‹ La folie de Jésus (volume 2)Chapitre 246 sur 298 · Évangile selon Lévi dit Matthia, III · texte numérisé non relu

Évangile selon Lévi dit Matthia, III

37S DESCRIPTION DE GALMEIL

sition avec les croyances religieuses de leur pays et c'est surtout aux ministres du sacerdoce que s'adresse leur haine, la fureur de leur vengeance. Comment souffrir les prétentions d'un clergé qui feintde ne pas vouloir croire aux lumières du nouveau Christ, d'un nouvel apôtre saint Jean, d'un nouvel Élie, quand on lui répète depuis le matin jusqu'au soir que le temps de purger l'hérésie est arrivé, que c'est Dieu lui-môme qui parle, qui ordonne par sa bouche !

« Les conceptions délirantes des théomanes, leurs hallucinations persistent presque toujours pendant qu^ils dorment. Ils continuent à apercevoir des météores enflammés, des êtres mystérieux, des animaux emblématiques; ils entendent gronder la foudre, retentir les éclats de la tempête et s'appuient encore au réveil sur ces prétendues preuves pour se poser avec plus d'assurance en véritables prophètes.

« Le retour des extases est encore une des complications de la théomanie. Jamais les fausses sensations, les hallucinations, les idées de ces aliénés ne sont plus nombreuses et en apparence plus dégagées de la matière, que pendant la durée du transport extatique. La vivacité des impressions amène des spasmes, des convulsions hystériques, des chutes à la renverse, enfin la langue se délie, l'individu entend souvent l'esprit de Dieu parler dans sa poitrine et il improvise avec plus ou moins de chaleur. Quelquefois l'improvisation a lieu dans une langue que personne n'a le don d'entendre.

LE CAS lESGHOU BÂR-IOSSEF 373

son pays (il se disait le Maschiah, bien que ne présentant aucun des signes traditionnels de la messianité, n'observait pas le schabbath et ne considérait pas comme obligatoires le jeûne et les rites de pureté), et c'est surtout aux ministres du sacerdoce que s'adressait sa haine et la fureur de sa vengeance (il injuriait, il maudissait les sophérim et, lors de son interrogatoire, il répondit au cohen ha gadol, Hanan bèn-Scheth, avec une telle insolence qu'un des schottérim présents lui donna un soufflet). Gomment eût-il souffert les prétentions d'un clergé qui ne voulait pas croire aux lumières de ce Messie qui, dans l'Âzarath naschim ou sous le portique de Schélomo, lui répétait, du matin jusqu'au soir^ que le temps de purger l'hérésie était arrivé, que c'était Dieu lui-même qui parlait, qui ordonnait par sa bouche (« Le discours que vous écoutez n^est pas mien^ mais du père qui m'a envoyé * »).

L'extase fut une des complications de sa folie. Il entendait souvent l'esprit de Dieu parler dans sa poitrine (« Le père est en moi'^ ». « Je ne parle pas de moi-même^ mais c^ est mon père qui me donne mandement pour ce que je dois dire et annoncer^ ») et alors il improvisait avec plus ou moins de chaleur (« Sa parole était pleine d^autorîté^ »).

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