Évangile selon Lévi dil Malthia, X
LES RÈGLES MORALES INSPIRÉES PAR l'oRGUEIL ^
Fen tendre, écrit Alfred Loisy, Tavaient poussé vers les païens ^ . »
Tel est le sentiment qui lui dicta cette fameuse parabole :
« Qui est mon prochain? lui demande un sopher.
— « Un homme y répondit leschou^ descendait de Hiérusalem à Hiérichus^ quand il tomba entre les mains des brigarnis^ qui le dépouillèrent et^ après Vavoir accablé de coupSj s^en allèrent, le laissant à demi-mort. Or, par hasard, un cohen descendit par ce même chemin et, le voyant, poursuivit sa route. Pareillement un lévite, arrivé en ce lieu, vint et le vit et continua sa marche. Mais un Samaritain en voyage passa par là et, à sa vue, fut ému de compassion; s' approchant, il pansa ses plaies, où il mit de Vhuile et du vin; puis, V ayant posé sur sa monture^ il le conduisit à V hôtellerie, où il en eût soin. Le lendemain, au départ, il tira deux pièces d'argent et les donna à Vhôtelier en disant : « Soigne-le, et tout ce que tu dépenseras de plus, je te le donnerai à mon retour. »
Lequel donc de ces trois te semble avoir été le prochain de celui qui tomba entre les mains des brigands ?
— « Celui, répondit Vautre, qui a usé de pitié à son endroit . »
leschou reprit :
« Va et toi aussi fais de méme'^. »
On a voulu Voir dans cette parabole la première profession de foi internationaliste et, tout récemment encore, je lisais dans VUumanité un article ou leschou barlossef était présenté comme le précurseur de Guesde et de Jaurès !
C'est là faire preuve d'une ignorance singulière, non seulement en ethnologie, car les Samaritains n'étaient
1. Alfred Loisy. Jésug et la Iradiiion évangélique. Paris, Nourry, 1910, p. 258.