens. C'est là la règle fondamentale, la limite naturelle de l'enseignement obligatoire du premier âge: c'est le seul sens possible de la neutralité nécessaire à ce premier degré de l'enseignement publie.

Dès lors, j'estime que les questions et les discussions relalives, comme vous le disiez tout à l'heure, à l'existence de Dieu et à ses bienfaits, non seulement n'ont pas à se produire dans l'école, mais sont formellement interdites par la lettre et par lesprit des programmes qui nous régissent.

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