IV
La Fontaine, dans l'avertissement placé « ‘en tête de la troisième et de la quatrième parties de ses fables », informe le lecteur qu'il « a jugé à propos de donner à la plupart [de ces fables nouvelles] un air et un tour un peu différents de celui [qu'il avait] donné aux premières ». Cela ne provient pas seulement de la nouveauté < des traits familiers » avec lesquels il a peint les animaux, mais encore de la différence des sources auxquelles il a puisé; car pour les sujets il avoue cette fois qu'il en doit « la plus grande partie à Pilpay, sage indien ».
L'on ne sait trop par suite de quel sentiment singulier Patru, l'austère académicien, désapprouvait le talent avec lequel La Fontaine ornait ses apologues de beautés poétiques. Patru professait les pires préjugés sur les fables; il croyait « que leur principal ornement est de n'en avoir aucun (1) »; il n'entendait pas qu'on les vêtit de jolies phrases; c'est ce à quoi ne se soumit jamais La Fontaine; son génie et sa fantaisie étaient toujours les maîtres. Il savait bien — le Bonhomme — où étaient les fleurettes!
(1) La Fonrais, Préface aux premiers livres des Fables.