SCENE PREMIERE
LANGOUMOIS, LISE.
Lise.
Je te prie de ne me point suivre et de me laisser là. Ma maîtresse m'a deffendu d'avoir jamais aucun commerce avec toy ny avec ton maistre.
Langoumois.
Eh ! parbleu I que ta maîtresse et mon maistre rompent ensemble tant qu'il leur plaira, mais nous, demeurons bons amis, je te prie.
Lise.
Il aToit bien affaire de la fascher comme il fit hier au soir, et il est bien étourdy. Il devoit du moins attendre qu'elle fût mariée avec luy, puis qu'il n'avoit plus qu'un jour à se contraindre.
Langoumois.
Hé quoy? pour luy avoir soutenu que VAri" dromaque est une très-belle comédie, elle a eu sujet de se piquer contre luy? Je suis fort trompé si ce n'est un prétexte pour ne pas encore épouser mon maistre demain. Elle a déjà fait remettre deux fois la chose pour des raisons bien impertinentes; mais qu'elle n'en fasse pas tant : mon maistre, que tout cela rebute, pourroit bien la planter là et épouser la Vicomtesse.
Lise.
La Vicomtesse?
Langoumois.
Ouy, la Vicomtesse.
Lise.
Il épouseroitla Vicomtesse, qui a presque laissé perdre quarante mille livres de rente depuis son veuvage pour ne vouloir songer qu'à des avantures de roman? qui, quand elle va chez ses avocats ou ses procureurs, souhaite qu'ils ne soyent pas chez eux, de peur de parler d'affaires, et qui croit avoir gagné un empire quand elle