‹ La folie de JésusChapitre 109 sur 171 · Chauffard, Transaclions médicales, 1830, p · texte numérisé non relu

Chauffard, Transaclions médicales, 1830, p

ÉTIOLOGIE ET SYMPTOMATOLOGIE DE L'HÉMATIDROSE 203

Une observation de Mangon ‘a trait à une ancienne sœur de charité qui présentait des crises nerveuses avec délire et sueur de sang par le front et par les joues.

ÉTIOLOGIE ET SYMPTOMATOLOGIE DE L'HÉMATIDR OSE

Les hémorragies névropathiques ne se font pas seulement par la peau (hématidrose). Leur localisation est extrémement variée.

Elles affectent tantôt l'appareil digestif (hématémèse, mœælena), tantôt l'appareil respiratoire (hémoptysie), tantôt les appareils excréteurs (hématurie, hémorragies mammaires, larmes de sang), tantôt les muqueuses (épistaxis, salivation sanglante, otorragies, métrorragies).

La sueur de sang n’est pas un phénomène extrémement rare. Icard en a relevé 143 cas.

C'est un accident de la jeunesse et de l’âge adulte ([eschou avait alors trente-trois ans).

Elle est plus fréquente chez la femme, mais on l’a observée aussi chez l’homme (21 cas sur 143 dans le relevé d’Icard). |

Voici quelques exemples d’hématidrose masculine:

Durrius * parle d’un étudiant qui, mis en prison

1. Alexandre Mangon. De l'hématidrose et de ses rapports avec la menstruation. Thèse de Bordeaux, 1885.

2. George-Tobio Durrius. Actes curieux de la nalure, année XDII, obs. CLXXIX

pour un délit nocturne, se mit à suer du sang par la face.

Maldonatus ! raconte qu’un criminel, ayantentendu prononcer la sentence qui le condamnait à mort,eut une sueur de sang généralisée.

De Thou* rapporte que le gouverneur de Montmorin, menacé du dernier supplice s’il ne rendait la place à l'ennemi, sua du sang par tout le corps.

Tittel * parle d’un homme de vingt ans qui avait des accès d’hématidrose et, pendant ces accès, des vertiges et des éblouissements rappelant l'angoisse extrême dont parle l'Évangile selon Lucanus. Des gouttes de sang perlaient à son front sans qu’on pôt y distinguer la moindre érosion.

L'hématidrose survient au milieu d’une santé parfaite.

Elle fait suite le plus souvent à une émotion vive, colère, chagrin violent et surtout frayeur.

Chez leschou, elle fut certainement provoquée par le désespoir que lui causa l’échec de sa tentative sur Hiérusalem ct par la crainte d'être arrêté et mis à mort.

Le froid est une cause occasionnelle. Boerhaave, cité par Gendrin, a rapporté le cas d’une fille dont les doigts suaient du sang lorsqu'elle avait froid.

Or les nuits d’avril sont fraîches à Fliérusalem ; et il faisait assez froid, pendant la nuit de l’arrestation d’leschou, le 3 avril 33, pour que les servi-

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