‹ La folie de Jésus (volume 3)Chapitre 13 sur 410 · Van Biervliet La mémoire, Paris, Doin · texte numérisé non relu

Van Biervliet La mémoire, Paris, Doin

2. BineUSanglé. Le mécanisme des phénomènes hystériques. Paris, 1901.

3. L'bislochimie cérébrale et l'ultra-microscope permettront peut-6tre un jour de lire dans le cerveau du cadavre.

dans ces neurones des figures dont le dessin yarierait avec leur longueur d*onde, leur vitesse et leur répartition dans la trame.

Plus le courant serait intense (comme dans l'attention, qui résulte d'un court-circuit sur certains neurones sensoriels ou mnésiques), plus il passerait fréquemment par le môme chemin, plus grande serait la quantité de substance X transformée, plus profonde serait Tornière, plus précise et plus stable serait l'empreinte.

En effet, de même que le choc décohère les agglomérés de Branly et supprime leur conductibilité électrique, les ébranlements de la tête interrompent la conductibilité des tracés mnésiques. Or :

1*^ Dans ces ébranlements, qui intéressent cependant tous les neurones cérébraux, les seuls souvenirs qui disparaissent sont les plus récents, c'est-à-dire les moins profondément burinés : Tamnésie est rétrograde. Les souvenirs les plus proches de l'accident sont parfois perdus pour toujours.

Inversement, comme si les empreintes les mieux organisées recouvraient plus aisément leur perméabilité, des souvenirs disloqués par le choc, ce sont les plus anciens qui reparaissent les premiers. Le retour de la mémoire est antérograde ;

2® Dans la démence sénile, la perte de la mémoire porte d'abord sur les faits récents;

3° Dans l'aphémie progressive, les mots disparaissent d'autant plus tôt qu'ils sont moins usuels, les noms propres d'abord, puis les substantifs les plus concrets, puis les adjectifs et les verbes, enfin les locutions familières et les interjections.

La composition des substances x et x' varierait avec l'âge. Elle serait très instable chez Tenfant, qui fixe les moindres choses aussi aisément qu'il les oublie. Elle le

serait moins chez l'adulte, qui a besoin, pour que s^effectue la décomposition de la substance x, de concentrer, par l'attention, les ondulations nerveuses sur un petit nombre de neurones, qui apprend moins facilement et qui retient mieux.

La substance x serait enfin très stable ou très rare chez i le vieillard, dont la mémoire ne s'enrichit plus guère et

dont, au surplus, le système nerveux, altéré, rouillé, encrassé, est difficilement perméable au courant nerveux. Ces dernières conditions se retrouvent chez les intoxiqués et les malades, qui présentent également une altération de la mémoire.

Telles seraient, selon moi, les conditions chimiques de l'impression des ondulations nerveuses dans Técorce cérébrale. Quant à leur réveil, sous la forme atténuée du souve- nir, ou sous la forme intégrale de l'hallucination, il serait dû à une sorte de phosphorescence, sous l'influence d'un courant nerveux différent du courant centripète qui lui a donné naissance S de la substance a;, dont la haute tension chimique et la puissance, en tant qu'accumulateur d'énergie, seraient à rapprocher de celle du radium.

Plus ce courant serait intense, plus le souvenir serait lumineux. Ce renforcement du souvenir est obtenu par l'attention ou accommodation interne dont la condition physiologique me paraît être la formation d'un courtcircuit sur les neurones mnésiques contenant le souvenir évoqué.

La diminution ou la perte du souvenir serait due à la désassimilation de la substance x'. Cette désassimilation est constante. On peut conclure en effet des expériences d'Ebbinghauss que les deux tiers de la substance x' disparaissent après sa formation. Cette désassimilation se

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