Évangile selon lohanan dit Markos, IV
6. Albert Salmon. Le sommeil pathologique, Vhgpersomnie. Hevue de médecine, 1910, p. 765.
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Nous pouvons, chez leschou bar-Iossef, éliminer la léthargie, la syncope hystérique et la mort apparente. En effet, les évangélistes nous disent qu'il se réveilla à l'appel de ses disciples. Or, dans la léthargie, la syncope hystérique et la mort apparente, il existe une anesthésie sensitivo- sensorielle qui ne permet pas d'obtenir le réveil à volonté.
Reste la narcolepsie hystéroîde ou sommeil paroxystique.
« Le sommeil paroxystique, écrit Charles Féré, est un sommeil profond où l'on trouve exagérés tous les caractères du sommeil normale »
Cette variété de sommeil se rencontre chez les névropathes et les psychopathes, en particulier chez les hystériques et les hystéroïdes.
« J'ai plusieurs fois constaté, écrit Bouland, chez des hystériques de seize à quarante ans, des accès de sommeil instantané de durée très variable (de cinq à vingt minutes) finissant spontanément... C*étaientdes accès de sommeil pur et simple'^. »
« La narcolepsie, écrit Gélineau, est un sommeil naturel surprenant l'hystérique brusquement, spontanément, sans cause apparente... Briquet a eu l'occasion d'observer, parmi la grande quantité d'hystériques qui ont passé sous ses yeuxy trois malades qui présentaient ce sommeil naturel, car leurs membres étaient en résolution, la face n'était ni pâle, ni colorée, la respiration normale, le pouls à soixante, la peau fraîche, les yeux non convulsés^. »
Le sommeil paroxystique s'observe en général chez les adultes et, dans les deux tiers des cas, chez les mâles. Gélineau le croit plus fréquent dans les pays chauds.
1. Charles Féré. Lt sommeil paroxystique. Semaine médicale, 1893, p. 465.
2-3. Gélineau. De la narcolepsie. Surgères, Teesier, 1881, p. 29.
L'accès est prépare par la fatigue physique ou mentale, l'inanition ou une auto-intoxication.
Il est provoqué par un excès vénérien, une émotion, un coup de chaleur, l'hypertension électrique de l'atmo^ sphère.
Gélineau parle d'un malade chez qui le mauvais temps, et surtout rapproche d'un orage, augmentait la fréquence des accès de sommeil ^.
Ils peuvent survenir brusquement, dans une position quelconque, même dans la position debout, et au milieu d'une occupation.
La sensibilité est diminuée : les chocs et les cris réveillent le dormeur, mais le réveillent difficilement. La résolution musculaire est complète, les traits sont affaissés, la tête et les bras ballants. Les mouvements respiratoires et les contractions cardiaques sont moins fréquents qu'à Tétat normal, les premiers étant parfois réduits à dix par minute et les secondes à cinquante. Les pupilles sont dilatées. Il existe un rétrécissement des vaisseaux du fond de l'œil.
Ce sommeil peut durer plusieurs heures.
Au réveil, on observe de la pesanteur de tête, du trouble dans les idées, parfois un accès de délire 3.
Un malade de Parmentier était sujet à des attaques de sommeil paroxystique, entrecoupées d'accès délirants^.
La narcolepsie hystéroïde alterne fréquemment avec l'insomnie^.
1. Gélineau. De la narcolepsie. Surgères, Tessier» 1881» p. 7.
2. Pitres, leçons cliniques sur Vhgstirie. Paris, Doin, t. II, 1891.
3. Parmentier. Lm forme narcoleptique de V attaque de sommeil hystérique. Archives générales de médecine. 1891, t. II, p. 528.
4. Lhermitte. Les narcolepsies. Conipte rendu du XX* Congrès des aliénistes français, firuxelies, 1911» p. 52.
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Elle ne se rencontre pas seulement chez les hystériques, mais aussi chez les aliénés (Rousseau S Szcypiorski ^).
Elle est fréquente chez les paranoïaques hystéroldes, spécialement chez les mystiques, si fréquente même que les hagiographes l'appellent le « sommeil mystique » .
Ribet le décrit comme il suit :
c< La suspension des sens extérieurs n'est pas aussi profonde dans le sommeil que dans l'extase... Dans le sommeil mystique ils peuvent être liés à des degrés croissants. Le premier est un engourdissement tel qu'on l'éprouve dans la somnolence, qui sert de transition entre la veille et le sommeil. Le second suspend les organes, comme dans le sommeil ordinaire; ils ne s'exercent plus, mais une excitation énergique les rappelle à eux-mêmes. Enfin ils sont plongés dans une complète insensibilité, comme dans l'extase. En cet état, le corps demeure ordinairement immobile dans l'attitude où le surprend la contemplation ; mais parfois il tombe à terre comme abandonné par la vie. Ce dernier cas cependant doit être rare, car les mystiques font généralement cette remarque que le sommeil ne lie pas entièrement comme l'extase soit les puissances mentales, soit les sens extérieurs... En résumé, sauf la note caractéristique de l'inconscience ou du souvenir, il existe entre l'un et l'autre les plus grandes analogies et, comme le remarque Alvarez de Paz, on peut considérer le sommeil comme une extase commencée. Le sommeil des puissances est la suite ordinaire et l'apogée de l'ivresse mystique 3. »
Parfois le sommeil mystique « est l'image de la mort;
1. Rousseau. Observalions de harcolepgie dam la démence et Vipilepnie. Encéphale, 1881, p. 709.
2. Szczypiorski. Plusieurs attaque* de sommeil paradoxal cfiez Us aliénés^ Annales médico-psychologiques, 7* série, t. XIV, 1891, p. 393.
ii. Ribet. La mystique diuine, Paris, Poussieigue, 1879, t. I,pp. 212-213.
comment cette léthargie mystique, où Tâme cesse de s'appartenir et de se sentir, où elle déserte la conscience et les sens, n'évoquerait-elle pas la pensée de la mort et n'en prendrait-elle pas le nom ? Ce qu'il y a de particulièrement remarquable dans le sommeil, c'est la durée. Saint-Jean de la Croix nous a déjà affirmé que l'âme demeure en cet état pendant plusieurs heures, qui ne lui paraissent qu'un moment lorsqu'elle est revenue à ellemême ^ ».
Ribet remarque, d'autre part, que « l'excès de nourriture et, plus souvent encore, les pénitences immodérées et la faiblesse de la complexion physique peuvent déterminer cet assoupissement ^ ».
De son côté, Teresa de Gepeda écrit qu'il peut survenir chez les mystiques, « par suite de leurs grandes pénitences, de leurs oraisons, de leurs veilles, ou même uniquement par suite de la faiblesse de leur complexion. Je connais, dit-elle, une personne à qui il arrivait de rester huit heures dans cet état... En la faisant dormir et manger, et en lui supprimant ses pénitences excessives, on la guérit de ce mal ^. »
I. Voici, en ce qui concerne les fous mystiques, une observation presque identique à celle qui nous est relatée par les biographes de leschou bar-Iossef. Il s*agit du prophète juif lona ben-Amitthaï.
lona bea-Amitthaï se rendait par mer de lafo à Tharschisch.
« lahvé fit souffler sur la mer un grand vent, ce qui souleva une tourmente si terrible que Tembarcalion faillit se briser. Alors, tout épouvantés, les nautonniers se mirent à invoquer chacun son élohim et, pour alléger le navire, jetèrent à la mer tous les bagages. Cependant lona, descendu au fond du vais-
1. Hibet. La mystique divine. Paris, Poussielgue, 1879, 1. 1, p. 216.