‹ La Fontaine:Chapitre 87 sur 121 · CHANSON DU BERGER TIMANDRE · texte numérisé non relu

CHANSON DU BERGER TIMANDRE

Brillantes fleurs, naissez ; Herbe tendte, croissez

Le long de ces rivages ; Venez, petits oiseaux, Accorder vos ramages

Au doux bruit de leurs eaux.

Clymène sur ces bords

Vient chercher les trésors : De la saison nouvelle :

Messagers du matin,

Si vous voyez la belle,

Chantez sur son chemin.

Et vous, charmantes fleurs,

Douces filles des pleurs ° De la naissante aurore,

Méritez que la main

De celle que j'adore

Vous moissonne en chemin.

L'étonnant succès de l'Astrée, le roman de d'Urfé, n'avait cessé de croître depuis la première moitié du dix-septième

siècle; en.1672 il était encore si vif qu'une dame, Mme des Houlières, étant partie faire un voyage en Dauphiné, se détourna de sa route pour aller jusque dans le-Forez, rendre visite aux lieux que les amours d'Astrée et de Céladon avaient rendus célèbres.

Des bergères d’Urfé chacun est idolâtre

écrivait fort bien La Fontaine, en 1687, dans son Epître à Huet. Segrais, Pellisson, Huet, Patru, Corneille, jusqu'à

- Bossuet et Boileau faisaient leurs délices des fictions fleuries dont ce livre était plein; La Fontaine n'échappa pas plus que les autres, et moins que les autres peut-être, à cet engouement de toute une époque et de tout un monde en faveur d'Urfé :

Étant petit garçon, je lisais son roman Et je le lis encor ayant la barbe grise ;

(Ballades, Vu.)

De concert avec Colasse, élève de Lulli et maître de musique de la chapelle du roi, La Fontaine tira, de l'Astrée, une tragédie lyrique dont la scène est, comme il convient, dans le Forez, sur ces bords du Lignon peuplés de bergers et de nymphes. C'est une œuvre non moins tenüre et gracieuse que Daphné et Galatée, mais sans doute plus fade (1).

Parlant des autres ouvrages du théâtre de La Fontaine, M. Paul Mesnard a écrit : « L'histoire des comédies attribuées, pour une part assez mal définie à La Fontaine n'est pas aussi certaine que celle de ses opéras. » À part l’Eunuque et le ballet des Rieurs du Beau-Richard, il n'y a guère que Clymène, un acte (1671) et les deux actes retrouvés de la

1) Astrée fat représentée en 1691.

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