ERASTE, ALCIPE, HORTENSE, LA VICOMTESSE, LYSANDRE
Alcipe, bas à Eraste.
Au contraire, elle m'a asseuré qu'elle feroit les nopces aujourd'huy, et elle a témoigné beaucoup d'aigreur à ce Lysandre d'avoir voulu enlever sa fille.
HoRTENSE, à la Vicomtesse et à Lysandre.
Où allez-vous donc?
Lysandre.
Nous croyions que vous estiez au jardin, et nous allions vous y chercher pour nous promener avec vous, pendant que Sylviane est en affaires.
La Vicomtesse, appercevant Eraste, Ah 1 voila mon ravisseur.
Hortense, la retenant.
Ne craignez rien, vous estes en seureté avec nous, Madame.
Eraste, à Hortense* C'est donc Monsieur que vous épouserez.
Madame ?
Hortense.
Je ne sçay pas asseurement si ce sera Monsieur, mais je sçay bien que ce ne sera pas vous.
Eraste, à Alcipe.
Ce ne sera pas moy, Alcipe, ce ne sera pas
moyt
Mon Dieul tay-toy.
HORTENSE
Non, sur ma ioy! j'en jure.
Lysandre, à Eraste.
Pour moy, je ne prendrois pas plaisir à me &ire aimer par force, et je ne voudrois obtenir une personne que d'elle-mesme. (A la Vicomtesse.) N'esi-ce pas le mieux, Madame?
La Vicomtesse.
Et dans Çyrus, et dans CUUe, et dans tous nos romans, nous voyons que tous ceux qui en usent autrement sont tousjours malheureux.
Eraste.
Je me mocque de Clelie et de Çyrus. Ayant la parole de la mère, il m'importe peu que la fille y consente ou non. '
HORTENSE
C'est bien dit.
Eraste.
Ouy, c'est bien dit.
Lys ANDRE.
Hé quoyl il faut que les choses prennent ce train pour l'interest d'une comédie?
Eraste.
Ouy, et c'est maintenant que je pretens la soustenir malgré elle et malgré tout le monde, puis que j'ay commencé à la lotier.