‹ La folie au théâtreChapitre 157 sur 185 · ACTE DEUXIEME 2 kl · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIEME 2 kl

FOUCAUD

La plupart du temps ce sont de pauvres bougres inoffensifs.

BERNARD, Rvec uTie énergie croissante.

Allons donc 1 Tu ne les connais pas I Tiens, il y a deux ans, ils ont pénétré ici la nuit. Si je n'avais pas été réveillé par le bruit et si je n'avais pas tiré sur eux à coups de fusil, qui sait ce qu'ils auraient fait?... Et Tannée dernière... aux Ifs, le fermier l'a échappé belle !

FOUCAUD

On n'est pas sûr que ce soit eus !

BERNARD, très surexcité.

C'est insensé que tu ne veuilles pas me croire... J'ai diï ans d'expérience, nom de Dieu !... Ces gens-là sont caoables de tout, je te dis... J'en ai interrogé plus d'un à ^a mairie... Leurs plus dures privations ne sont pas tojjours la soif ou la faim... Ce sont souvent des bêtes er rut.

FOUCAUD

Des bêtes en rut, soit! mais pas des assassins,

BERNARD

Il n'a pas voulu tuer !

FOUCAUD

Alors?

BERNARD, qui , tout en parlant, s^ échauffe et finit par oublier toute prudence.

Veux-tu que je te dise, moi, ce qui a dû se passer? Après notre départ, qui était guetté, peut-être, qui sait?... Ihomme est entré à la ferme pour demander à manger ou à boire. Il a vu la petite, qui était toute seule ; alors il a commencé par l'amadouer, la caresser... Tu comprends ce que je veux dire?... Je sais bien... ellq

'248 LA PETITE ROOUE

était vierge... mais ça n'empêche pas... toutes ces petites-Ià, dans le pays, maintenant, c'est pourri de vice... Elles savent tout, elles ont tout fait... sauf ça !... Il Ta entraînée dans le petit bois. Là, il a voulu la prendre. La petite a eu peur.,oelle a crié... Alors, affolé, sans penser à la tuer, — oih 1 il ne voulait pas la tuer, ça j'en suis sûr, quelle raison aurait il eu de la tuer?... Xon, il voulait la posséder seulement, — il a essayé d'étouffer les cris de la petite. . il Ta prise à la gorge... sans savoir ce qu'il faisait... il a serré... serré...

(// s^arrête effrayé par ce qu'ail a dit et par l intensité de sa vision.)

LE DOCTEUR

Mon Dieu, c'est très possible...

N'est-ce pas?...

FOUCAUD

Sais-tu que tu ferais un avocat épatant !...

BERNARD, Complètement rassuré par Vexclamalion du juge.

En tout cas, les recherches seront, je crois, bien difficiles.

FOUCAUD

C'est rarement facile, mon cher... Mais enfin, dans notre métier, on ne doit jamais désespérer...

(Allumant une cigarette.)

J'ai vu des affaires autrement compliquées se dénouer tout d'un coup^ après des mois, par suite de circonstances imprévues...

BERNARD

Comment ça? ..

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