Ibidem^ p
avec méthode et persévérance. Elle a un but défini^ quoique délirant; en un mot elle est systématisée. Elle n'en est pas moins une crise, un accident dans le cours de la vésanie.
Les fugues des paranoïaques, écrit Victor Parant, « tranchent sur l'évolution progressive de la maladie, comme le ferait un épisode mélancolique ou un délire onirique. De plus, elles ont un cachet très évident d'anxiété et sont la conséquence d'une bouffée intense de phénomènes hallucinatoires^ ».
Elles sont précédées d'une aura, comme les fugues des dégénérés.
LE8 FUQUE8 CHEZ LES MÉÛALOIMANE8 ET LES THÉOMÉÛALOMANES
tt Les idées de grandeur, écrit Lucien Lagriffe, poussent souvent à la fugue. Le mégalomane abandonne son domicile pour aller prendre possession du poste élevé ou du palais qui lui est dévolu ; c'est la fugue des mégalomanes euphoriques. Les mégalomanes peuvent aussi fuir une société indigne d'eux... Enfin, parmi les paranoïaques mégalomanes, on rencontre un certain nombre de fugueurs qui émigrent et vont au loin chercher la fortune qui ne vient pas à eux -2. »
Chez les théomégalomanes, « on rencontre la fugue par obéissance à Dieu;... c'est la fugue-mission ^ ».
1. Victor Parant. Les fugues en psychiatrie. Compte-rendu du XIX' Congrès des aliénistes de France (1909). Paris, Masson, 1910, p. 96.
2. Lucien Lagriffe. Les fugues et le vagabondage. Annales médico-psychologiques, 9< série, tome XII, 1910, p. 94.