LA COLOMBE ET LA FOURMI
L'autre exemple est tiré d'animaux plus petits. Le long d'un clair ruisseau buvait une colombe,
(1) Il arriva.
(2) Fourmis est écrit, dans cette fable, avec un « à la
LtSCRANDS ONT BESOIN DES PETITS. 181
Quand, sur Teau se penchant^ une fourmîs y tombe,
Et dans cet océan l'on eût vu la fourmis
S'efforcer, mais en vain, de regagner la rive.
La colombe aussitôt usa de charité :
Un brin d'herbe dans l'eau par elle étant jeté,
Ce fut un promontoire où la fourmis arrive.
Elle se sauve; et là-dessus Passe un certain croquant (1) qui marchait les pieds nus. Ce croquant, par hasard, avait une arbalète.
Dès qu'il voit l'oiseau de Vénus (2), Il le croit en son pot, et déjà lui fait fête. Tandis qu'à le tuer mon villageois s'apprête,
La fourmi le pique au talon ;
Le vilain (3) retourne la tête ; La colombe l'entend, part, et tire de long.
Le souper du croquant avec elle s'envole :
, Point de pigeon pour une obole (4).