LA VÉRITÉ SUR PAU
La température de la ville de Pau jouit en Angleterre d'une excellente réputation. Aussi les têtes anguleuses, les joues creusées abondent-elles dans la patrie d'Henri IV. On prétend que les poitrinaires y vivent jusqu'à cent cin-
quante ans, c'est-à-dire deux ou trois années de moins que l'âge actuel de M. Charles Rabou. Il est pourtant impossible que cette réunion d'haleines malades n'emplisse pas l'atmosphère de miasmes contagieux ; aussi les naturels du pays gagnent-ils le plus souvent les affections que les étrangers viennent y guérir.
Je n'ignore pas que c'est toujours une chose grave que de toucher à une ville ou à une population. Il m'en a déjà coûté pour avoir commis cette imprudence ; mais il n'est rien qu'un écrivain convaincu ne doive braver pour éclairer le peuple. Je dis le peuple par habitude, car ce récit ne s'adresse évidemment qu'à l'aristocratie. Il est rare, en effet, que le peuple proprement dit ait des moyens de se payer un hiver à Nice ou à Bagnères.
Le Mémorial des Pyrénées, gazette de la localité, publie en guise de premier-Pau, un tableau comparatif de la température de Pau et de celle de Paris.
Voici un spécimen de ce tableau :