De fo6o;, racine exprimant Tidée de craindre
IKSCHOU BAR-IOSSEF ETAIT UN PARANOÏAQUE 349
du paranoïaque est « fait de susceptibilité, de méfiance et d'orgueil^ », mais elle n'est nullement fatale:
Taty et Toy la relèvent dans 78 p. 100 des cas ;
Christian dans 70 p. 100 ;
Falretdans 60 p. 100;
Mairet dans 57 p. 100 seulement.
« Ni jamais, ni toujours », dit Benjamin Bail.
« Le délire de grandeur est relativement fréquent dans la folie des persécutions, écrit Falret, mais ce délire n'est pas un symptôme obligé de cette aliénation mentale : la phase mégalomaniaque n'est pas une phase obligée de la folie des persécutions^. »
Au cours de la longue discussion qui eut lieu sur ce point, en 1887, à la Société médico-psychologique, Camuset s'exprima ainsi :
«On s'ingénie souvent à mettre un persécuté sur la voie des idées ambitieuses sans y parvenir. On a beau lui expliquer que, s'il a des ennemis qui le haïssent et lui nuisent de toutes façons, c'est parce qu'ils le jalousent et qu'il leur est supérieur, qu'il est riche, qu'il est un grand personnage, etc.. Rien n'y fait, le malade ne vous suit pas ^. »
En ce qui concerne la théomégalomanie, Christian fait cette remarque intéressante :
« La présence habituelle des hallucinations de la vue dans le délire religieux, leur extrême rareté dans le délire de la persécution, peuvent faire douter que le délire religieux caractérise l'une des phases du délire chronique de Magnan au même titre que le délire ambitieux. Il y
1. Antoine Énard. Conlribution à l'élude des délires mulUples^ successifs et coexislanls. Thèse de Paris, 1898. — Joffroy et Dupouy. Fugues et vagabondage, 1909, p. 217.
2. Cité par Mairet. Du délire des grandeurs dans la folie de la persécution. Annales médico-psychologiques» 1H81, p. 376.
S. Annales médicO'psychologiques, 1888, l. I, p. 302.
aurait peut-être là un des motifs de Ten séparer complètement*. »
Et maintenant écoutons Emmanuel Régis :
« Cette terminaison des divers délires systématisés par le délire ambitieux a été maintes fois discutée et beaucoup la croient rare... 11 est difficile de se prononcer à cet égard... Je crois seulement que cette terminaison doit être fréquente^. »
Et, ayant ainsi parlé, Emmanuel Régis nous décrit un délire de persécution avec une troisième période mégalomaniaque.
Revenons à leschou bar-Iossef.
Sa folie était une folie chronique et systématisée. En ettety le malade avait douze ans lorsqu'elle se manifesta pour la première fois et elle durait encore au moment de sa mort, survenue à trente-trois ans. D'autre part, «lie se composait de conceptions délirantes procédant les unes des autres par induction ou déduction.
Remarquons que les paranoïas sont, de toutes les folies, les plus fréquentes chez les Juifs. « Les Juifs sont fort disposés, disproportionnellement, à ces psychoses dans lesquelles la dégénérescence héréditaire est le facteur efficace presque unique 3. » D'après Pilez, sur cent délirants chroniques, il y aurait environ trente-cinq Juifs.
1. Christian. Que faut-il penser de la télépathie? Archives de neurologie, 1894, t. XXVIl, p. 262.
2. E. Régis. Précis de psychiatrie. Paris, Doin, 1909, p. 434.
B. Pilez. Sur les psychoses chez les Juifs. Annales médico-psychologiques, t. I, pp. 17, 19. Journal of nervous and mental diseases, octobre 1880. Spitzka. Contribution à la pathologie nerveuse et mentale.