SCENE X
ERASTE, LANGOUMOIS.
Langoumois.
O I grâce au Ciel, la babillarde nous laisse en repos. Vous plaist-il que je parle, Monsieur?
Eraste.
Ouy; mais, s'il t'arrive jamais de me venir interrompre comme tu as fait, quand je seray avec quelqu'un, je t*estropieray.
Langoumois.
Vous voulez estropier les gens quand on vient vous donner des avis de la dernière conséquence.
Eraste.
Quels sont ces avis? Parle viste.
Langoumois.
En rentrant céans par le jardin, j'ay trouvé Lise, qui m'a dit que vous avez un rival.
Eraste.
Un rival l et qui pourroit-ce estre, bon Dieu I si ce n'est ce Lysandre que j'ay veu?
Langoumois.
Il est aymé d*Hortense depuis long-temps.
Eraste.
Il est aymé? Ahl fiez-vous aux filles après celai
Langoumois.
Le cocher de Sylviane est le port^-poulet,
Eraste.
Fiez-vous encore à des marauts de cochers, mères I fiez-vous-y.
Langoumois.
Une cousine d'Hortense preste sa maison pour les rendez-vous.
Eraste.
Fiez-vous mesme à de maudites cousines, morbleu !
Langoumois.
Et cet honneste homme-là doit l'enlever à minuit par la petite porte du jardin.
Eraste.
Il la doit enlever ! Et le nom de ce ravisseur, le sçais-tu?
Langoumois.
Il s'appelle Lysandre.
Eraste.
Quoy! c'est Lysandre? Ah! Ton ne peut guère tromper des yeux intéressez, et je Tay bien dit, à les voir parler d'action comme ils faisoient La.