‹ La folie de Jésus (volume 2)Chapitre 130 sur 298 · Évangile de lohanan bar-Zébadya, XI · texte numérisé non relu

Évangile de lohanan bar-Zébadya, XI

LE YAGABONDAOB ET LBS FUGUES CHEZ lESCHOU 175

les gorges sûres du vaste désert formé par la pente orientale, abrupte et désolée de la grande chaîne judaïque.

« S'explique-t-on qu'au moment de Pexplosion la plus violente de la haine des chefs de la nation, quand le mandat (évroXoç) pour le faire saisir est juridiquement lancé (Jean, xi, 57), il renonce à tous ses plans de prudence suivis jusqu'à ce jour, il abandonne l'asile sûr d'Ephraîm, l'asile plus sûr encore de la rive transjordane, d'où il peut gagner les contrées lointaines de l'Arabie, et ne revienne pas dans la Galilée hospitalière, en définitive sa patrie, où nul danger sérieux n'avait été encore signalé contre lui, pour aller, de lui-même, sans nécessité, sans raison, sans avantage pour l'apostolat qu'il a entrepris, s'il n'est qu'un de ces sages qui prêchent la réforme des abus religieux au sein de leur nation, se livrer aux mains des chefs des prêtres et des pharisiens ? Il n'y a pas d'explication rationnelle à donner d'une conduite aussi étrange. Humainement, à en juger par toutes les règles de la prudence la plus vulgaire, le parti pris par Jésus de reparaître à Jérusalem, au milieu de la foule immense réunie dans le temple, où un coup de main serait si facile de la part des sbires du synhédrin, était un véritable coup de tête, une folie pour dire le mot. Toute l'auréole qui entourait pour nous cette suave figure, s'évanouit. Nous sommes prêts à adopter la singulière idée de M. Renan qu'entraîné par l'effrayante progression d'enthousiasme qu'il avait provoqué, Jésus n'était plus libre et que sa raison se troublait. Â moins de faire de ce sage des sages le plus fou des fous^ nous n'arriverons jamais à nous expliquer sa détermination. ^ »

Donc « ils étaient en chemin y montant à Hiérusalem, et

1. Jean Michon. Vie de Jé$u$. Paris, Dentu, 1886, t. I, pp. 338-339.

leschou allait devant eux. Ils le suivaient y troublés et épouvantés.,. Ils atteignirent Hiérichus^ »,

ce qui, avec l'expression « montant à Hiérusalem » donne à penser qu'ils prirent par la vallée du Jordanes.

« leschouy six jours avant la Paskhâ (l*** avril), ^e rendit à Bethania^ oii était Eléâzar.,, On lui fit là un souper^. »

Deux routes conduisaient de Bethania à Hiérusalem. La première passait par le sommet du mont des Oliviers et par les tombeaux des prophètes.

La seconde s'engageait entre le mont des Oliviers et le mont du Scandale, en longeant Taqueduc de Schélomo et un cimetière.

L'une et l'autre aboutissaient au faubourg de Bethphagè, qui commandait le pont du Gédron. Ce faubourg, entouré de figuiers et de grenadiers, touchait aux soubassements du temple; il était surtout habité par des cohanim.

Le 2 avril, leschou bar-Iossef se rendit de Bethania à Bethphagê. Là. il monta sur un ànon et, traversant le Gédron, fit dans la ville sainte, par la Porte des Moutons, l'entrée triomphale décrite par Zékarya pour Pavènement du Libérateur.

Il se rendit

« au temple et^ après avoir tout examiné » (tel un conquérant qui se prépare à prendre possession d'une nouvelle résidence), comme déjà il était tard^ il sortit pour se rendre à Bethania ^ », « ou il logea ^ » « dans la maison de Schiméôn ^ ».

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