DE
attributs de Dieu ». C’est la phrase même. Son
enseignement doit « se borner » — la prescription est précise et formelle — à deux points, dit le programme,
Le premier est le respect pour les idées qu'éveille ce mot « Dieu ». I faut que l'instituteur apprenne ce respect à tous les enfants, même à l'enfant de l’'athée, car que diriez-vous d'un pays où l’on prétendrait — c'est une parenthèse que j'ouvre — élever les enfants dans une sorte d'ignorance artficielle et systématique du mot Dieu, de l'idée religieuse et du rôle qui lui revient dans tout le passé de l'humanité? Ce serait de la folie, et c'est celle qu'on nous impule gratuitement, quand on suppose que nous donnons les mains à je ne sais quelle manie de supprimer le mot « Dieu » partout où 1l se trouve dans la litlérature classique. Pure ineplie dont la libre pensée n'est pas capable.
C'est pourquoi la première recommandation de Jules Ferry est bien celle d'un esprit libre : ne pas permettre à l'enfant de prononcer avec une légèrelé moqueuse un mot auquel s'attache, pour un si grand nombre de ses semblables, un sentiment de respect et de vénération. Je répète que même une athée doit
trouver convenable qu'on donne à son enfant cette.
leçon de respect pour la croyance d'autrui.
Sa seconde recommandation était la suivante : En même temps qu'il enseigne à l'enfant non seulement à tolérer, mais à respecter les idées religieuses les plus différentes des siennes, sous quelques formes qu'elles se présentent (Applaudissements sur un grand nombre de bancs), le maître peut se permettre d'ajouter, sans empiéter sur le domaine d'aucune croyance, qu'il y a une manière au moins, peut-être la meilleure, assurément la première de toutes, d'honorer Dieu, c'est « l'obéissance à ses lois, telles que nous les révèlent la conscience et la raison ».
Voilà dans quel sens et dans quelle mesure le programme de Jules Ferry a consenti à insérer les mots « les devoirs envers Dieu ». Ainsi définis, ces mots ne constituent ni une concession à une confession religieuse quelconque, ni un enseignement philosophique blessant pour quelque religion que ce soil.
C'est un minimum d'éducation morale qui peut être commun à lous et communément accepté par les croyants el les incroyants. C'est un terrain sur lequel il me semble possible, aujourd'hui comme il y a trente ans, que tous les hommes de bon cœur et de bonne foi se rencontrent et s accordent. (Vifs applaudissements sur un grand nombre de banes.)
M. RarrIN-DUGENS. — Je suis d'accord avec vous; vous n'avez fait que résumer ce que j'ai fait durant ma vie d'instituteur..…….