‹ La Fontaine:Chapitre 60 sur 121 · DE MOLIÈRE · texte numérisé non relu

DE MOLIÈRE

Sous ce tombeau gisent Plaute et Térence, Et cependant le seul Molière y git.

Leurs trois talents ne formaient qu'un esprit Dont le bel art réjouissait la France.

Ils sont partis ! et j'ai peu d'espérance

De les revoir. Malgré tous nos efforts.

Pour un long temps, selon toute apparence, Térence, et Plaute, et Molière. sont morts. ©

Parmi les hommes illustres qui témoignèrent volontiers dans ce temps-là, de leur amitié pour La Fontaine, était M. de Turenne. Saint-Evremond, a pu écrire, au cours d'un Eloge qu'il a composé du maréchal, que « jamais les vertus des particuliers n'ont été si bien unies avec lés qualités des héros qu'en la pérsonne de M. de Turenne : il était facile dans le commerce, délicat dans la conversation, fidèle dans l'amitié >. La Fontaine, qui connaissait le maréchal par le duc de Bouillon duquel il était l'oncle, l'éprouva plus d'une fois; il y avait aussi du Bonhomme en M. de Turenne; et ce ne fut pas le moins piquant de la rencontre de ces deux hommes que de voir avec quelle satisfaction le grand poète et le grand capitaine s'entendaient avec modestie à se charmer l'un l'autre. La Fontaine écrivit, dans le moment de la campagne d'Alsace, deux épîtres pour M. de Turenne. C'est par la première de ces épitres que nous apprenons que le maréchal lisait volontiers Marot; la seconde, qui n’est pas moins belle que la première, peint la

bonté de M. de Turenne, loue son génie et sa fermeté; si l'on songe que le vainqueur de tant de combats fameux trouva la mort durant l'été de 1675, à l'attaque de Salzbach, un an environ après la composition de ces poèmes, l'on ne lira pas sans émotion une œuvre où La Fontaine conjure éloquemment M. de Turenne de se montrer à l'avenir plus ménager de ses jours.

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