Thiersch in Archives de Langenbeck, tome XX VII
4, Sautlux in Allgemeine Zeitschrift für Psychiatrie, 1855.
cations religieuses, telles que les bulletins de l’Armée du salut et ne prend aucune décision sans avoir consulté la Bible. Depuis quelque temps, 1l est devenu triste et sombre et fuit la société de ses amis. I1 se figure qu'il est entouré d’ennemis et accuse sa mère de vouloir l’empoisonner ou le livrer à ceux qui lui en veulent. Un jour, il se coupe la verge avec un couteau. Au médecin qui le panse il explique qu’il se masturbait et que, en se mutilant, il n'a fait que son devoir, car il a suivi les injonctions de Jésus : « Si ta main droite te scandalise, coupe-la et la jette au loin. » Peu après il refuse toute nourriture, puis entre dans une période d’exaltation durant laquelle il chante des psaumes et des hymnes religieuses *.
Un journalier, âgé de trente-quatre ans, est interné en juin 4877. Un an après la mort de sa femme, il est pris d’hallucinations visuelles et auditives. La nuit,sa femme lui apparatt et lui reproche de l’avoir fait mourir; il croit l’avoir tuée à force de l’aimer. Il demande avec instance qu'on lui fasse l'opération qui doit le guérir et accompagne ses paroles d’un geste significatif. Il est convaincu que, tant qu’il n’aura pas accompli l’ordre qu'il a reçu d'en haut, il n’a pas de guérison à espérer. Dans ces conditions, il se met à dissimuler soigneusement son délire pour ne pas attirer les soupçons et,le 6 août, étant au bain, profite d’un moment d'inattention pour s’emparer d’une hachette et se trancher les parties génitales. Il reste impassible, presque souriant, au milieu d’une
1. J. Adam in Journal of mental science, juillet 1883, p. 213.
hémorragie abondante, n’a aucun regret de ce qu'il a fait et ne demande qu’une chose, c’est qu’on laisse couler son sang, afin qu’il meure de sa bonne mort et aille droit au ciel. Il semble ne pas souffrir et essaie à plusieurs reprises d'arracherson pansement !
Enfin, à l'instar des galles, des megabyses et des valésiens, les skoptzis russes se livrent à l'automutilation génitale dans un but religieux.
La secte des skoptzis fut fondée en 1757 par un paysan, André Iwanow, qui eut, comme leschou, maille à partir avec la police de son pays, fut knouté puis déporté en Sibérie.
Suggestionné par lui, un autre paysan, Kondrati Seliwanow, eut le même sort, rompit son ban, fut arrêté à Moscou en 1797 et interné dans un asile d’aliénés, où il tomba en démence. Il devint pour la secte le Fils de Dieu et le Sauveur.
En 1815, la colonelle Tatarinow fonda, dans le palais de Michailoff, une nef de flagellants où des jeunes femmes et des jeunes filles furent mutilées.
De 1805 à 1871, la police russe découvrit 5.444 skopzis. Îls comptaient dans leurs rangs des prêtres, des militaires, des rentiers, des financiers, des commerçants, des employés, des ouvriers, des cultivateurs.
Ces fous et ces demi-fous préconisaient le baptéme du feu c'est-à-dire la castration au fer rouge, mais pratiquaient aussi la castration à froid.
A l’aide de mouvements rythmiques ou de la giration, ils obtenaient un étrt second compliqué d’anesthésie ou d'hypoesthésie au cours duquel ils