ACTE TROISIÈME lil
BfiINDEAU
Sûrement, monsieur...
LIONEL
Voilà : il y a deux affaires que la ville du Havre nous propose : celle de l'éclairag-e électrique et celle des tramways...
RAYMOND
Oui, je sais.
LIONEL
L'affaire des tramways c'est à voir. Moi, ça me paraît excellent. En tout cas on peut toujours traiter pour l'affaire des tramways...
RAYMOND, étudiant le dossier.
Pas du tout. On ne peut pas traiter pour l'une sans traiter pour Pautre...
BRINDEAU
Pourquoi, monsieur Raymond?...
A cause de l'économie qu'on peut réaliser sur le personnel qui sera commun aux deux affaires.
BRINDEAU
Comment?
RAYMOND
Par ces temps de grèves et de syndicats ouvriers... tu en comprends l'importance...
LIONEL
Évidemment. Mais je ne vois pas comment réaliser cette économie.
RAYMOND, avec une grande lucidité d^esprit.
C'est pourtant bien simple. Suis-moi bien. Bien que ces deux entreprises soient différentes et indépendantes.
L HOMME MYSTERIEUX
nous les acceptons toutes les deux; nous les réunissons dans une même usine ; et comme un seul personnel peut suffire à produire les deux forces, au lieu de cent ouvriers nous n'en prenons que cinquante. C'est une économie énorme que nous réalisons et dans la suite nous...
(// s'arrête brusquement.)
Ah î mais non... c'est dommage .'... l'affaire n'est pas possible I
LIONEL
Pourquoi?
RAYMOND
Il y a là.. .
(// montre une page.)
Il y a là un détail qui vous a échappé, à vous... un détail qui aurait pu nous perdre...
(Etonnement muet de Lionel et de Brindeau.)
Comment s'appelle le Président du conseil d'administration avec qui on traite?
LIONEL
C'est Monsieur...
Monsieur...
Comment donc?
Whist...
(Cherchant.) (A Brindeau.)
BRINDEAU
RAYMOND
Whist... un pseudonyme, évidemment... on ne s'appelle pas comme un jeu de cartes...
BRINDEAU
Mais...